La cuisine, coeur de vie du foyer

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Les Français y préparent leur repas, y mangent, y reçoivent leurs amis... bref, ils y vivent. La cuisine est devenue un lieu convivial et familial qui, en termes de design, n'a plus rien à envier au salon.


La nouvelle star des crémaillères, c'est elle !

Amis, voisins, parents, ils sont désormais nombreux à s'extasier devant la nouvelle cuisine de leurs proches. Pour le plus grand bonheur, d'ailleurs, des maîtres de maison, qui n'hésitent plus à la faire visiter!

«Aujourd'hui, on montre sa cuisine comme on montre sa voiture, avec la même fierté», fait remarquer Olivier Klein, chef de marché cuisine Schmidt. Objet de toutes les attentions, cette pièce est devenue, en quelques années, le centre de vie du foyer, un lieu de rencontre, de communication et d'échange.

«C'est un espace convivial et familial», poursuit Bernard Fournier, PDG de la société Fournier (Mobalpa). Entre la fonction intimiste des chambres et les activités multimédia du salon, la cuisine est le dernier endroit où tout le monde peut vraiment se retrouver. «Elle s'humanise», résume Antoine Labbaye, directeur de la communication opérationnelle d'Hygena.

«C'est la pièce qui a subi le plus de transformations. Dans les vieux appartements bourgeois, la cuisine était éloignée de l'espace de vie et de réception, voire dans un autre bâtiment. Elle s'est rapprochée du salon, mais avec un espace toujours divisé en deux. Maintenant, elle a réintégré la salle à manger, et peut même parfois remplir toute la pièce», raconte Philippe Demongeot, architecte d'intérieur dans l'Observateur Cetelem.

La cuisine, dans son nouveau statut, a véritablement gagné le coeur des Français, qui se tournent de plus en plus vers le «total look». Selon une étude réalisée en 2006 par l'Institut de promotion et d'études de l'ameublement (Ipéa), le taux d'équipement en cuisine intégrée atteint les 55,6% et pourrait progresser de 6 points, soit l'équivalent de 1040000 ventes d'ici à 2010.

«Les Français rattrapent leur retard sur leurs voisins allemands et italiens», rappelle Olivier Picard, responsable marketing cuisson de Fagor-Brandt. Avec une progression l'an dernier de 5,4% en valeur à 1,956 milliard d'euros, la cuisine est l'un des moteurs du marché du meuble.

«Le secteur bénéficie à la fois de facteurs conjoncturels et structurels. L'activité soutenue de la construction neuve, la prolongation de la TVA à 5,5% et les changements de comportements des consommateurs, qui s'équipent dès leur emménagement sans attendre quatre ou cinq ans, constituent les clés du développement», explique l'Ipéa qui table sur un marché de 2,74 milliards d'euros à l'horizon 2010.

Le profil type des acheteurs de cuisine intégrée correspond encore majoritairement à des propriétaires de maison individuelle, âgés de 25 à 49 ans mais, là encore, les choses bougent, portées par l'évolution du marché. «L'offre s'est véritablement démocratisée. Il y a dix ans, le ticket d'entrée était au minimum de 10000 €. Depuis, la profession s'est organisée pour rendre les produits plus accessibles», se souvient Bruno Chirac, chef de marché cuisine chez Cuisinella.

Les prix d'appel démarrent autour des 1000 € chez les spécialistes du jeune habitat tel Ikea, chez les enseignes de l'équipement de la maison comme But ou Conforama, chez les grandes surfaces de bricolage telles que Castorama, Leroy Merlin, chez Lapeyre et même chez les cuisinistes les plus offensifs en termes de prix comme Hygena ou Cuisinella.

Rassurés et sensibilisés par les nombreuses campagnes de communication, les locataires et les jeunes ménages, s'ils sont minoritaires, font de plus en plus le grand saut. «En 2007, 41% des projets concernent des appartements, contre 30% il y a deux ans», soutient Antoine Labbaye. L'occasion pour tous de se faire plaisir et devaloriser son appartement.

Si l'achat en premier équipement se renforce, le renouvellement, qui touche plutôt la tranche des plus de 50 ans, s'accélère aussi sous l'effet, notamment, de l'essor du contemporain. «Les cuisines déstructurées, les meubles en Formica marron, les cuisines avec chapeaux de gendarme appartiendront bientôt définitivement au passé», prédisent les spécialistes.

L'esthétique, une attente forte

À l'instar du salon, le design fait donc une entrée en force dans la cuisine. Et ce n'est que le début! «Tout ce qui a trait à l'esthétique correspond à une attente forte du consommateur», confirme Christophe Ascensi, responsable des ventes cuisines chez Ikea.

Les frontières entre le salon et la cuisine tendent à s'estomper, au sens propre comme au sens figuré avec le développement des cuisines ouvertes. Selon les estimations de l'Ipéa, près de 35% des cuisines sont ouvertes sur le salon, reliées souvent par un îlot central ou un retour bar. Ce pourcentage monterait même, selon les réseaux, jusqu'à 60% pour les nouvelles implantations.

Plusieurs éléments peuvent expliquer cet engouement des Français. «Il ya dans la maison, aujourd'hui, un système de ruche ouverte qui doit permettre de vivre ensemble, mais aussi séparément. On va respecter l'envie d'espace de chacun avec des modules cloisonnés et des modules assez ouverts, de type cuisine américaine», avance Cendrine Dominguez, décoratrice et animatrice sur Teva, dans l'Observateur Cetelem.

Assurément, l'aspect convivial joue à plein. La femme derrière les fourneaux enfermée dans la cuisine, c'est bel et bien du passé. Merci mai 68! Avec ce type de cuisine, tout le monde -évidemment les hommes- peut mettre la main à la pâte sans perdre le fil de la conversation.

Plus pragmatiquement, les cuisines ouvertes permettent de décloisonner l'espace et de gagner de précieux mètres carrés, sachant qu'un logement fait en moyenne 89,39 m2 (Observateur Cetelem). Enfin, les derniers freins liés aux odeurs et aux bruits des appareils ménagers se levant progressivement, grâce aux efforts des fabricants, les Français sont plus enclins à se laisser tenter.

Lignes fluides et épurées

Tout le jeu consiste désormais à montrer ce que l'on veut et seulement ce que l'on veut, et à trouver une harmonie entre ces deux pièces voisines. «Les signes distinctifs de la cuisine ont tendance à disparaître au profit des codes du salon», confirme Olivier Klein.

Dominée par le marron, la cuisine a pris véritablement des couleurs. Le bleu, le rouge, le blanc dans des aspects laqués ou satinés sont très tendance. Des nouvelles nuances plus osées, comme l'orange, le jaune, le vert ou le parme, commencent même à émerger. Plus classique, le bois foncé style wengé® ou nordique sont aussi très à la mode.

Côté électroménager, l'Inox, l'alu et le noir, résolument chic, ont pris le pas, là encore, sur le marron. Globalement, toutes les lignes se veulent plus fluides, plus épurées. Cela concerne les meubles -qui ont tendance à s'élargir-, les plans de travail -qu'ils soient épais ou fins, en verre ou enbois-, mais aussi les poignées -qui ont tendance à se dissimuler.

Les poignées intégrées dans les portes devraient émerger dans les prochains mois. Lapeyre, Ikea ou bientôt Hygena viennent ou s'apprêtent à sortir ce type de modèle en blanc laqué. L'électroménager, qui enregistre depuis plusieurs années de belles croissances sur le segment de l'encastrable, n'est pas en reste dans cette recherche d'harmonie.

Les fours à touches sensitives, les plaques à induction ou encore les hottes décoratives -et notamment les hottes lustres qui commencent à débarquer, à l'image de Whirlpool-, symbolisent de plus en plus cette symbiose entre le salon et la cuisine.

L'arrivée encore confidentielle des écrans plats dans cette pièce, la création d'un espace spécifique pour les devoirs des enfants ou d'arrière-cuisine faisant office de déstockage, comme c'est le cas dans les pays nordiques, vont aussi dans ce sens.

Eurocuccina, le salon européen de la cuisine, qui aura lieu l'an prochain à Milan, devrait à nouveau révéler les tendances qui dessineront l'avenir de cette pièce qui -c'était impensable il y a quelques années- fait aujourd'hui rêver de nombreux Français. Demain, prédisent les spécialistes, ce sera au tour de la salle de bains!

Florence Bray
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