La Coop Alsace passe le flambeau à Carrefour

DossierLe rachat du groupe alsacien par le leader national sanctionne la gestion désuète d’une enseigne devenue trop petite pour son marché.

Ce n’est pas un adieu, promet- on. Juste un au revoir… mais avec peu d’espoir de retour. Gérard Dorey, président exécutif de Carrefour Proximité, et Christian Duvillet, PDG du groupe Coop Alsace, ont manié l’euphémisme avec talent le 2 avril, à Strasbourg, à l’occasion d’une conférence de presse pour présenter le projet concocté par le leader national pour le « Poucet » local. Et pourtant, il faut bien admettre qu’il ne reste plus grand-chose de cette coopérative fondée en 1902 par une centaine d’ouvriers strasbourgeois. Sur les 144 magasins, 128 passent à Carrefour. Une petite moitié adoptera les enseignes de proximité de Carrefour (Contact, City, Express, 8 à Huit), tandis que 78 conserveront la signature Coop.

En effet, Carrefour a obtenu le droit d’exploiter la marque pendant au moins sept ans. Alors que restet- il de la « coopé » La marque donc, quinze magasins, quatre cafétérias et une unité de production de charcuterie. Plombée par les malversations de son précédent président, Yves Zehr, aujourd’hui incarcéré, la Coop Alsace a aussi souffert d’une gestion désuète. « Les coopératives qui marchent, comme le Crédit mutuel, ont un vrai actionnaire de référence, un parcours de sélection de ses cadres, je n’ai rien trouvé de tout ça en arrivant, témoigne le PDG du groupe Coop. On était sur un fonctionnement par cooptation, sans reporting, ni règles de gestion strictes. Et de toute façon, il n’y a plus de place pour des acteurs de taille moyenne. » Parler de débâcle n’est pas trop fort. L’an dernier, le groupe perdait 2 M € par mois, cette année, le rythme a été ramené à 1 M €. Au total, 140 M € de dettes se sont accumulés. « Du sol au plafond » Pour Carrefour, la remise en route de la machine alsacienne se traduit d’abord par une enveloppe de 18 millions d’euros d’investissement, soit une moyenne de 140 000 € par magasin.

« Quand on modernise, on refait tout du sol au plafond, assure Gérard Dorey. Cela peut aller jusqu’à 300 000 € pour un point de vente. » Christian Duvillet admet volontiers l’ampleur de la tâche. « La Coop a beaucoup vieilli, elle a sous-investi depuis vingt ans, regrette-t-il. Or, la distribution est un métier qui demande beaucoup de capitaux. » Surtout, les 128 magasins profiteront de l’infrastructure de Carrefour : centrale d’achats, systèmes d’informations, e-commerce… Autant de services que la Coop ne pouvait plus se payer.

La reprise des Coop en résumé

  • Carrefour reprend 128 magasins sur 144
  • La marque Coop sera conservée sur 78 magasins au moins pour sept ans
  • 18 M € vont être investis dans la modernisation des points de vente

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Article extrait
du magazine N° 2314

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