La biodiversité au cœur du Decathlon de Saint-Jouan-des-Guérets

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L’objectif de ce magasin Decathlon, près de Saint-Malo ? Se fondre autant et aussi bien que possible dans son environnement, en prenant soin de veiller à sauvegarder et à encourager la biodiversité.

Là où trône ce magasin Decathlon de 3 000 m², sur la commune de Saint-Jouan-des-Guérets, près de Saint-Malo (35), se trouvait, avant 2017, un vaste terrain agricole où l’on cultivait… des choux. Eh bien, aussi curieux que cela puisse paraître, l’indicateur de biodiversité y est aujourd’hui bien meilleur qu’autrefois ! L’indicateur de biodiversité pris en compte pour ce site se mesure sur une échelle de 100, à partir de 74 critères différents. À 50, on estime que la biodiversité y est plutôt bien conservée. « Or, il était du temps de la culture des choux à 42, quand il est monté aujourd’hui à 79 ou 80 », avance Christophe Chenevière, responsable biodiversité immobilier chez Decathlon France.

Pas sûr que ce résultat soit cité par grand monde. C’est pourtant bien la réalité et, si c’est le cas, c’est que Christophe Chenevière et ses équipes ont, dès les origines du projet d’implantation, avant même le premier coup de pioche, pris grand soin d’intégrer les enjeux liés à la biodiversité à leur manière de travailler. Tout le chantier et, aujourd’hui, toute la vie sur le site ont été élaborés en lien avec Éric Lequertier, architecte paysagiste, vice-président de l’association Plante & Cité, spécialisée dans les espaces verts et le paysage.

Dans cinquante ans

Le leitmotiv ? « Tout concevoir suivant le principe ERC, pour éviter, réduire, compenser, appuie Christophe Chenevière. La grande question, toujours, est de se demander si l’on a vraiment besoin de telles ou telles installations, de tels ou tels matériaux, et si oui, alors comment faire en sorte de les intégrer de manière la plus neutre possible pour la biodiversité. » Finalement, l’idée est de se dire qu’il y avait quelque chose avant, qu’il y a aujourd’hui ce magasin mais que, demain, dans dix, vingt ou cinquante ans, il y aura autre chose. Et que, toujours, il convient de s’effacer devant la nature. En clair : prière de laisser cet endroit aussi propre que vous l’avez trouvé...

Même chose avec cette manie que l’on a de vouloir tout bitumer : à quoi bon ? « On estime généralement que 15 % des surfaces sont inutilement artificialisées, que ce soit avec du béton ou de l’enrobé par exemple. Nous avons cherché au contraire à nous adapter à la nature, à la topographie du site », explique Christophe Chenevière. Il est naturellement en pente ? Laissons-le comme ça, alors, et prévoyons une zone humide, en contrebas, pour recueillir naturellement les eaux pluviales : un joli creux herbu, orné de plantes dépolluantes et filtrantes. Un couple de canards colverts, attiré par les lieux, y est venu au bout de quelques mois seulement. Et aujourd’hui, des chèvres des fossés et des moutons participent à l’entretien, bien mieux que ne pourront jamais le faire l’homme et sa tondeuse… Pour favoriser l’implantation de ce Decathlon, du béton drainant a été utilisé, là où c’était possible – c’est-à-dire en dehors des zones où roulent les voitures, aux abords immédiats du magasin : l’eau de pluie s’infiltre ainsi naturellement et rejoint la terre qui, sous nos pieds, vit sa plus belle vie.

Des ruches sont également présentes sur le site sur lequel on trouve 700 m² de prairies fleuries, 65 nouveaux arbres, 15 arbres et arbustes fruitiers, 2 200 arbustes et vivaces ou encore 300 graminées. « Nous avons multiplié par huit la richesse spécifique végétale avec, aujourd’hui, 175 espèces végétales contre seulement 20 auparavant », détaille Christophe Chenevière. Le tout sans plus aucun produit phytosanitaire utilisé, évidemment.

Exemplaire, on le voit, ce Decathlon de Saint-Jouan-des-Guérets fait en plus des émules. Un projet similaire, avec cette même approche ERC, a ainsi été mené à bien à Lorient (56), en 2019. Et le groupe, inscrit dans le programme Engagés pour la nature – initiative du ministère de la Transition écologique portée par l’Office français de la biodiversité –, comme seules moins de 40 entreprises en France à date, a pris l’engagement de traiter désormais la totalité de ses projets de constructions neuves suivant cette stratégie, tout en menant à bien un vaste travail de « renaturalisation » de ses parcs existants.

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Article extrait
du magazine N° 2658

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