La conjoncture pousse au vol

Vol à l'étalage

Le vol en magasins augmente encore de 3,6% en 2009, relève le baromètre CheckPoint. Textile et alimentaire sont les premiers secteurs concernés. Les produits de première nécessité apparaissent pour la première fois dans la liste des articles les plus volés.

Plus de 4,9 milliards d’euros se sont évaporés des linéaires et stocks des distributeurs en 2009, sous l’effet de la démarque inconnue. Selon le baromètre mondial du vol dans le commerce et la distribution de CheckPoint, le vol en magasin a ainsi augmenté de 3,6% par rapport à l’exercice précédent, pour représenter 1,42% du chiffre d’affaires du secteur. « La hausse est désormais régulière depuis trois ans, commente Matthieu le Taillandier, patron de CheckPoint France. En 2009, on note toutefois l’arrivée d’un nouveau type de délinquance : les produits de première nécessité, comme le lait maternel, apparaissent parmi les produits les plus volés. » Un effet collatéral de la crise économique ? L’expert tempère.  « On ne peut pas encore l’affirmer. Même en temps de crise, les articles les plus fréquemment dérobés restent les produits onéreux ou de marques connues. »

Deux secteurs pâtissent surtout de la recrudescence des vols : l’alimentaire et le textile. Dans le premier cas (+8,4% en Europe), « la hausse s’explique aussi par le nombre plus élevé de magasins, du fait du développement de nouveaux formats de proximité et d’alimentation », observe Matthieu le Taillandier. Qui note également la tendance à pousser les produits en libre-service, pour tenter de ranimer des ventes anémiques. « On a ainsi vu des distributeurs mettre en rayon des CD non protégés par des boîtiers de protection ».

La montée en puissance de la délinquance ne suffit pas à expliquer ces mauvais chiffres, selon l’étude. CheckPoint pointe, en parallèle, une diminution des investissements de sécurité. « Concrètement, les politiques de baisses des coûts en période de crise ont érodé les budgets consacré à la sécurité », résume Matthieu le Taillandier, pour qui « il reste possible de baisser ses coûts en allouant moins de ressources en magasin mais en investissant dans l’amont, par exemple dans la protection à la source, type puces RFID ou traceurs EAS. »

Florent Maillet

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