La distribution mise sur la formation

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ÉTUDE - Les secteurs du commerce et de la distribution jouent pleinement la carte de la formation professionnelle. Leur priorité est d'adapter les salariés aux exigences de leur poste de travail, tandis que ces derniers voient plutôt dans la formation une occasion d'évoluer.

Former plus sans dépenser plus, telle semble être la devise des directions de ressources humaines ! Alors qu'une nouvelle réforme se profile, une enquête réalisée en octobre par l'Observatoire Cegos montre que les entreprises ont parfaitement intégré les enjeux de la formation... tout en veillant à la maîtrise de leur budget. À commencer par celles du commerce et de la distribution qui ont consenti de loin le plus gros effort, après celles du secteur banque-assurance : 64 % d'entre elles déclarent avoir augmenté le volume des heures consacrées à la formation professionnelle depuis 2005, avec un budget stable ou en diminution pour plus d'une entreprise sur deux.

Les salariés apprécient eux aussi la formation et en constatent les bénéfices. Ils sont même un sur trois à se dire prêts à se former en totalité sur leur temps de repos ! Pour eux comme pour leur DRH, les dispositifs existants favorisent le développement des compétences, bien que chacun assigne des objectifs différents à la formation : celle-ci est pour 74 % des DRH un moyen d'adapter les salariés aux exigences de leur poste, tandis que 90 % des salariés y voient d'abord une opportunité d'évolution.

Des dispositifs mal connus

Autre constat, les salariés n'ont qu'une vague idée des dispositifs existants. Le plan de formation, en place depuis plus de trente-cinq ans, serait même le plus mal connu... L'étude révèle que les salariés ne sont que 37 % à s'estimer suffisamment informés. Malgré ce que pensent les responsables de ressources humaines, la communication s'avère inefficace. La connaissance des dispositifs progresse toutefois avec la catégorie socio-professionnelle, passant de 30 % pour les ouvriers à 68 % chez les cadres. « Cette carence reproduit les inégalités d'accès constatées avant la réforme de 1981, souligne Mathilde Bourdat, responsable Cegos de l'offre management de la formation. Les salariés ont pris conscience que leur meilleure ressource était eux-mêmes, mais encore faut-il qu'ils soient orientés. »

Le droit individuel à la formation (Dif) semble néanmoins à peu près connu : 48 % des salariés interrogés en ont entendu parler, 28 % disent connaître précisément le dispositif et 83 % pensent qu'il va leur apporter des possibilités d'évoluer. Les demandes de Dif dans la distribution sont toutefois légèrement inférieures à la moyenne : 10 %, contre 15 % pour l'ensemble des secteurs. Si le taux d'acceptation des demandes est à peu près équivalent, il concerne des formations plus courtes : environ treize heures, contre dix-sept heures trente pour la moyenne des secteurs. Bien que perçu comme un outil au service du parcours professionnel, il reste sous-utilisé. Seuls 16 % des salariés avaient l'intention de l'utiliser en 2008. « Ils peinent à formuler un projet précis et ne sont que 28 % à savoir ce qu'ils veulent en faire », reconnaît Mathilde Bourdat.

Intégrer le Dif dans une réflexion plus large

Côté employeurs, on note une certaine défiance par rapport au Dif : 67 % des DRH de la distribution pensent que les salariés vont l'utiliser pour développer des compétences transversales en bureautique ou en langues, par exemple, alors que ces derniers souhaitent avant tout renforcer leurs compétences : 63 % veulent se professionnaliser dans leur métier actuel (35 %) ou futur (28 %). « À l'exception des sociétés de l'agroalimentaire et du textile, les entreprises n'ont pas intégré le Dif dans une réflexion globale et le traitent au cas par cas », remarque Mathilde Bourdat. Sur ce point, le commerce-distribution reste à la traîne...On s'aperçoit aussi que l'entretien professionnel répond mal aux attentes des collaborateurs. Alors que 62 % des salariés interrogés se rendent à ce rendez-vous chaque année, 17 % seulement considèrent qu'il permet d'exprimer leurs attentes en formation.

« Les salariés sont attachés à l'entretien annuel, puisque 31 % affirment qu'il contribue à leur motivation, mais ils sont déçus. On parle d'introduire d'autres entretiens, à mi-carrière notamment, encore faudrait-il déjà que celui-ci fonctionne bien », souligne Mathilde Bourdat. Malgré tout, salariés et DRH semblent satisfaits du système de formation actuel. Ce qu'attendent d'abord les DRH, c'est une simplification des relations administratives avec les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA). Quant aux salariés, plus d'information pourrait améliorer leur accès aux dispositifs. « Cela passe sans doute par une plus forte implication des managers dans les process RH, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui », constate Mathilde Bourdat.

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Article extrait
du magazine N° 2071

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