La Fnac prend Toulouse dans sa toile

L'enseigne phare du groupe Pinault-Printemps-Redoute renforce son emprise dans la Ville rose avec l'ouverture d'une Fnac Micro au sous-sol des Galeries Lafayette. Ses principaux concurrents : les grands libraires indépendants et les grandes surfaces de périphérie.

En ouvrant à Toulouse sa première Fnac Micro de province, l'agitateur culturel confirme l'intérêt qu'il porte à la Ville rose. L'enseigne est en effet déjà présente en centre-ville avec une Fnac multiproduit et une Fnac Junior, et vient d'obtenir l'autorisation d'ouvrir dans un centre de périphérie. « La Fnac Micro de Toulouse est un magasin test à double titre, souligne le directeur Thierry Simon. D'abord, parce qu'il est provincial, alors que la seule autre Fnac Micro est parisienne. Ensuite, parce que le magasin est implanté sur une maxisurface [1 800 m2 contre 700 m2 à Paris]. » En fait, le choix de cet emplacement relève à la fois de la stratégie et de l'opportunité.

« Installer une Fnac Micro à Toulouse apparaît logique », confirme Thierry Simon. Car la ville est dotée de deux pôles : l'un scientifique (aéronautique, espace, informatique, etc.), et l'autre universitaire (c'est la deuxième ville étudiante de France). Mais la possibilité d'ouvrir sur un site exceptionnel a aussi joué. En effet, les 1 800 m2 du nouveau magasin sont établis au sous-sol des Galeries Lafayette, rue d'Alsace-Lorraine, la grande artère commerçante de Toulouse. L'entrée se fait au rez-de-chaussée sur un espace de 200 m2, pris sur les Galeries Lafayette mais cloisonné et accessible par une porte bien distincte.

L'informatique personnelle et professionnelle

À ce niveau, se trouvent l'accueil de la Fnac Micro et le rayon téléphonie mobile, ainsi que les Palm et autres agendas. Un escalier et un ascenseur donnent accès au niveau -1 (1 600 m2) exclusivement dédié à la micro, hard et soft. Avec des espaces thématiques (portables, ordinateurs fixes, périphériques, etc.) qui combinent présentation des produits - en majorité en libre-accès - et tables multimédias dédiées aux animations organisées par les fournisseurs. « Nous visons une clientèle intéressée par l'informatique à titre professionnel (PME et PMI, professions libérales) et/ou personnel. En proposant une offre très étendue, voire la plus large possible dans certains domaines, comme les logiciels », explique Thierry Simon. Seules limites : quelques secteurs ont été réservés à la Fnac multiproduit située non loin, place Wilson.

« Notre rayon micro-informatique (400 m2) s'adresse à une clientèle grand public, familiale, et nous garderons l'exclusivité des consoles et de leurs jeux. Ainsi que des calculatrices scientifiques et de la téléphonie filaire, précise Patrick Bacchieri, directeur de la Fnac Wilson. Pour le reste, les deux magasins travailleront en partenariat, avec des prix harmonisés, et un SAV commun (possibilité d'échanger ou de faire réparer indifféremment dans l'un ou l'autre magasin). »

L'arrivée de Virgin de nouveau évoquée

Mais les conséquences de l'arrivée de la Fnac Micro pour la Fnac traditionnelle dépassent ce simple partenariat : en lui permettant de limiter la taille de son rayon informatique - « externalisé » en quelque sorte -, elle a facilité le redéploiement des autres secteurs. La toute récente extension de surface de la Fnac Wilson (de 3 400 à 4 000 m2) s'est ainsi traduite non seulement par un meilleur confort pour le client (allées plus larges, rayonnages plus aérés), mais aussi par une complète reconfiguration de la librairie, axée sur certains rayons phares. Comme la BD, transférée au fond du premier étage dans un espace plus favorable aux lecteurs qui s'y installent, et sur lesquels débouchait l'arrivée de l'escalator dans la précédente implantation ! Ou le nouvel espace universitaire qui regroupe les ouvrages de toutes les disciplines, jusqu'ici éclatés selon les thèmes. La plupart des rayons ont été réaménagés : l'espace home cinema (avec un canapé pour mieux profiter des démonstrations), l'auditorium, l'univers photo. Le Forum, pour les rencontres culturelles, a lui aussi été refait, transféré dans la partie ancienne du bâtiment avec ses murs en briques roses.

Autant d'atouts qui pourront peser lourd demain. Car, pour le moment, les seuls concurrents directs de la Fnac dans le domaine culturel sont les grands libraires indépendants (Castéla, Privat, Ombres blanches). L'arrivée de Virgin, plusieurs fois annoncée mais jamais concrétisée, fait encore l'objet de rumeurs (non confirmées par le groupe). On parle d'une implantation dans un ancien cinéma, quasiment en face de la Fnac Wilson !

En attendant, l'agitateur culturel continue de tisser sa toile autour de la Ville rose. En verrouillant la banlieue : la Fnac vient d'obtenir en CDEC l'autorisation d'ouvrir (sans doute fin 2001-début 2002) un magasin de 1 700 m2 dans le centre commercial de Carrefour Labège, à deux pas d'un des deux Cultura, qui, avec les Espace Culturel Leclerc, constituent sa principale concurrence de périphérie.
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Article extrait
du magazine N° 1701

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