La cession de But arrive dans sa dernière ligne droite

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Actionnariat - Annoncée en juillet dernier, la vente de l'enseigne d'ameublement est sur le point d'être finalisée. L'hypothèse d'une reprise par un fonds d'investissement est privilégiée. Le point sur ce que pourrait être l'après-Kesa pour But.

La cession de But est imminente. « C'est une question de semaines, voire de quelques jours », estiment les observateurs. Mise en vente officiellement en juillet dernier par sa maison mère, Kesa Electricals, l'enseigne d'ameublement pourrait donc changer de main plus vite que prévu. « Les résultats semestriels ont confirmé que le redressement enclenché fin 2006 était solide, déclare Boris Bourdet, analyste chez Natixis Securities. Pour Kesa, c'est vraiment le bon moment de se séparer de cette activité non stratégique. » Approché par plusieurs prétendants, Kesa, qui cherche depuis plusieurs années à vendre But, ne devrait pas manquer cette occasion.

Un prix minimum de 450 millions d'euros

Mandatée en juillet dernier pour organiser la cession du numéro trois français du meuble, la Banque Lazard a sélectionné plusieurs candidats. L'homme d'affaires Albert Frère, les fonds Colony Capital, LBO France, Goldman Sachs et même un industriel britannique auraient été en lice. Parmi les noms qui circulent, Merchant Capital Equity Partners se détache du lot. « C'est de loin le candidat le plus sérieux », confirme un spécialiste du secteur, qui rappelle, au passage, l'intérêt grandissant des investisseurs pour un marché du meuble en pleine reconfiguration, avec les rumeurs persistantes autour de Conforama et de Roche-Bobois. Interrogé sur la cession de But, ce fonds d'investissement européen, basé à Londres et spécialisé dans le secteur de la distribution et des biens de consommation, a démenti, le 12 octobre, avoir conclu la transaction, mais pas le fait d'être sur les rangs. L'occasion, peut-être, de faire pression sur les négociations en cours.

Selon le marché, l'opération pourrait se boucler à un prix oscillant entre 450 et 600 millions d'euros. Cette dernière estimation « est justifiée, au regard des ratios du secteur et des signes de redressement de l'enseigne, estime Boris Bourdet. C'est une valorisation minimale, qui pourrait avoisiner les 900 millions d'euros en tenant compte de la valeur des murs ». Peut-on alors parler de... juste prix ? Difficile à dire. Car, si l'enseigne d'ameublement va mieux, son avenir reste à écrire. « Très concurrencé par le jeune habitat emmené par Ikea, qui lui a ravi la deuxième place du marché en 2005, But doit totalement se réinventer s'il veut survivre », estime Benoît Latreille, directeur retail park de l'agent immobilier Cushman et Wakefield. Selon les experts, c'est à la fois le positionnement qui doit être clarifié, l'offre qui doit être revue, et le réseau qui doit être totalement rénové. Sur ce dernier point, les scénarios vont bon train. Alors que certains imaginent le pire, à savoir un démantèlement, la majorité des experts pointent le besoin impérieux de moderniser les magasins. Comptant 236 points de vente, dont une centaine de franchisés, But doit composer avec un parc hétérogène, tant en termes de surfaces que de zones d'implantation ou de merchandising. Pas facile, dans ces conditions, d'assurer l'unité de la stratégie commerciale !

Consciente de cette faiblesse, l'enseigne a engagé, tout en continuant à diffuser son nouveau format dans ses magasins en propre, le rachat de ses franchisés, en actionnant son droit de préemption. Au cours du premier semestre 2007, huit magasins franchisés ont été rachetés. Quatre le seront au second semestre. « Ce qui donne plus de flexibilité au repreneur », souligne Boris Bourdet. Pour autant, poursuit Benoît Latreille, cela ne saurait suffire : « Certains magasins vieillissants, mal implantés et inadaptés, devront sûrement être vendus. D'autres, à fort potentiel, devraient, en revanche, bénéficier d'investissements soutenus. »

Outre la remise à niveau du réseau, des réorganisations sont à envisager à la direction. Daniel Fontaine, président, et Alain Garioud, directeur général, resteront-ils aux commandes ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais le suspense ne devrait plus durer très longtemps.

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Article extrait
du magazine N° 2016

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