La filière meuble demande un déblocage partiel des PEL pour relancer le secteur

Les professionnels estiment que le déblocage d'une partie du plan épargne logement (PEL) pour financer l’achat de meubles permettrait d’injecter 1 milliard d’euros de pouvoir d’achat dans le secteur sans rien coûter à l’Etat ni aux banques. Une mesure qui devrait être discutée dans le cadre de la loi Macron.

Le déblocage des PEL pour relancer les ventes de meuble ? L'idée va en tout cas être défendue par la filière auprès des pouvoirs publics
Le déblocage des PEL pour relancer les ventes de meuble ? L'idée va en tout cas être défendue par la filière auprès des pouvoirs publics© DR

Le marché du meuble s’achemine vers sa troisième année consécutive de recul, avec une remarquable constance : -3% en 2012, -3% en 2013, et vraisemblablement -3% en 2014. Pour tenter une relance, les fabricants et distributeurs comme Ikea, But ou Gautier demandent à l’Etat un coup de pouce, et la possibilité de débloquer une partie du plan épargne logement (PEL) pour financer l’achat de meubles. Cette demande, déjà évoquée sans plus de détails fin août, doit toutefois convaincre Bercy, ce qui n’est pas encore chose faite. "Le PEL devient un produit de placement qui s’éloigne de sa vocation première. Nous voulons aller de l’acquisition d’immeuble vers l’acquisition de meuble. Très clairement, nous souhaitons la réorientation de l’épargne vers la consommation", souligne Didier Baumgarten, président de la Fédération française du négoce de l'ameublement et de l'équipement de la maison.

Une mesure "peu coûteuse et efficace"

L’encours total des PEL en France représente environ 200 milliards d’euros. Et selon les calculs de l’Institut de prospective et d’études de l’ameublement, ce déblocage pour acheter des meubles permettrait de capter un peu plus d’un milliard d’euros. Un montant négligeable à l'échelle des PEL, mais qui représenterait un très sérieux coup de pouce correspondant à 12% du marché de l’ameublement. Cette idée destinée à redonner de l’allant au secteur avait déjà été appliquée avec un certain succès dans les années 80, pour aider à financer les achats de cuisine. Aujourd’hui, la filière a évoqué un maximum de 10 000 euros qui pourrait être débloqué par PEL, pour acquérir du meuble (salle de bain, cuisine, literie, etc…), la décoration, le luminaire ou l’électroménager n’étant pas concernés.

Un amendement à la loi Macron

Un amendement à la loi Macron devrait être déposé pour tenter d’y inclure une telle mesure, des discussions étant en cours avec des parlementaires et le ministère des Finances. Pour appuyer leur demande, fabricants et enseignes mettent en avant le fait que cette mesure ne coûtera pas un seul euro à l’Etat, et permettra aux banques de verser un peu moins d’intérêts au vu des sommes débloquées. Si la mesure est  acceptée, la filière indique qu’une grande campagne de communication sera menée. "En Italie, un système de crédit d’impôt lié aux rénovations a permis de pousser les ventes de meubles. Les magasins ont évalué l’impact positif de cette mesure à 8% sur l’activité, pendant une vingtaine de mois. Cela a agit comme un déclencheur", a indiqué à titre d’exemple David Soulard, le directeur général de Gautier.

Ci dessus, le message de David Soulard (Gautier) au ministre Emmanuel Macron envoyé sur Twitter

1 commentaire

Philippe P

20/11/2014 16h51 - Philippe P

Excellente initiative de débloquer les #PEL pour soutenir la filière des distributeurs et industriels du secteur. @EmmanuelMacron #bercy

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Email obligatoire

Email incorrect

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Recevez chaque semaine toute l'actualité des marchés, des distributeurs et des fabricants Bricolage, Jardinage et Ameublement.

Ne plus voir ce message