La Fnac a-t-elle une chance face à Deezer ?

|

La Fnac vient de lancer Fnac Jukebox, un service de streaming musical concurrent de Deezer et Spotify. Une arrivée tardive sur un secteur déjà bien encombré...

Si son enseigne n’est pas concernée, Alexandre Bompard est à coup sûr favorable au travail le dimanche. C’est en effet hier que le patron de la Fnac a tweeté pour lancer le nouveau service de streaming musical de l’enseigne baptisé Fnac Jukebox:

 


Du streaming musical? Un site équivalent de Deezer ou Spotify qui permet d’écouter en ligne toute la musique que l’on souhaite mais sans télécharger de fichier. Différence notable avec les sites mentionnés, pour accéder au Fnac Jukebox il faudra payer: 2 euros par mois pour accéder à 200 titres choisis par l’utilisateur (sélection renouvelable tous les mois), 4,99 euros pour y accéder en illimité sur son ordinateur et 9,99 euros pour la formule tout compris avec la version mobile. Pour ce prix, l’utilisateur pourra accéder via l’ensemble de ses devices (ordinateur, tablette, smartphone…) au catalogue Fnac qui contient "des millions de titres" précise le communiqué le tout avec une qualité de son haut de gamme puisque l’encodage des titres est en 320 kb/sec quand les concurrents ne proposent cette qualité que pour un nombre limité de titres.

Sur le papier la Fnac arrive avec une offre qui parait être de qualité… mais sur un marché déjà fort encombré. Ses concurrents, nombreux, bénéficient d’une antériorité  que l’enseigne d’Alexandre Bompard aura bien du mal à rattraper.

Pour info:

Le français Deezer c’est 5 millions d’abonnés payants dans le monde.

Le suédois Spotify, leader mondial du secteur, en affiche lui 30 millions.

Et c’est sans compter les nombreux autres concurrents comme Google Play Music (accessible en France en illimité depuis août dernier), Beats Music (qui dispose d’un algorithme intelligent qui propose des musiques susceptibles d’intéresser l’utilisateur), Rdio (qui propose sans doute la plus belle interface), Qobuz (qui propose déjà du streaming en 320 kb/sec), Napster… Sans même parler des rumeurs concernant l'arrivée prochaine d'Amazon sur le marché.

Dans ce contexte, quelles sont les chances de la Fnac de s’imposer ? Elles sont plutôt faibles il faut bien l’avouer. Les sites déjà présents sont bien implantés, disposent de catalogues conséquents (plus de 20 millions de titres en moyenne) et ont pour la plupart des contrats avec les opérateurs mobiles qui proposent des abonnements à ces sites avec leurs forfaits. Pourquoi dès lors changer de service si Deezer ou Spotify me convient déjà ? "Pour une offre grand public", répond la Fnac, à savoir son abonnement "low cost" à 2 euros par mois. Problème: outre le fait que cette offre est très limitée (à peine 200 titres écoutables), elle est un peu paradoxale. D’un côté l’enseigne propose un service avec une haute qualité de son (320 kb/sec) de l’autre elle veut se distinguer avec une offre low cost… Positionnement qui plus est contradictoire avec l’image de marque de l’enseigne plutôt haut de gamme lui aussi.
Fort de ce constat, on serait tenté de ne pas donner très cher de l’avenir du service Fnac Jukebox.

Mais il convient néanmoins de relativiser. D’abord l’enseigne mise sur la force de frappe de sa marque et de son réseau pour pousser son offre. Elle va ainsi proposer des cartes et coffrets cadeaux en magasin pour faire connaitre son service. Elle pourrait à l’avenir proposer des offres intéressantes pour les porteurs de cartes (qui sont tout de même près de 3,5 millions en France). Dernier point: si l’offre de la Fnac parait arriver très tardivement, il faut savoir que le marché du streaming musical en est encore à ses balbutiements en France. S’il y a dans l’Hexagone 1,4 million d’abonnés à ces sites, c’est essentiellement via des offres de téléphonie mobile. Il n’y a que 500.000 abonnés français aux sites de streaming hors téléphonie mobile.   Le tout répartis entre Deezer, Spotify, Qobuz et les autres… Voilà de quoi relativiser le retard de la Fnac. Reste à savoir si la Fnac réussira à convaincre massivement le grand public de payer pour de la musique en streaming (chose que les sites actuels peinent, il faut bien l’avouer, à faire) quand aujourd’hui la majorité semble se contenter d’écouter de la musique gratuitement sur YouTube…
 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nos formations

X

Recevez chaque matin tous les faits marquants sur les stratégies digitales, omnicanales et e-commerce des distributeurs et sur les solutions technologiques conçues pour les accompagner.

Ne plus voir ce message