la croissance flEchit, les bEnEfices s'emballent

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Mature, le marché français du mobile peine désormais à recruter des abonnés. Mais le renouvellement des terminaux et les nouveaux services aident à maintenir l'activité, surtout chez les opérateurs. Qui ne semblent guère pressés de dépenser les sommes colossales nécessaires à la prochaine étape : l'UMTS.

A observer le moral affiché par les professionnels de la téléphonie mobile, il est tentant de croire que le bonheur est vraiment simple comme un coup de fil. L'époque semble révolue où opérateurs et distributeurs s'empoignaient sur le mode de rémunération, où la presse évoquait des ouvertures de lignes bidons, où les revendeurs réclamaient l'accès aux programmes de fidélisation des clients. Aujourd'hui, l'ambiance est à l'entente cordiale. Débarrassée de ses éléments les plus douteux, la distribution spécialisée est désormais qualifiée de « sérieuse » et de « compétente ».

Abaissant les subventions sur les formules les moins rentables, les opérateurs voient affluer les revenus générés par les SMS, SMS+ et autres MMS. Après des années de procédure, les consommateurs ont obtenu une petite parcelle de liberté dans leur relation avec les opérateurs : la portabilité. Quant aux fabricants de terminaux, ils multiplient les innovations techno- logiques majeures, élargissent les gammes, surfent sur la vague de la photo numérique, et vont jusqu'à défier Nintendo sur sa chasse gardée des consoles de jeux portables.

64,2 % de Français équipés

Une sorte de félicité générale que viennent pourtant contredire les chiffres du marché. Ainsi des ventes de terminaux, qui devraient tout juste se maintenir en volume. Rien de réjouissant non plus en termes de taux d'équipement : avec 64,2 % de pénétration à la fin juin 2003 (les 60 % sont dépassés depuis fin 2001 !), la France occupe désormais l'un des derniers rangs en Europe. Les fabricants, enfin, voient leur volontarisme technologique et les efforts d'imagination de leurs ingénieurs et designers se heurter à une déprimante réalité : le hit-parade des ventes du premier semestre fait la part belle à des terminaux vieillissants à écran noir et blanc.

« Il est faux de dire que la téléphonie mobile s'essouffle, martelait néanmoins Pierre Bardon, directeur général de SFR, au mois de juin. La croissance a été de 4 % à 5 % en 2002, je prévois environ 10 % en 2003. » Pour les opérateurs, le ralentissement du recrutement de clients est largement compensé par la vente de services, ce qui fait croître le nombre d'actes commerciaux réalisés. Et s'il faut donner des chiffres, SFR met en avant son premier million de MMS atteint début juillet. Bouygues Télécom renchérit avec ses 190 000 abonnés iMode, dont 80 % utiliseraient effectivement les services multimédias proposés, et Orange enfonce le clou en revendiquant 300 000 clients déjà équipés de terminaux MMS et 700 000 jeux téléchargés depuis le début de l'année.

Pour tempérer un si bel optimisme, la seule solution consiste à interroger les opérateurs sur leur stratégie en matière de lancement de l'UMTS. Comme par magie, les regards se voilent, les sourires s'estompent. « L'UMTS n'est pas tellement un enjeu de développement de notre point de vue, explique Gilles Pélisson, directeur général de Bouygues Telecom. Nous avons la licence, mais la question est de savoir à quoi elle sert, et si l'UMTS permet vraiment d'offrir des services révolutionnaires impossibles à développer avec les technologies actuelles. » Plus enthousiaste, Pierre Bardon estime que « l'UMTS n'apporte pas de services très différents, mais plutôt de la facilité d'usage et de l'ergonomie ». Les dates prévues pour le lancement commercial de l'UMTS reflètent d'ailleurs ces attitudes : SFR parle de la mi-2004, Orange ne donne pas de date, et Bouygues... parlera quand Orange aura parlé.

Une sorte de félicité générale que viennent pourtant contredire les chiffres du marché. Ainsi des ventes de terminaux, qui devraient tout juste se maintenir en volume. Rien de réjouissant non plus en termes de taux d'équipement : avec 64,2 % de pénétration à la fin juin 2003 (les 60 % sont dépassés depuis fin 2001 !), la France occupe désormais l'un des derniers rangs en Europe. Les fabricants, enfin, voient leur volontarisme technologique et les efforts d'imagination de leurs ingénieurs et designers se heurter à une déprimante réalité : le hit-parade des ventes du premier semestre fait la part belle à des terminaux vieillissants à écran noir et blanc.

« Il est faux de dire que la téléphonie mobile s'essouffle, martelait néanmoins Pierre Bardon, directeur général de SFR, au mois de juin. La croissance a été de 4 % à 5 % en 2002, je prévois environ 10 % en 2003. » Pour les opérateurs, le ralentissement du recrutement de clients est largement compensé par la vente de services, ce qui fait croître le nombre d'actes commerciaux réalisés. Et s'il faut donner des chiffres, SFR met en avant son premier million de MMS atteint début juillet. Bouygues Télécom renchérit avec ses 190 000 abonnés iMode, dont 80 % utiliseraient effectivement les services multimédias proposés, et Orange enfonce le clou en revendiquant 300 000 clients déjà équipés de terminaux MMS et 700 000 jeux téléchargés depuis le début de l'année.

Pour tempérer un si bel optimisme, la seule solution consiste à interroger les opérateurs sur leur stratégie en matière de lancement de l'UMTS. Comme par magie, les regards se voilent, les sourires s'estompent. « L'UMTS n'est pas tellement un enjeu de développement de notre point de vue, explique Gilles Pélisson, directeur général de Bouygues Telecom. Nous avons la licence, mais la question est de savoir à quoi elle sert, et si l'UMTS permet vraiment d'offrir des services révolutionnaires impossibles à développer avec les technologies actuelles. » Plus enthousiaste, Pierre Bardon estime que « l'UMTS n'apporte pas de services très différents, mais plutôt de la facilité d'usage et de l'ergonomie ». Les dates prévues pour le lancement commercial de l'UMTS reflètent d'ailleurs ces attitudes : SFR parle de la mi-2004, Orange ne donne pas de date, et Bouygues... parlera quand Orange aura parlé.

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Article extrait
du magazine N° 1827

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