La Camif retrouve l’équilibre grâce au « made in France »

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Pour la première fois depuis sa reprise en 2009, la Camif ne perd plus d’argent. Le positionnement sur des produits de qualité et fabriqués en France convainc un nouveau public, et permet d’envisager l’avenir plus sereinement.

Pendant tout le mois de juin, le patron de la Camif, Emery Jacquillat a parcouru le pays à la rencontre de ses fournisseurs. Un véritable tour de France destiné à mettre en avant leur savoir-faire, leurs innovations, mais aussi pour glisser quelques mots d’encouragement et de remerciements. Car le dirigeant, qui a racheté la marque Camif et son fichier de clients en 2009, semble avoir trouvé dans le made in France la clé du succès.

Pour la première fois depuis son rachat, la Camif est à l’équilibre, avec un résultat d’exploitation à zéro, et des indicateurs dans le vert. Le nombre de nouveaux clients dépasse dorénavant celui des anciens, et le chiffre d’affaires du groupe Camif-Matelsom (le site de vente de literie en ligne a été créé par Emery Jacquillat dans les années 90) a augmenté de 30%. « Aujourd’hui, les deux tiers de nos ventes sont réalisées avec du made in France, alors que l’offre française est de 40% seulement. Comme quoi l’afficha­ge du lieu de fabrication pousse les ventes de produits français », souligne le patron. L’ancienne Coopérative des adhérents à la Mutuelle des instituteurs de France a repensé son fonctionne­ment. Elle s’est transformée en site internet recentré vers l’équipement de la maison et un positionnement plutôt moyen-haut de gamme, ce qui exclut la présence de produits premiers prix. Un bon point alors que la concurrence (enseignes physiques et pure players web) passe une bonne partie de son temps à batailler sur les prix bas et l’entrée de gamme.

Orienter les achats versle local et le régional

Pour mettre en avant les 104 fabricants français, la Camif a ainsi créé un outil adapté, la « Conso’localisation ». Les internautes ont la possibilité de choisir leur produit en fonction de son lieu de fabrication. Ce qui rejaillit sur l’emploi en France et réduit les émissions de CO2. « La conso’localisation marche bien. C’est d’ailleurs le deuxième critère d’achat derrière la promotion, indique le dirigeant de la Camif. Nous avons un boulevard devant nous, car nous sommes la seule enseigne à avoir ce positionnement. »

Autre élément différenciant, l’entreprise n’a que 50% des produits en stock (linge de maison et literie principalement), le reste des commandes étant envoyé directement du fournisseur chez le client final, pour favoriser les circuits courts, et faire des écono­mies de stock. Après une première levée de fonds en 2009, une seconde a été effectuée l’an dernier pour un montant de 5 M €. De quoi investir dans la publicité, notamment télévisée, qui a permis de toucher un public très large et de recruter des consommateurs plus jeunes. Et les chantiers ne manquent pas, compte tenu de l’évolution rapide des modes de consommation. 20% du trafic du site viennent du mobile et des tablettes, contre 1% seulement il y a un an. Un nouveau vivier de visiteurs à convertir en clients. 

30 millions d’euros

Le chiffre d’affaires du groupe Camif-Matelsom en 2013 (dont deux tierspour la Camif)

+ 30%

La croissance depuis le début de l’année (+ 40% pour l’activité Camif)

67%

La part des ventesde la Camif réalisées avec des fabricants français

Source : Camif

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Article extrait
du magazine N° 2326

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