La conjoncture laitière européenne en plein marasme

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Situation compliqué sur le marché laitier européenne. La hausse de la production, l’embargo russe et la baisse des importations sur le marché chinois engendrent des niveaux de stock élevés qui ne sont pas absorbés par d’autres marchés. Les cotations sont reparties à la baisse.

Dominique Chargé, président de la FNCL
Dominique Chargé, président de la FNCL

L’environnement laitier européen n’est pas au beau fixe. La collecte est en hausse de 2,1 % en 2015, impulsée par des niveaux de production incontrôlables aux Pays-Bas (+16,8 % en décembre 2015) et en Irlande (+48 % en novembre 2015) mais atténuée par une croissance flatte en France (+0,1 %) et en Allemagne (+0,2 %). « Avec cette progression des volumes, les stocks sont au plus haut et cotations sont donc de nouveau à la baisse », confie Dominique Chargé, président de la Fédération des coopératives laitières (FNCL). La baisse drastique des importations du marché chinois et l’embargo russe sont responsables, en partie, de ces surplus. « Par exemple, il y a 18 mois, la poudre de lait était valorisée à 3 000 euros la tonne et aujourd’hui, elle est tombée à 1 650 euros la tonne », ajoute Dominique Chargé. Si les exportations européennes ralentissent vers ses marchés phares, de nouveaux débouchés voient le jour comme la Malaisie, le Mexique, le Japon, la Corée ou encore les Etats-Unis.

Recul de la consommation et baisse des prix

Prise de manière isolée, en France, la conjoncture ne cesse de s’aggraver pour différentes raisons. Déjà le prix moyen au 1 000 litres de lait est supérieur à certains autres pays européens comme l’Allemagne (282 euros/1 000 litres versus 309 euros pour l’Hexagone). « Ces pays avec un prix plus faibles sont les référents pour les cotations européennes et ça n’est donc pas bon pour notre compétitivité et les appels d’offres », détaille Dominique Chargé. Par ailleurs, le recul de la consommation des produits laitiers en France, les baisses de tarif à la sortie d’usine (-3,2 %) et les prix de vente consommateurs (-1,3 %) n’arrangent pas les choses.

Déflation de 8 %

Par ailleurs, rien de bon à attendre du côté des négociations commerciales, de plus en plus tendues, qui se terminent fin février. « On nous demande des déflations pouvant aller jusqu’à -8 % et si nous ne plions pas, on peut nous menacer de déréférencer nos produits », s’insurgent Dominique Chargé. « Il faut trouver un autre mode de fonctionnement avec les distributeurs, avoir des projets à partager et arrêter ce rapport de force », ajoute-t-il. Et le président des coopératives laitières indique que si les coopératives arrivent à mieux maitriser leur production et à recruter de nouveaux associés-coopérateurs, il est nécessaire de partir à la recherche de croissance sur de nouveaux marchés internationaux et de réussir à créer de la valeur sur les réseaux de restauration hors foyer.

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