La filiale belge de la Fnac se met à la diète

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Confrontée à la concurrence de MediaMarkt, l'enseigne culturelle a terminé 2004 sur une perte. Elle prévoit des licenciements et un gel des salaires.

Fnac Belgique a terminé l'exercice 2004 en perte. Même si le montant n'a pas été divulgué, il a été considéré comme un signal suffisant pour mettre en place un plan de relance de l'entreprise. « Les dernières années ont toujours été bénéficiaires, explique Ann De Heyn, porte-parole de l'enseigne en Belgique. Nous estimons que si nous ne revoyons pas notre structure de coûts, la situation pourrait vraiment s'aggraver au cours des prochaines années. » C'est là une épine dans le pied du nouveau di- recteur, le Français Yves Lagier, qui a quitté la direction de la région Ouest de la France pour remplacer, en janvier, Patrick Salomon, parti diriger la filiale grecque.

Le plan s'articulera donc en deux volets : commercial et social. Actuellement, c'est surtout le second qui retient l'attention. Le management a en effet prévu le départ de 25 personnes sur les 820 salariés actuels et un gel des salaires. Et la société est, depuis cette annonce le 20 mars, sous la menace d'un préavis de grève pour le début du mois d'avril. « Les salaires que nous pratiquons sont 15 % plus élevés que la moyenne du secteur, explique Ann De Heyn. Leur évolution, quelle que soit la fonction exercée, n'est basée que sur l'ancienneté. Nous voulons aussi pouvoir passer, dans certains cas, à un système de rémunération selon le mérite. »

L'adaptation nécessaire

Pour la Fnac, la situation économique n'est plus jugée assez bonne pour pouvoir vivre de cette façon. « Le disque ne se porte pas bien, et les DVD, s'ils réalisent de très bons scores, se vendent avec des marges très faibles », poursuit la porte-parole. De plus, l'enseigne culturelle doit faire face, depuis quelques années, à une concurrence accrue. La pression, qui a démarré avec l'arrivée de Car- refour, a pris un tour beaucoup plus menaçant depuis que Media Markt, la chaîne d'électrodomestique et de produits d'édition du groupe Metro, s'est installée en Belgique, en 2003. En mai 2004, l'enseigne allemande a ouvert un point de vente de 5 000 m2 en plein centre de Bruxelles (rue Neuve), soit juste à côté de la plus importante succursale belge de la Fnac. Pour résister, cette dernière a dû aligner ses prix sur la concurrence. Mais sans adapter les salaires, elle craint de ne pas pouvoir continuer à ce rythme.

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Article extrait
du magazine N° 1900

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