La data, clé de voûte pour lutter contre la fraude [Tribune]

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

TRIBUNE D'EXPERTS Alors qu'en Europe, la France fait partie des pays les plus touchés par la fraude, comment les e-commerçants peuvent-ils se prémunir de ce fléau en perpétuelle évolution ? Par Philippe de Passorio, DG d'Adyen France.

Philippe de Passorio, DG d'Adyen France.
Philippe de Passorio, DG d'Adyen France.© Adyen

21,84 milliards de dollars. C’est le montant de la fraude par carte de paiement enregistré l’année dernière dans le monde. En Europe, la France fait d’ailleurs partie des pays les plus touchés avec 69 fraudes pour 1000 cartes en circulation en 2016. Dans cette période commerciale cruciale qui s’annonce (fêtes de fin d’année, soldes d’hiver…), les fraudeurs vont multiplier les tentatives, tandis que les commerçants chercheront à atteindre leurs objectifs de vente. Les consommateurs en ont bien conscience, les risques de fraude sont plus élevés lors des achats en ligne. Ce qu’ils pardonnent moins, c’est la violation de leurs données sur des sites e-commerce, causée par des failles de sécurité. Une étude récente démontre d’ailleurs que 69% des consommateurs européens se détournent complètement des retailers victimes de violation de données. 

Pour les e-commerçants, le zéro fraude n’existe pas et ses effets peuvent être plus contraignants. Financièrement d’une part car elle génère inévitablement des impayés et impacte ainsi le chiffre d’affaires. Technologiquement d’autre part, car les fraudeurs utilisent des techniques de plus en plus sophistiquées et évolutives pour subtiliser des données. D’où l’importance de toujours être à la pointe des dernières avancées en termes de sécurité des paiements. 60% des retailers en Europe le constatent et déclarent qu’ils ont connu une hausse de la fraude en 2017.

Pour se prémunir de cette fraude en perpétuelle évolution, les e-commerçants ont à leur disposition deux solutions pour la réduire sensiblement.

Quand un acheteur peut en cacher un autre

Grâce à la science des données et aux méthodes d’apprentissage automatique, il est possible d’établir des profils de risque et ainsi reconnaître et même prévoir les comportements frauduleux. L’enjeu réside dans l’identification intelligente de l’acheteur, celle qui sera à la fois capable de bloquer un fraudeur avéré et d’autoriser un acheteur légitime.

Un exemple assez répandu consiste à repérer une transaction pour un produit expédié à l’étranger, vers une adresse à laquelle la carte de paiement n’est pas associée. Dans ce cas, c’est l’identification des données de l’acheteur (adresse électronique, informations de connexion, détails de la carte) conjuguée à une analyse des empreintes du périphérique qui permettront de prendre la bonne décision. Seule l’agrégation d’un maximum de données permet de réduire le volume de blocage de transactions légitimes, aussi appelé "faux positif" et qui ont coûté aux retailers près de 8,6 milliards de dollars l’année dernière dans le monde.

Des solutions d’authentification intelligentes

Si les techniques de fraude évoluent sans cesse, c’est aussi le cas des solutions d’authentification en ligne, avec la double exigence de sécurité et de facilité d’utilisation pour l’acheteur. A l’ère de l’omnicanal, les parcours client doivent être fluidifiés et simplifiés sous peine de voir le taux de conversion chuter. Le parcours d’achat ne fait pas exception et les retailers ont à leur disposition plusieurs outils d’authentification qu’il faut choisir subtilement afin de ne pas imposer trop de friction à l’acheteur.

Parmi les solutions vers lesquelles les marchands se tournent figure la biométrie. Plus de la moitié d’entre eux (57%) cherchent à mettre en œuvre un processus biométrique (empreintes digitales ou authentification vocale). Les consommateurs européens sont d’ailleurs disposés à modifier leur comportement d’achat si la sécurité s’en voit renforcée. 55% sont prêts à payer plus souvent par carte et 44% via une application si le risque de fraude est réduit.

Le 3D Secure 2.0, qui doit être adopté d’ici 2019 dans le cadre de la réglementation PSD2 est également amené à se généraliser.

Pour répondre à ces enjeux, le déploiement d’un système unifié de gestion des transactions est le plus efficace. Il permettra dans un premier temps d’automatiser une grande partie de l’analyse de données nécessaire à la lutte contre la fraude : évaluer chaque transaction sur l’ensemble du réseau, définir une vue globale et exhaustive de chaque acheteur et adapter pour chaque profil les outils d’authentification les plus efficaces. C’est à ce prix que les retailers vaincront les fraudeurs les plus aguerris.

L'auteur
Philippe de Passorio est le Directeur France d’Adyen, licorne européenne spécialisée dans les paiements internationaux et multicanaux. Titulaire d’une double formation scientifique et commerciale, il a travaillé auparavant dans les secteurs des nouveaux médias et de la réalité augmentée en tant que Country Manager de Yume en France, Directeur Général de Total Immersion à Hong-Kong et fondateur de Stampeo, plateforme marketing digitale BtoB.
Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.
X

Recevez chaque matin tous les faits marquants sur les stratégies digitales, omnicanales et e-commerce des distributeurs et sur les solutions technologiques conçues pour les accompagner.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA