La bataille des salariés de la Redoute n’est pas finie

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C’est le jeu. Les deux parties, direction et syndicats, se sont réunis toute la journée d’hier, jusqu’à tard dans la soirée, pour débattre des indemnités et des modalités de départ des 1178  salariés sur un total de 3437 concernés par le plan social depuis le rachat de la Redoute pour un euro symbolique par Nathalie Balla et Eric Courteille, tous deux à la tête du vépéciste depuis quelques années. Or, les syndicats veulent plus pour des salariés qui sont souvent dans l’entreprise depuis des années, voire des dizaines d’années. Cette réunion de négociation était la dernière et un protocole d’accord devrait être présenté ce soir aux syndicats.

200 Millions d'euros promis par François-Henri Pinault 

Dans sa dernière offre, la direction proposait 20.000 euros de plancher pour les indemnités de départs volontaires - contre 15.000 lors d'une précédente réunion de négociations - plus 750 à 1.200 euros par année d'ancienneté en fonction des cas. La CFDT (majoritaire), la CGT et Sud ont jugé ces mesures "insuffisantes". L'intersyndicale réclame 40.000 euros de plancher pour les indemnités de départs volontaires, plus 1.500 euros par année d'ancienneté et 36 mois de congés de reclassement. Selon la direction, une soixantaine de salariés bloquaient encore lundi soir les accès de la plateforme d'expédition des colis, sur le site industriel de la Martinoire, à Wattrelos. Près de 200 millions d'euros ont été promis par François-Henri Pinault pour essuyer la casse sociale de la vente de la filiale de Kering. Cela ne risque de ne pas suffire : ce midi, 200 à 300 salariés, selon la CGT, ont voté "contre" le protocole d'accord et les syndicats promettent de nouvelles actions dès demain et une manifestation dans les rues de Wattrelos jeudi. Il faut savoir que l'ancienneté moyenne des salariés de la Redoute est élevée : elle oscille entre 23 à 25 ans. "Deux personnes sur trois vont perdre leur emploi sur le site de la Martinoire, précise Fabrice Peeters, délégué CGT. Nous avons jusqu'à vendredi soir pour signer le protocole d'accord, mais nous allons nous battre jusqu'au bout". C'est dit.

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