La FCD propose 5% d’augmentation du prix du lait de consommation

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Les grandes enseignes, Auchan, Carrefour, Casino, Cora et Monoprix annoncent accepter une augmentation du prix du lait de 5%, soit de 2 centimes, pendant trois mois, juste avant la grande réunion qui se tiendra au ministère de l’Agriculture à Paris sur la crise du lait.

Jacques Creyssel
Jacques Creyssel© DR

C’était prévisible. Les grandes enseignes de la FCD – qui comptent également dans ses rangs les hard discounters – vont accepter une augmentation des tarifs du lait de consommation de 5%, soit 2 centimes par litre de lait. "Les enseignes de la distribution s’engagent pour les éleveurs laitiers", indique un communiqué. Il paraissait difficile qu'elles arrivent les mains vides lors de la rencontre tripartite au ministère.

Engagement de reverser l'intégralité...

L’augmentation envisagée est toutefois "exceptionnelle" et limitée dans le temps, à savoir pendant trois mois. La FCD, que dirige Jacques Creyssel, affirme que cette proposition s’ajoute à d’autres hausses déjà acceptées par les enseignes. "Les enseignes de la distribution n’achetant pas directement aux producteurs, les industriels du lait devront s’engager à reverser l’intégralité de cette hausse à leurs fournisseurs, éleveurs laitiers, pour l’ensemble des marques y compris les marques nationales. Pour ce faire, les industriels devront mettre en oeuvre une totale transparence de leurs marges".

Demande d'avis favorable de l' Autorité de la concurrence

Les enseignes semblent poser d’autres conditions. "Afin de permettre son effectivité, cette hausse exceptionnelle devra faire l’objet d’un engagement signé par tous les acteurs de la filière auprès des ministères de l’Agriculture et de l’Economie ainsi que d’un avis favorable des autorités chargées de la concurrence. Les enseignes de la FCD montrent ainsi leurs capacités, par des engagements volontaires, à renégocier et prendre en compte les situations conjoncturelles de leurs partenaires".

Une pierre dans le jardin de Xavier Beulin

L’Autorité de la concurrence et les pouvoirs publics vont-ils répondre à cette demande expresse? Et la hausse de tarifs serait-elle abandonnée en cas de fin de non recevoir? Ces questions seront sans doute abordées dans l’après-midi.  La FCD demande enfin une "contractualisation" entre les producteurs d’aliments du bétail et les éleveurs, "pour éviter les effets de la volatitilité". Une pierre dans le jardin du président de la FNSEA, Xavier Beulin, patron de Sofiproteol qui détient le groupe d’aliments Sanders, et qui peine visiblement à mettre en place le fameux fonds des céréaliers pour venir en aide aux éleveurs.

Positions similaires de Leclerc et la FCD

Michel-Edouard Leclerc avait accepté la semaine dernière sur son blog une augmentation des tarifs, avec des contraintes à peu près similaires à celles qu’exige la FCD, à savoir une augmentation générale mais sous la protection juridique des pouvoirs publics pour éviter les risques de sanction pour entente. Une exigence que les ministères auront sans doute du mal à accepter. Quant à l’Autorité de la concurrence, elle revendique une indépendance qui pourrait ne pas correspondre aux exigences des enseignes.  

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