La difficile conversion de Nantes à l'ouverture du dimanche

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La loi Macron est entrée en vigueur et prévoit l'ouverture de 9 dimanches par an en 2015 et 12 dimanches par an à partir de 2016. Mais Nantes fait de la résistance, et pourrait n'ouvrir que deux demi-journées en centre-ville, comme l'an dernier, ou pas du tout. Et c'est une ville symbole, qui était dirigée par l'ancien Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à l'époque opposé à l'ouverture du dimanche...

La ville qui fut gérée par l'ancien Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, fait toujours de la résistance à l'ouverture le dimanche
La ville qui fut gérée par l'ancien Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, fait toujours de la résistance à l'ouverture le dimanche © Wikimedia Commons

Emmanuel Macron a encore du travail pour convertir les maires, y compris dans son propre camp, de laisser les magasins ouvrir le dimanche. La loi qu'il a fait adopter prévoit 9 dimanches dès 2015, et 12 dimanches par la suite. Une ville est bien connue pour faire de la résistance à l'ouverture le dimanche : Nantes, dont le maire était un certain Jean-Marc Ayrault, le prédécesseur de Manuel Valls à Matignon. Il n'autorisait aucune ouverture, alors que la loi lui permettait de laisser les magasins ouvrir 5 dimanches par an. L'an dernier, pour la première fois, la maire de la ville qui lui a succédé, Johanna Rolland, acceptait l'ouverture de deux demi-dimanches après-midi, avant Noël. Et uniquement en centre-ville, la périphérie et notamment les galeries commerciales des grandes surfaces n'étant pas dans le dispositif. 

Deux dimanches après midi

Pour 2015, selon Ouest-France, les débats ont repris entre les différents lobbies, la Chambre de commerce, qui soutient les ouvertures, les petits commerçants de centre-ville, via l'UPA, qui refuse toute ouverture de leurs concurrents des galeries commerciales en périphérie, le syndicat patronal, qui est pour, et les syndicats de salariés, qui sont eux-mêmes divisés. La maire veut maintenir le même schéma que l'an dernier, à savoir deux dimanches après-midi avant les fêtes, et veut un accord de toutes les parties, sans quoi elle refuserait tout simplement toute ouverture le dimanche. 

Pas de bilan global de la loi...

La Chambre de commerce avait pourtant dressé un bilan positif de ces ouvertures et une association de commerçants avait même indiqué que 86 % des commerçants ouverts étaient safisfaits des deux demi journée d'ouverture accordées. On est bien sûr très loin des possibilités que la loi Macron offre depuis sa promulgation en juillet. Il n'est pour l'heure dressé aucun bilan global du nombre d'ouverture accordées par les maires. A Paris, avec les zones touristiques internationales dont le décret vient d'être publié, le problème de la résistance des maires ne se pose pas. La maire, Anne Hidalgo, n'a pas son mot à dire, c'est le ministre qui décide. Sauf que les ouvertures sont conditionnées à des accords entre syndicats de salariés et de patrons. Mis à part pour les magasins de moins de 11 salariés où il suffira d'obtenir l'accord de la majorité des salariés et de ne pas sanctionner un salarié qui ne voudrait pas travailler le dimanche, pour pouvoir ouvrir...La loi Macron pour l'ouverture le dimanche, c'est tout simple. Ou presque...

 

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