La cabine d'essayage, un élément clé

Combien de cabines ? Comment les aménager ? Faute de se poser ces questions élémentaires, certains distributeurs risquent de bâcler ce maillon pourtant essentiel.

©BERNaRD MaRtiNEZ

Les tendances

- Un investissement plus important des enseignes dans cet espace. Son prix au mètre carré est supérieur à la moyenne du magasin.

- Des cabines plus spacieuses avec un siège, des patères, une tablette pour poser ses clés... Celles trop exiguës ne donnent pas envie aux clients de s'attarder.

- Un sentiment d'intimité renforcé, avec un éclairage chaleureux qui donne « bonne mine », de la moquette au sol... Il faut inspirer confiance aux clients, surtout en grandes surfaces.

C'est un lieu stratégique, et pourtant, c'est celui que l'on voit le moins. Normal, les cabines d'essayage sont souvent le seul espace intime dont disposent les clients dans leurs séances de shopping. Les enseignes ne le prennent plus à la légère. Quatre planches, un néon, un rideau et un miroir ? Surtout pas ! « C'est là que le choix se fait, c'est donc une zone à laquelle il faut porter de l'attention », avertit Antoine Brieu, directeur général de C et A France. En pleine réflexion pour réaménager ses magasins, il bichonne ces espaces. Revêtement du sol, disposition des miroirs, éclairage chaleureux et valorisant, tout est passé en revue. « On veut plus de qualitatif que dans le reste du magasin, explique Antoine Brieu. Un endroit plus calme au coeur de la tempête. »

 

Inspirer confiance

Leur positionnement dans le magasin obéit à une règle simple. Quand le trafic est relativement faible, il vaut mieux les poser à proximité des caisses pour faciliter le parcours du client. En moyenne, les enseignes s'en tiennent à une cabine pour 100 m2 d'espace de vente. En revanche, là où le trafic est plus fort, il faut en compter plus. Et surtout les installer à l'opposé des caisses, sous peine de voir un bouchon se former dans les allées !

Pour les hypermarchés, les tendances sont proches, même si l'environnement change la donne. « Il faut inspirer confiance aux clientes, assure Jean-Jacques Exmelin, adhérent Leclerc de Bois-d'Arcy et responsable textile auprès du Galec. L'éclairage doit donner bonne mine, il faut un siège, un miroir, des patères... »

 

Donner envie d'y passer du temps 

Surtout, les femmes craignent souvent les voyeurs. Dans son nouveau concept de rayon textile, déployé début 2011, Leclerc a privilégié des cabines cachées par un « mur promotionnel ». Une signalétique discrète indique leur emplacement et un employé contrôle les entrées. Aussi, et ce n'est pas le cas partout, les nouvelles cabines ont un toit. C'est à ce prix-là que les clientes acceptent d'y passer du temps pour réfléchir à leur achat.

Et demain ? Si leur coût reste trop élevé, les miroirs interactifs, comme ceux de la société Apia, permettront peut-être d'améliorer l'autonomie des clients en cabine. Les vêtements munis de puces RFID sont reconnus et des informations s'affichent sur le miroir. Taille, prix, provenance, fibre, qualité... Une technologie qui pourra être mise à contribution pour conseiller des accessoires assortis. Quand on vous dit que c'est dans les cabines d'essayage que le business se fait...

 

1 cabine pour 100 m2

d'espace de vente, c'est la moyenne qu'il faut compter dans les enseignes spécialisées.

Pour un hypermarché de 10000 m2

l'espace textile doit prévoir entre 8 et 10 cabines d'essayage

Sources : C & A, Leclerc

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Article extrait
du magazine N° 2149

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