La cuisson se dope à la technologie et au design

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ÉTUDE - Le marché des appareils de cuisson encastrables continue à bien se porter. Mais, alors que les tables à induction voient leurs ventes en volume monter en flèche, leurs prix sont en chute libre.

Les appareils encastrables ont décidément les faveurs des Français qui semblent décidés à rattraper leur retard par rapport à des pays comme l'Allemagne. En effet, après plusieurs années de croissance, la famille des intégrables continue sur sa lancée. Selon le panel GfK, en avril, elle a enregistré une hausse de 7,3 % en volume et de 8,6 % en valeur (y compris les lave-vaisselle et le froid). « L'acte d'achat est différent de celui des appareils en pose libre. L'encastrable apparaît comme un élément de décoration de la maison et, en règle générale, sur cette catégorie, le consommateur se fait plaisir et regarde moins le prix », avance Bertand Coupy, directeur du marketing de Fagor-Brandt.

Cette attitude ne peut que réjouir les fabricants d'appareils de cuisson, qui misent gros sur les encastrables. Ainsi que les cuisinistes, leaders sur cette famille. À fin février 2008, selon GfK, ceux-ci détenaient 37 % du marché en volume sur les tables de cuisson, 40,5 % sur les fours et 45,6 % sur les hottes. Mais cela ne fera pas forcément le bonheur des hypers, qui piétinent à 5,3 % sur les tables de cuisson, 5 % sur les fours et 3,2 % sur les hottes. « Leurs linéaires sont rarement adaptés à la vente de l'encastrable et les vendeurs pas suffisamment formés », juge Marc Lignier, directeur du marketing France d'Indesit.

Déflation

Quoi qu'il en soit, les tables à induction se posent en locomotives des intégrables, avec une croissance en volume de 24,4 %. Économes, précises, performantes, esthétiques, elles ont tout pour séduire. Et leur prix moyen élevé permet une hausse du prix moyen global de la catégorie tables de cuisson. Mais la médaille a un revers. La compétition entre fabricants fait rage, et le prix moyen des tables à induction est en chute libre. À 690 E en moyenne de janvier à avril 2007, selon GfK, il est descendu à 651 E sur la même période en 2008.

Cette tendance déflationniste risque d'avoir des conséquences sur toute la catégorie. « La très forte progression des volumes alliée à une énorme baisse des prix des tables à induction va provoquer des dégâts collatéraux sur les modèles vitrocéramique et gaz premium. Les consommateurs de vitrocéramique vont renouveler leur équipement sur de l'induction, car l'écart de prix se réduit », estime Jean-Noël Micheau, chef de produits cuisson chez BSH.

Reste que les fabricants ne sont pas prêts à lâcher ce secteur juteux. C'est compréhensible : avec un taux d'équipement de 5,3 %, il a encore un potentiel important. Pour satisfaire les consommateurs, ils rivalisent de propositions sophistiquées, allant presque jusqu'au sur-mesure, comme les dominos de diverses dimensions. Electrolux présente même un modèle avec manettes. « Certains consommateurs sont réfractaires à tout ce qui est sensitif ou électronique. Nous leur offrons le confort et la puissance de l'induction avec des commandes boutons », précise Éric Poque, chef de groupe cuisson chez Electrolux. L'esthétique est aussi prise très au sérieux. « On voit l'arrivée de coloris, du verre travaillé. Le design permet d'adapter les tables et de les rendre presque invisibles », note Claire Verbrugge, responsable du développement produits gros électroménager chez Boulanger.

Des fours intelligents

Les fours ne déméritent pas (+ 9 % en volume ; + 9,4 % en valeur). Les fabricants tentent de combler les attentes avec une sophistication croissante et se dirigent de plus en plus vers des programmations « intelligentes », tel Whirlpool, qui enrichit sa gamme 6ème Sens avec un four mixte à vapeur. Rosières complète sa gamme Dédicace avec un four combi-vapeur. À l'automne, la marque lancera un four issu des technologies professionnelles, avec cinq sources de chaleur et un système de ventilation latérale muni de 64 micro-ouvertures. « En tant que spécialiste de l'encastrable et de la cuisson, nous nous devons d'innover », commente Luca Ancona, chef de produits Rosières. Samsung, lui, lance le Speed Oven, combinant les avantages des fours traditionnel et à micro-ondes. « Nous proposons des programmes automatiques, car les consommateurs ne sont pas habitués à gérer les temps de cuisson sur ce type de modèle », indique Sylvette Sousa, chef de groupe marketing blanc chez Samsung.

Côté hottes, l'engouement pour les modèles décoratifs se confirme. Ce segment progresse de 15,9 % en volume et de 13 % en valeur. La tendance est aux plateaux fins en Inox et en verre aux lignes pures. « On va jusqu'à des configurations en îlot, où la hotte est l'élément central de la cuisine », relève Patrice Charpentier, chef de produits fours de Whirlpool. Pour que la technique soit à la hauteur du design, la marque propose des modèles avec revêtements antitraces et a mis au point un système d'aspiration qui réduit le niveau de bruit à 51 décibels. Enfin plus de calme dans la cuisine !

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Article extrait
du magazine N° 2055

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