La disparition du patron d’Esselunga relance les spéculations autour du distributeur italien

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Décédé le 30 septembre, Bernardo Caprotti, laisse un fleuron de la distribution italienne dans l’expectative. Fondateur et propriétaire de la très rentable chaîne de distribution italienne Esselunga, il avait entamé des discussions avec des fonds d'investissements en vue de la cession de sa chaine. Mais ses enfants pourraient réclamer chacun une partie de la fortune de leur père, ce qui complexifie la possible cession de l'enseigne.

La chaîne, l'un des plus rentables d'Italie, suscite des convoitises depuis longtemps. Son fondateur, qui avait toujours refusé d'être racheté par un concurrent, s'était tourné dernièrement vers des fonds d'investissement.
La chaîne, l'un des plus rentables d'Italie, suscite des convoitises depuis longtemps. Son fondateur, qui avait toujours refusé d'être racheté par un concurrent, s'était tourné dernièrement vers des fonds d'investissement.

Fondateur de la chaîne de supermarchés Esselunga en 1957 avec ses frères et l'homme d'affaires américain Nelson Rockefeller, Bernardo Caprotti est décédé à l’âge de 90 ans la semaine dernière. Sa disparition va relancer les interrogations autour de l’avenir de l’enseigne, réputée pour sa rentabilité, mais aussi pour le refus de Bernardo Caprotti de céder aux propositions de rachats de la part de concurrents. Il aurait ainsi refusé les avances de Walmart dans le passé.

L'entrepreneur avait certes entamé des discussions depuis plusieurs mois pour vendre la société, mais il souhaitait le faire auprès de fonds d'investissements, avec la demande très particulière de conserver le nom et l'activité sur le long terme. Les noms de CVC Capital Partners, Blackstone and BC Partners sont apparus dans la presse italienne, qui a évoqué une valorisation de 6 milliards d’euros pour Esselunga, quatrième distributeur du pays, implanté exclusivement dans le nord du pays. Mais la mort de Bernardo Caprotti laisse planer un doute sur la poursuite ou non de ces discussions.

Les enfants pourraient réclamer une partie de l'héritage du fondateur

Et au-delà de ces considérations économiques, l’avenir d’Esselunga comporte une dimension familiale particulière. Bernardo Caprotti avait un fils et deux filles. Giuseppe et sa soeur Violetta, les deux ainés, avaient intenté une action en justice contre leur père, mettant en avant le fait  qu'il avait illégalement récupéré des titres d'une fondation en leur nom en 2011. La justice a donné raison au père, mais une procédure d'appel est en cours. Ce qui signifie que Giuseppe (qui annonçait il y a quelques mois refuser de vendre le groupe) et Violetta pourraient prétendre à quelque 33% du patrimoine de leur père. Marina, issue d’un deuxième mariage de Bernardo Caprotti, siège au conseil d'Esselunga. La presse rapporte que malgré une excellente conduite des affaires, il a été reproché à Bernardo Caprotti d'avoir géré l'entreprise comme un patriarche familial et de ne pas avoir formé de successeur.

Autant dire que l’avenir d’Esselunga devrait prendre un certain temps pour se décanter. Le chiffre d’affaires de l’entreprise est de 7,3 milliards d’euros environ (en croissance de 4,3% en 2015, le double de la moyenne italienne), et la rentabilité est l’une des meilleures du secteur, avec un résultat net de 4,9% et un chiffre d’affaires au m² de 16 000 euros. Selon une étude de Mediobanca, les ventes par mètre carré d'Esselunga sont plus de trois supérieures à Carrefour et Auchan Italie et plus de deux fois supérieures au leader Coop. Selon Natixis, la grande peur des concurrents était que, dans un marché très émietté, Esselunga se rapproche de Mercadona pour former un groupe méditerranéen. "Mais le fait que des fonds d’investissements puissent nouer un accord avec la famille serait le meilleur scenario pour la concurrence. Cependant, toutes les options restent ouvertes" tempère la branche analyse de la banque Natixis.

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