La Chine, planche de salut de la filière porcine française ?

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La Chine est désormais  la principale destination pour les exportations françaises de viande et d’abats porcins. Le cours du porc s’envole et la demande pour des produits valorisés est de plus en plus forte.  Et si la Chine était en passe de devenir le nouvel eldorado du porc français ?

Guillaume Roué, président d'Inaporc, veut renforcer la présence des opérateurs français en Chine
Guillaume Roué, président d'Inaporc, veut renforcer la présence des opérateurs français en Chine

A l’occasion de son assemblée générale le 28 juin 2016 à Paris, Inaporc qui regroupe l’ensemble des professionnels de la filière porcine française –à l’exception désormais de la Fict qui en a claqué la porte en février 2016- est revenue sur les opportunités qu’offre le marché chinois. Au cours de l’année 2015, les volumes exportés vers la Chine par les opérateurs français ont augmenté de 25 000 tonnes pour atteindre 89 000 tonnes. En valeur, la Chine représente pour le porc français 160 M€, soit 59 M€ de plus qu’en 2014. Certes, nous sommes bien loin des milliards d’euros autrefois générés par le marché russe et qui, depuis sa fermeture en 2014, représente pour la filière un manque à gagner de 8 Mds €. Mais force est de constater qu’en l’espace de cinq ans, les volumes exportés vers la Chine ont été multipliés par plus de deux, faisant désormais du pays la seconde destination du porc français (après l’Italie avec 98 000 tonnes). « Après avoir ouvert le marché aux  viandes en provenance de Hong-Kong, du Canada mais aussi des Etats-Unis, le pays privilégie depuis 2010 pour ses importations les pays européens »,  explique Fanyé Meng, représentant à Pékin d’Inaporc.  Présent dans la capitale chinoise depuis 2012, Fanyé Meng a pour mission d’établir un réseau de relations avec les autorités sanitaires chinoises mais également d’accompagner en France des délégations chinoises.

En Chine, le cours du porc s’envole

Dans un français impeccable, ce dernier a certainement redonné du baume au cœur des représentants de la filière.  Au cours des quatre premiers mois de 2016, les volumes importés en provenance de France ont en effet fait un bond de 96%. En cause une crise sanitaire qui a touché le pays et provoqué un manque de matières premières. Mais aussi les effets de la  politique gouvernementale qui vise à restructurer le secteur aux dépends des exploitations de petite et moyenne taille en voie de disparition.  Résultat de cette conjonction de facteurs, un prix du porc vif qui se négociait au mois d’avril 2016 à 2,55€ le kilogramme et même 3 €/kg au mois de mai 2016. « Compte tenu de la situation, tout laisse penser que ce niveau de prix va se stabiliser jusqu’à la fin de l’année 2016 », explique Fanyé Meng. Vu de France, où le cours du porc se négocie aux alentours de 1,39€ le kilogramme, le porc chinois figurerait presque comme un produit de luxe…

Inaporc renforce sa présence

De fait, le comité Export d’Inaporc a décidé de mettre l’accent sur des actions ciblées afin de développer davantage ce marché. Outre le recrutement d’un salarié chinois basé à Pékin, Inaporc multiplie sa présence sur différents salons en Chine.

A Paris, devant une assemblée très attentive aux performances enregistrées par la filière, Fanyé Meng a insisté sur le fait que la Chine enregistre de plus en plus de demandes d’agrément de la part des entreprises afin de pouvoir exporter.

Des perspectives positives qui, selon Inaporc, appellent cependant à la prudence. Le niveau des exportations porcines européennes vers la Chine atteint en effet des records (plus de 1,2 M de tonnes en 2015. « La dépendance des filières porcines européennes et mondiales vis à vis du marché chinois est bien réelle », juge Inaporc. Qui plus est, jusqu’en 2014, les produits qui étaient habituellement vendus  sur le marché chinois étaient des abats. Mais le marché est de plus en plus demandeur pour des produits à plus forte valeur ajoutée. « De nouveaux équilibres sont en train de s’établir  et il sera indispensable de bien les analyser afin de définir une stratégie sur le marché chinois », estime l’interprofession. 

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