La concentration de la distribution en Europe reste faible selon une étude de la Commission européenne

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Un rapport de la Commission européenne consacré à l’effet de la concentration du commerce sur le choix et l’innovation sur le marché alimentaire en Europe démontre que celle-ci n’aurait pas de conséquence. Elle tombe à point nommé au moment où l’Autorité de la concurrence mène ses auditions sur les rapprochements entre Auchan et Système U et Casino et Intermarché…

La Commission européenne publie un rapport sur la concentration du commerce
La Commission européenne publie un rapport sur la concentration du commerce

Le rapport de la Commission européenne,  publié récemment, de près de 500 pages, visait à « évaluer l'impact de la récente l'évolution du secteur de la distribution alimentaire européenne sur le bien-être des consommateurs. En particulier, il vise à identifier l'impact de la concentration du commerce de détail, celle des fournisseurs de concentration et leur impact sur l'approvisionnement, le choix et l'innovation, en fournissant des preuves solides sur cet impact »

Concentration limitée 

Résultat, la concentration de la distribution en Europe est bien effective, mais elle reste limitée, et donc son impact serait aussi limité. Entre 2000 et 2011, le Top 5 des enseignes en parts de marché au niveau national  dépasse 60 % dans 13 pays européens, représentant 52,8% de la population de l'UE en 2011, contre 8 pays en 2000, représentant 38,4% de la population.

 

« Mais en comparaison d’autres secteurs, la concentration de la distribution est relativement faible même si elle a augmenté dans les marchés matures, et dans les Etats membres où elle s’est développée plus récemment », principalement en Europe centrale et de l’Est. L’étude établit aussi un comparatif sur le degré de concentration des fournisseurs par catégories selon les pays. Où il apparaît que la France est un des pays où la concentration est la plus forte.

Lidl, grand gagnant de la décennie

L’étude fait également un état des lieux assez intéressants des parts de marché des enseignes en Europe, et en comparant celles-ci entre 2000 et 2011. Visiblement, le grand gagnant de la décennie sur le marché européen est le groupe Schwartz-Lidl, passé de la  8ème à la première place, qu’occupait Carrefour à l’époque. Intermarché était le numéro 2 en 2000, il est désormais à la huitième place. Et si les places dans le classement ont changé, les 10 enseignes leaders en 2000 le sont toujours en 2011. Et probablement en 2014.

 

Mais ces parts de marché sont relativement faibles si l’on se base sur le marché européen. Ce type d’étude de la Commission de la concurrence européenne servira-t-il à l’Autorité de la concurrence qui mène actuellement des auditions pour donner un avis au ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, et à la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale,  qui l’ont saisie sur la question de l’accord aux achats entre Casino et Intermarché et Auchan et Système U ? En tous les cas, dans son rapport, la Commission ne semble pas déceler que la concentration ait un effet sur le bien-être des consommateurs…

 

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