Marchés

La filière volaille appelle le gouvernement au secours

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LÉGISLATION - LOIS Le Comité de liaison de la filière volaille, qui comprend notamment la Confédération française de l’aviculture et la Fédération des industries de l’aviculture (abatteurs et transformateurs) demande au gouvernement d’agir pour sauver la filière en difficulté, après différentes réunions sous l’égide du délégué interministériel de l’agroalimentaire, Alain Berger, missionné pour un plan d’action.

La filière volaille attaquée par les importations
La filière volaille attaquée par les importations

« La situation s'est dégradée depuis trois ou quatre mois sous la pression de l'industrie allemande, indique Christian Marinov, directeur de la CFA. Elle nous concurrençait en France jusqu'alors avec des produits transformés, mais elle arrive désormais avec des produits frais et des prix auquel on ne peut faire face en raison de la hausse de nos charges, qu'on ne peut répercuter à la distribution. Celle-ci nous dit qu'elle peut s'approvisionner partout en Europe, aux Pays Bas ou en Allemagne. Et la remise en cause des restitutions (subventions) au niveau communautaire nécessiterait au moins de la part des pouvoirs publics de nouveaux outils de promotion à l’exportation. La France doit conserver sa volonté exportatrice ». En effet, les subventions européennes ont été divisées par deux et sont appelées à disparaître dans le futur, touchant notamment les entreprises Doux et Tilly Sabco. Charles Doux a indiqué rla semaine dernière que l’entreprise saurait s’adapter à la situation, mais Doux a décidé de payer moins les éleveurs de volaille qui le fournissent.

Des aides pour la dinde et éviter l'écotaxe

Du coup, le Comité de liaison demande à nouveau une répercussion de la hausse du prix des aliments dans les prix de la volaille à la distribution et à la consommation, et demande à l’Etat d’être le « garant de relations commerciales équilibrées », non seulement avec la grande distribution comme il est de tradition mais aussi avec la restauration collective. Le Comité demande également des aides, notamment pour le secteur de la dinde qui paraît actuellement le plus touché, veut éviter l’écotaxe dont le montant va encore pénaliser le secteur (le projet de loi a déjà été adopté par le Sénat et vient en première et dernière lecture à l’Assemblée nationale à la fin du mois), et demande de rendre obligatoire les mentions d’origine pour « les produits transformés crus et les plats cuisinés ».

Crise sans précédent dans la filière

Les filières animales traversent une crise sans précédent du fait d’une perte de compétitivité industrielle par rapport à l’industrie allemande et celle des pays du Nord, comme l’a rappelé récemment Hubert Garraud, président du pôle animal de Coop de France, qui appelle de son côté à un partenariat avec la grande distribution pour réduire les coûts. Mais les producteurs et les industriels veulent aussi que le gouvernement mette la main à la poche pour faire face « à la situation d’urgence, appelant aux plus hautes autorités et notamment le Premier ministre pour que des décisions soient prises dans les prochains jours. »

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