La Fnac rachète bien Darty : un accord a été trouvé !

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La Fnac et Darty ont annoncé ce vendredi 6 novembre 2015 être parvenus à un accord sur les termes clés de l’offre de rapprochement. Une alliance qui permet aux deux spécialistes de la high-tech et de l'électroménager de devenir incontournables sur le marché français. Et de résister face à Amazon et Cdiscount, notamment. LSA fait le point sur les tenants et les aboutissants de ce rachat, avis d'expert à la clé.

Les groupes Fnac et Darty sont parvenus à un accord en vue de leur rapprochement ce 6 novembre 2015.
Les groupes Fnac et Darty sont parvenus à un accord en vue de leur rapprochement ce 6 novembre 2015.© Montage photo

C’est fait ! La Fnac rachète Darty. Les Conseils d’Administration du Groupe Fnac et de Darty plc ont annoncé ce vendredi 6 novembre 2015 avoir trouvé un accord sur les termes clés d’un rapprochement. "Les Conseils d’administration des deux groupes sont convaincus que l’offre envisagée bénéficiera aux deux sociétés et qu’elle représente une opportunité de création de valeur unique pour l’ensemble des actionnaires de Darty et de la Fnac", indique les deux entités dans un communiqué.

1 action Fnac pour 37 actions Darty

Plus concrètement, selon les termes de l'accord, les actionnaires de Darty pourront ainsi recevoir 1 action Fnac pour 37 actions Darty détenues. "Dans le cadre de cette offre, la Fnac offrirait aux actionnaires de Darty une alternative partielle en numéraire à hauteur d’un montant total maximum de 95 millions d’euros", selon le communiqué. Le groupe d'Alexandre Bompard a donc finalement accepté de compléter son offre avec un ajout de liquidités, en plus de l'échange d'actions... A la clôture de la transaction, les actionnaires de Darty détiendront au maximum environ 46 % du capital de la nouvelle entité.

Des raisons principalement économiques
"C’est un rapprochement qui a beaucoup de sens", déclare Guy-Noël Chatelin, associé du cabinet OC&C Strategy and Retail Consultant, cabinet de conseil en direction générale en Europe, spécialiste de la distribution. Avec un chiffre d'affaires combiné de 7 milliards d'euros, la Fnac et Darty pourront en effet accroître leur pouvoir de négociation auprès de leurs fournisseurs. Objectif : créer une direction des achats commune pour faire face à la montée en puissance des pure-players de l'e-commerce comme Amazon ou Cdiscount.
"Nous sommes sur des métiers (les produits technologiques et électroniques, ndlr) à faible marge. Ce rapprochement va permettre des synergies à l’achat, avec une puissance considérable et une amélioration de la compétitivité prix vis-à-vis des enseignes pure-player", explique Guy-Noël Chatelin. Selon l’expert, cela implique deux types de synergies possibles. Premier cas : le fait de massifier permet d’améliorer les conditions du faible, dans la catégorie de produit concernée, sans effet sur les conditions du plus fort. Deuxième cas : cela permet d’obtenir de meilleures conditions sur les produits bruns et gris où il y a un large recouvrement pour les deux marques.

Des synergies de service
Au-delà de l’alliance à l’achat, on peut également imaginer des synergies de services. Et sur ce point, la Fnac pourrait ainsi bénéficier de l’offre très poussée de Darty en matière de livraison, de dépannage et de SAV. "Darty dispose d’un outil qui apporte un vrai avantage concurrentiel", indique Guy-Noël Chatelin. Avant de poursuivre : "Lorsque vous achetez un téléviseur chez Darty, on vient vous la livrer, la poser et la mettre en service. A la Fnac, on peut vous la livrer, mais démontée…" Les clients de la Fnac pourraient ainsi bénéficier d’une vraie infrastructure de service. L’avantage de Darty ? Rentabiliser cette "usine" à services.

Pas de changement d’enseignes annoncé
Si c'est bien la Fnac qui rachète Darty, il n'est pas question, à date, de la disparition d'une enseigne ou de l'autre. Les deux seront bien conservées, précise le communiqué. D’aucuns considèrent d’ailleurs qu’un changement d’enseigne aurait été surprenant. "Je n’imagine pas que l’une des deux enseignes puisse disparaitre. Les modèles culturels sont trop différents", avance Guy-Noël Chatelin. Après un vrai travail de repositionnement de la Fnac par Alexandre Bompard et un gros travail de Darty depuis quelques années avec Régis Schultz, les deux enseignes sont parties pour une nouvelle aventure.
Prochaine étape : l’étude par l’Autorité de la Concurrence et/ou de la Commission européenne pour  valider le rapprochement ou demander d’éventuelles contreparties. Mais la tâche risque d’être ardue. Si la zone de chalandise est de l’ordre de 15 km dans l’alimentaire, elle est beaucoup plus large dans le non-alimentaire. Quid également de la partie e-commerce qui élargit les frontières ?

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