La consommation et la distribution lyonnaises passées au crible [Etude]

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La CCI de Lyon Métropole vient de rendre publique une étude passionnante sur la consommation et la distribution dans Lyon et sa région. C’est la 10ème édition de cette enquête qui a débuté il y 44 ans. LSA vous en dévoile les principaux résultats sous la forme d’un dossier feuilletable et de 8 graphiques commentés.

Le centre ville lyonnais a considérablement fait évoluer son offre commercial à l'image du projet du grand hôtel dieu qui doit être inauguré dans quelques mois.
Le centre ville lyonnais a considérablement fait évoluer son offre commercial à l'image du projet du grand hôtel dieu qui doit être inauguré dans quelques mois.© dr

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La consommation subit de très fortes mutations en France. Pour s’en convaincre, il suffit de se plonger dans la dixième enquête consommateurs de la région lyonnaise pilotée par la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne qui traduit parfaitement les grandes évolutions du moment, avec la percée d’internet, l’arrivée des circuits alternatifs, locaux, plus courts, le boom des produits d’occasion, le renouveau des marchés, les bouleversements dans les déplacements urbains...

44 ans d'historique, 6400 ménages interrogés

Cette étude réalisée entre septembre et décembre 2016 et dévoilée à Lyon le 6 octobre dernier, représente une somme, sans doute inégalée en France, tant par sa durée que par sa dimension. La région mène en effet ce travail depuis 1973, soit 44 ans d’observations durant lesquelles 10 restitutions sont venues affiner la compréhension de la consommation et de la distribution dans le Grand Lyon et plus encore, car le périmètre historique de la 10e enquête couvre le Rhône et déborde dans l’Ain, l’Isère et la Loire, soit un territoire de 40 à 60 kilomètres autour de Lyon, comptant environ 2,5 millions d’habitants et 1,075 millions de ménages selon des estimations de 2017. Elle a été menée par le cabinet AID observatoire et pilotée par la CCI Lyon Métropole auprès d’un échantillon représentatif de 6419 ménages choisis selon la méthode des quotas et a représenté 18000 heures d’interview, 12500 lieux d’offres codés, 230000 achats recensés.

LSA vous propose une présentation complète de cette dixième enquête consommateurs, à la fois sous forme de dossier feuilletable (voir plus bas) mais aussi avec une lecture plus rapide autour de 7 graphiques clés commentés.

7 graphiques pour 7 mutations clés

1/ Une consommation tirée par la démographie (évolution du bugdet des ménages en euros/ménages et du potientiel de consommation global de la zone étudiée)

"Les dépenses de consommation courante sont restées stables entre les deux dernières enquêtes, donc depuis 2012, explique Bernard Gagnaire, responsable du pôle commerce de la CCI Lyon Métropole. C’est la dynamique démographique du territoire qui a permis de conserver une progression du potentiel de consommation local de l’ordre de 7%, soit un gain de 880 M€ par rapport à 2012". Le budget  par ménages consacré à la consommation est en effet resté très stable à un peu plus de 12000 euros, alors le nombre de ménage a progressé de 70000 unités (sur 1,075 millions) et le nombre d’habitants de 100000 (2,5 millions).

2/ Le grand commerce lyonnais sous pression (évolution des circuits de distribution)

Dans le détail, en alimentaire, l'étude illustre :

• Une stabilité retrouvée des petits commerces. Pour la première fois depuis 1980 cette catégorie ne perd plus de parts de marché mais l’augmentation est portée essentiellement par les supérettes spécialisées,

• Le recul des formats traditionnels de grandes surfaces (supermarchés de taille moyenne, grands hypermarchés) est confirmé seuls les formats de proximité voient leur emprise progresser,

• Le hard discount perd des parts de marché et se repositionne,

• Le commerce non sédentaire répondant à de nouvelles aspirations de consommation progresse légèrement en alimentaire,

• La vente en ligne en alimentaire ne décolle pas encore…

"Les grands hypers, le hard discount et les supermarchés de taille moyenne (1000 à 1800 m²) sont sans conteste les formats perdants de ces dernières années, indique Gaelle Bonnefoy-Cudraz, responsable de l’activité urbanisme commercial à la CCI Lyon métropole, qui a piloté l’ensemble de l’étude. Ils perdent 2 points d’emprise, au profit des spécialistes notamment du bio et des fruits et légumes ; de la proximité sous toute ses formes ; et des drives dont l’emprise atteint 3,3 % désormais (7% sur le Val de Saône) alors qu’elle était nulle en 2012."

En non alimentaire, aussi, les grandes surfaces perdent des parts de marché principalement du fait de la contre-performance des hypermarchés, les petits commerces progressent légèrement, l’emprise d’internet progresse sur tous les produits et sur tous les territoires.

L’e-commerce touche les secteurs d’activité de façon différenciée : pour les produits numériques la part des ventes via internet est supérieure à 20 %. Mais pour les produits de consommation courante (produits de toilette, de beauté, cette quote-part est bien en dessous de 10 %. En non alimentaire, on assiste à une crise du commerce physique.

3/ Les spécialistes du bio progressent

Autre tendance forte, la consommation responsable alternative et locale est en pleine croissance sur Lyon et région. "La consommation de produits biologiques, les achats auprès de producteurs et artisans locaux, les achats sur les marchés ou encore les achats de biens d’occasion progressent sensiblement", relève l'étude.

Aujourd'hui 61% des ménages lyonnais déclarent acheter du bio, ils n'étaient que 48% en 2012. 20% disent même acheter des fruits et légumes bios au moins une fois par semaine. Ils le font à 45% en grandes surfaces mais cette part diminue au profit des petites commerces et des spécialistes.

4/ Les marchés lyonnais font un carton

Autre enseignement clé de l’étude, les achats sur les marchés sont en plein boom avec un chiffre d’affaires en hausse de 20 % qui dépasse les 460 millions d’euros. Sur Lyon même, le chiffre d’affaires progresse de 31% à 163 millions d’euros. Le principal marché de la région, celui de la Croix Rousse, génère 32 millions d’euros, le chiffre d’affaires d’un très beau supermarché.

5/ Les produits locaux en forme

Dans la droite ligne du boom du bio et des marchés, les produits locaux ont eux aussi le vent en poupe. 41% des ménages déclarent acheter des produits auprès de producteurs au moins une fois par semaine, les Amap et autres magasins de producteurs représentent à eux seuls 27% des lieux d’achat.

6/ La voiture en perte de vitesse dans les modes d'achats

La baisse de l’usage de la voiture pour faire ses achats en milieu urbain est l’un des mouvements les plus spectaculaires sur la longue durée. Tandis que l’utilisation des transports en commun reste stable, c'est la marche à pied progresse ce qui est le signe d’un recentrage de la consommation vers la proximité, on assiste même à un basculement dans le centre Lyon-Villeurbanne avec 39% des achats qui se font désormais à pied contre 36% à la voiture.

L'ère du "no parking, no business" chère aux grands retailers américains et qui a fait la fortune des hypers n'est pourtant pas encore révolue : dans les territoires périurbains, la voiture continue à progresser au détriment de la marche à pied. Mais sur la totalité du périmètre, les achats piétons sont passés de 22% en 2001 à 25,2% aujourd’hui, la voiture passant de 64% à 55,6%.

Les options de livraison / de retrait se multiplient pour les consommateurs dont parallèlement le temps consacré aux courses diminue et les achats à proximité du lieu de travail ou sur le trajet domicile travail se développent.

7/ Les principaux pôles commerciaux lyonnais et leur emprise

L’enquête a aussi permis de dresser un cartographie très complète des pôles commerciaux de Lyon et sa zone d’influence, résumés sur ce tableau. Les 3 premiers pôles commerciaux se détachent largement avec des CA supérieurs à 600 M€. Presqu’île et Part-Dieu réalisent des niveaux d’activité très proches et qui se tiennent bien même si les auteurs de l’étude notent une baisse de l’activité des 2 pôles en culture loisirs et bricolage, jardinage quasiment compensée par une augmentation du CA dans les autres familles d’activités. Ces 2 pôles conservent leurs 2 premières places devant le premier pôle périurbain Porte des Alpes qui subit pour sa part une perte de CA.

Le pôle Confluence qui intègre l’enquête pour la première fois, vient se classer dans une catégorie de pôle majeur. Globalement les pôles périurbains constitués autour d’hypermarchés voient leur chiffre d’affaires se stabiliser ou baisser légèrement, on notera pour la plupart de ces pôles l’implantation de drives accolés ou déportés qui viennent souvent compenser.

Feuilletez les principaux résultats de l'étude

 

 

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