La Confédération helvétique de plus en plus bio

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Dossier En Suisse, les ventes d'aliments et de produits cultivés sans engrais chimiques ni pesticides ont encore progressé. Le bio y représente 6,3% du marché alimentaire, un chiffre encore jamais atteint.

Coop

Une baguette ou une miche de pain sur cinq vendues dans la Confédération est bio. Les légumes et salades (18,8%), les produits laitiers (12,9%) et les fruits (8,6%) sont les autres aliments préférés des consommateurs soucieux de leur environnement, si l'on en croit les données de la Fédération des entreprises agricoles biologiques suisses (Bio Suisse). Cette importante demande encourage un nombre croissant de cultivateurs et d'éleveurs à abandonner les produits chimiques sur leurs exploitations. En 2012, 11,6% de l'ensemble de la surface agricole en Suisse ont été cultivés en bio, soit près de 124 000 ha.

Pour acheter leurs aliments produits « à l'ancienne », les Suisses continuent de se rendre dans leurs enseignes de grande distribution traditionnelles. Les deux leaders locaux, Coop et Migros, contrôlent, en effet, à eux seuls, 73,9% du marché dans le pays. Les magasins spécialisés ont du mal à résister, avec 12,6% de part de marché. La vente directe a, quant à elle, progressé de près de 10% l'an dernier, pour atteindre un chiffre d'affaires de 82,2 millions d'euros, contre à peine 59,4 millions d'euros en 2008. Ce succès s'explique.

« Les denrées alimentaires de haute qualité, issues d'une production naturelle, correspondent aux besoins de respect de l'environnement et des animaux, de production de proximité, de sécurité et de " suissitude " », a déclaré Jürg Schenkel, le responsable du marketing de Bio Suisse. Amoureux de leur cadre de vie, ils tiennent également à soutenir les agriculteurs qui protègent la nature. Et leurs revenus confortables leur permettent de s'offrir ces produits « verts et locaux » plus coûteux.

 

De l'histoire ancienne

Le succès du bio à Genève, Zurich ou Berne s'explique également par l'histoire très ancienne de l'agriculture biologique dans ce pays. Dans les années 50 et 60, de plus en plus d'agriculteurs ont choisi cette voie pour se différencier de leurs plus gros rivaux sur lesquels ils ne pouvaient plus aligner leurs prix. La création, dans les années 70, de l'Institut de recherche de l'agriculture biologique (FiBL) et de Bio Suisse a permis aux cultivateurs d'unifier leurs efforts et de mieux faire entendre leur voix. Mais, au début des années 90, c'est la décision des grands distributeurs de proposer des gammes bio complètes qui a permis de faire exploser les ventes. Aujourd'hui, pour se différencier, les enseignes ne se contentent plus de vendre de « l'organique ». Elles vont jusqu'à nouer des liens très forts avec les producteurs pour « verdir » encore un peu plus leur image. Migros vient ainsi de lancer avec le FiBL un projet visant à cultiver d'anciennes variétés de pommes de terre de Bolivie. Une partie des ventes de ce tubercule sera reversée à La Paz afin de financer des programmes de promotion de la biodiversité.

  • 1,48 Mrds € Le chiffre d'affaires du bio en 2012, soit une progression de 5,3% vs 2011 Source : Bio Suisse
  • 47,5% La part de marché de Coop, devant Migros (26,4%) et les spécialistes (12,6%) Source : LSA
  • 11,6% La part des terres agricoles helvètes cultivées en bio, soit 124 000 ha Source : L'Agence bio

Coop : les précurseurs ont toujours raison

Si Coop reste l'éternel outsider de la grande distribution derrière Migros, cette coopérative (2 017 magasins, 14,59 Mrds € de chiffre d'affaires) est parvenue à prendre, dans le bio, une importante longueur d'avance sur son éternel rival. Près d'un produit bio sur deux vendus dans le pays (47,5%) est distribué par cette enseigne. Migros (26,4%), les autres détaillants traditionnels (4%) et les boutiques spécialisées (12,6%) se partagent les« miettes ». Coop touche aujourd'hui les dividendes de l'audace : le groupe a en effet été le premier distributeur en 1993 à lancer une MDD bio. Avec plus de 1 600 références (10 au début), Naturaplan a vu ses ventes passer de 8 à... 664 M € entre 1993 et 2012. La protection de l'environnement peut rapporter gros...

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Article extrait
du magazine N° 2274

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