La cuisine française moins féminine et plus métissée [Etude]

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Une enquête de l’Ifop pour Lesieur sur la transmission culinaire montre l’étroite imbrication entre les pratiques culinaires et l’évolution des modes de vie.

L'Observatoire des cuisines populaires présente une étude sur la transmission culinaire.
L'Observatoire des cuisines populaires présente une étude sur la transmission culinaire.© LESIEUR

Quels sont aujourd’hui les déterminants de la cuisine populaire: les proches? L’interculturalité? La tradition? Les médias? Pour répondre à ces questions, une enquête Ifop/Lesieur a été menée auprès de 1 000 français du 11 au 14 novembre 2014 pour l’Observatoire des Cuisines Populaires (OCPop), créé en 2011 par Lesieur pour mieux comprendre et valoriser cette cuisine du quotidien. "Notre objectif est de promouvoir la variété et la richesse des ces cuisines, inventer la cuisine populaire de demain, sentir comment la cuisine évolue et l'anticiper si possible", a déclaré, en préambule de la présentation de l'étude, Romain Nouffert, directeur général de Lesieur.

Un plaisir pour les hommes et les plus jeunes

Aujourd’hui, plus d’un Français sur deux déclarent cuisiner tous les jours. Cette activité qui reste majoritairement féminine (64 % des femmes cui­sinent tous les jours, contre 51 % des hommes), est considérée par les hommes et les plus jeunes davantage comme un plaisir et une détente, alors que pour 40 % des personnes interrogées, catégorie où les femmes et les plus âgés sont surreprésentés, la cuisine est une nécessité, voire une corvée. La mère garde un rôle majeur dans la transmission (56%), mais le père a une place plus forte dans l’apprentissage des plus jeunes, preuve que la société change et que les hommes non seulement se mettent à plus cuisiner mais aussi à transmettre. En revanche les mères transmettent essentiellement des rudiments de cuisine et les fondamentaux quand les pères cherchent davantage à éduquer les enfants sur le choix des aliments et le plaisir de bien manger.

Diversification des sources d’informations

L’apprentissage se poursuit ensuite tout au long de sa vie par une quête personnelle, via les livres de cuisine, mais aussi par internet qui apparait comme un support de perfectionnement. Une transmission qui, tout comme l’apprentissage, s’inscrit dans le registre de plaisir pour les 60 % de français qui souhaitent transmettre leur savoir, mais aussi pour manger équilibré (31 %), et pour savoir ce qu’on mange (28%). Preuve que le besoin de réassurance est bien présent que les Français cherchent aussi à avoir la maîtrise de ce qu’ils mangent. Enfin si la transmission se fait plus sur les plats traditionnels (blanquette, pot au feu…), ceux-ci semblent moins transmis qu’avant, au profit d’un métissage culinaire, lequel s’incarne dans la transmission simultanée des plats comme le boeuf bourguignon, le couscous ou des spécialités régionales, via les conjoints ou amis. "Ce qui est transmis, conclut le sociologue Thibaut de Saint Pol, ce sont autant des valeurs et des représentations que des savoir-faire techniques. Les pratiques culinaires sont intimement imbriquées dans les modes de vie et les représentations de la cuisine rejoignent, au-delà de leur contenu culturel, l’univers plus large des représenta­tions de l’alimentation".

Retrouvez l'intégralité de l'étude

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