La filière avicole française de nouveau secouée par la grippe aviaire

Sur le point de recouvrer un statut indemne d’influenza aviaire exigé par certains pays tiers, la France voit ses projets à l’export de volailles et foie gras contrariés pour une période d’au moins quatre mois.

Foie gras

La présence d’un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 détecté dans une exploitation de  canards  située dans la commune d’Almayrac dans le Tarn a été confirmée le 1er décembre 2016. Il s’agit d’un virus particulièrement agressif,  dont la propagation est liée aux migrations des oiseaux sauvages actuellement en cours. Près de 76 cas ont déjà été détectés, principalement en Europe de l’est.

« Ces nouveaux cas ne présentent aucun lien avec l’épisode survenu  l’an dernier dans le Sud-Ouest de la France », tient à rappeler le Ministère de l’agriculture dans un communiqué de presse.

Ils n’en contrarient pas moins l’industrie avicole française dans ses projets à l’export. C’est en effet le 3 décembre 2016, seulement deux jours après la confirmation de ce foyer, que la France devait théoriquement recouvrer son statut indemne d’influenza aviaire afin de pouvoir exporter de nouveau vers un certain nombre de pays tiers.

Après la confirmation de ce foyer dans le Tarn, l’ensemble des canards de l’exploitation vont être abattus et le site complètement nettoyé et désinfecté. Une opération qui peut durer près d’un mois et à l’issue de laquelle, l’Office international des épizooties (OIE) impose un délai de 90 jours avant de permettre à la France de recouvrer son statut indemne d’influenza aviaire.

Une mauvaise nouvelle pour la filière française du foie gras déjà durement touchée par l’épizootie d’influenza aviaire survenu fin 2015 et qui a entraîné une chute des volumes de production de près de 25%. Pour exporter du foie gras en dehors de l’Europe, certains pays tiers comme le Japon exigent de la France un statut indemne et ne reconnaissent pas la « régionalisation » des maladies animales. D’autres Etats comme Singapour acceptent de laisser entrer du foie gras à condition qu’il ne vienne pas d’une région touchée par l’influenza aviaire.

En 2015, année encore  normale  pour la filière du foie gras, l’export représentait 110 M€, dont 50 M€ au sein des pays tiers. Avant la crise, le Japon représentait le premier client à l’export de la filière française du foie gras.

Pour les volailles de chair, il s’agit également d’une mauvaise nouvelle. Selon la Fédération des industries avicoles (FIA), toutes volailles confondues, l’export représente 680 M€. La FIA ne dispose pas d’évaluations précises sur les pertes occasionnées en 2016 par la fermeture de certains pays tiers. L’Arabie Saoudite, gros client de la France pour les volailles de chair, n’a pas fermé ses frontières et reconnaît la régionalisation des maladies animales. Mais ce n’est pas le cas du Japon, de la Chine ou encore de l’Afrique du Sud qui, selon la Fia, constituent des destinations importantes.  Tout comme certains pays d’Afrique comme le Congo et le Bénin qui représentent des débouchés importants pour certains marchés spécifiques (poules de réformes et certaines pièces comme les ailes et les croupions)

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