La bière sur internet, un circuit de niche

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La bière est lourde et fragile. Deux handicaps sévères pour la vente en ligne. Heureusement, elle fait l’objet d’un véritable culte de la part d’aficionados qui ne trouvent pas toujours leur bonheur dans les magasins.

«La vente de bière sur internet, c’est un marché de niche. Heureusement, je fais partie des plus gros chiens, en France et même en Europe. » C’est Julien Lemarchand, fondateur-président d’Interdrinks et du site www.saveurbiere.com, qui s’exprime ainsi. L’entreprise, ­fondée en 2007, s’affirme bénéficiaire depuis trois ans et revendique, pour 2014, un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros. Montant qui, même si la taille du marché est effectivement très difficile à évaluer, place très certainement www.saveurbiere.com parmi les leaders.

Coûts d’expédition prohibitifs

Pourquoi la bière sur internet apparaît-elle condamnée à ce statut de marché de niche ? Pour plusieurs raisons. La première étant le poids du produit. « Sauf exception, et il y en a, la bière n’est pas suffisamment valorisée par rapport à son poids. À l’exception des passionnés et des vrais amateurs, cela rend les coûts d’expédition rapidement prohibitifs », explique Julien Lemarchand. Certes, les prix peuvent varier selon les prestataires et les modalités de livraison (à domicile, point relais, bureau de Poste…). Mais le coût du transport sera difficile­ment inférieur à 8 € pour un co­lis de 10 kilos expédié en France. Et le tarif sera bien sûr plus élevé au-delà des frontières…

La bière est lourde, elle est fragile aussi. « Un vrai cauchemar pour l’emballage et la livraison », affirme encore Julien Lemarchand, qui revendique désormais un vrai savoir-faire en la matière. « Savoir-faire décisif pour la rentabilité de l’activité, insiste-t-il. Un colis qui arrive en morceaux, dégoulinant, c’est une petite catastrophe en termes de gestion. C’est aussi un client très déçu qu’il sera difficile de reconquérir. C’est particulièrement important pour le commerce sur internet où la proximité ne joue pas en notre faveur. »

Jouer la variété et l’originalité

Bref, tout l’intérêt d’un site de vente de bières est lié au choix qu’il propose (que l’on ne retrouvera évidemment pas dans la distribution classique) et à son savoir-faire en matière d’emballage et d’expédition. Deux fondamentaux qui permettent des positionnements très variés. Ainsi, si www.saveurbiere.com propose 1 500 bières différentes en provenance d’une trentaine de pays différents, le site www.labelgiqueunefois.com, fondé début 2014 en Belgique par Marie-Émilie Vryghem et François Sepulchre, se limite aux bières du Royaume et revendique une approche très qualitative. « Seulement la moitié des 1 000 bières belges présentent, selon nous, un réel intérêt. Et nous n’en proposons pour l’heure qu’à peine 150… Notre offre va s’étoffer bien sûr. Mais notre volonté est claire de ne proposer que les meilleures. La bière est pour nous l’illustration d’un art de vivre », explique François Sepulchre. Parmi les priorités du site, continuer d’associer du contenu (blog, actualités…) à l’activité de vente en ligne et, bien sûr, accroître sa visibilité. La traduction en anglais est disponible depuis quelques semaines…

Les moins

  • Les coûts de livraison.
  • Une logistique délicate.
  • Peu de visibilité sur internet.

Les plus

  • Une offre très large et/ou ciblée.
  • Un service « à domicile ».
  • Une relation communautaire.

100% Belge

Marie-Émilie Vryghem et François Sepulchre ont fondé le site labelgiqueunefois.com. Chaque colis expédié comprend une fiche produits et deux livrets « L’univers de la bière » et « Comprendre le Belge et la Belgique ».

1 500 références en stock 

L’offre de saveurbiere.com vient du monde entier. Parmi ses succès récents, la Samuel Adams Utopias 10th Anniversary. Une bière américaine extrême (29°) proposée à 249 €.

 

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Article extrait
du magazine N° 1HSB2015

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