La Fnac relève le défi des objets connectés

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L’enseigne, depuis septembre dernier, propose des espacesde quelques mètres carrés réservés aux objets connectés dans ses magasins. Elle va maintenant plus loin en leur attribuant, sur 125 m² sur les Champs-Élysées, un flagship dédié.

Alexandre Bompard
Alexandre Bompard© © Lebedinsky/ FNAC

c’est au leader de donner le la. Donc, quand on parle d’objets connectés, à la Fnac… C’est dire si on attendait beaucoup de l’ouverture, ce lundi 30?juin, de son flagship justement dédié à ces objets si mystérieux. Et ce d’autant que les 125?m² consacrés à cet espace s’installent sur les Champs-Élysées, de plain-pied, au 74 de la célèbre avenue parisienne. On espérait donc du clinquant. Au moins être un minimum bluffé.

C’est, au contraire, assez classique. Quelque chose entre un The Kase amélioré et un Lick décevant. Le premier s’est fait l’expert des coques et autres accessoires de téléphones et tablettes. Le second, présenté le mois dernier à la Défense (LSA n°2 325), joue, lui, la carte de la haute technologie. La Fnac, en s’inscrivant dans une sorte de juste milieu, n’étonne pas. Ce qui ne veut pas dire qu’elle déçoit non plus.

Raison gardée

C’est qu’après tout, il faut se mettre à sa place. Y aller à fond sur les objets connectés, concept qui, il faut quand même le dire, n’évoque encore rien à personne ou presque, cela aurait été prendre un risque sans doute démesuré. Là où un Lick, qui a tout à construire pour installer sa notoriété, a raison d’en faire des tonnes – c’est son rôle que de faire « bouger » le marché – la Fnac, elle, se doit d’être prudente.

Et, assurément, elle l’est. À raison, sans doute. L’immense majorité des 125 m² de l’espace de vente est ainsi dédiée aux accessoires. C’est bien simple : un mur de coques et de protections pour smartphones nous accueille. Comme The Kase, on vous dit. La personnalisation en moins. Mais pour ce qui est du choix, pas de problème : la Fnac tient largement la comparaison. Une coque Jean Paul Gaultier à 19?€ ? C’est possible. Là-dessus, la Fnac fait le « job ». Et comme les marges, sur cette catégorie des accessoires sont plutôt intéressantes, elle aurait tort de ne pas le faire.

Le reste de l’espace, c’est-à-dire finalement plus grand-chose, est, lui, dédié vraiment aux objets connectés. En clair, à tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, grâce à des capteurs et à des logiciels embarqués, permet d’entrer en interaction intelligente avec leurs utilisateurs. La Fnac, dans son flagship, les classe en quatre catégories : santé & bien-être, montres, sports et, enfin, maison & loisirs. La signalétique paraît maligne, claire. L’offre jure un peu, en revanche. Pas tant par sa qualité, non. Plutôt par sa quantité. Disons que c’est assez pauvre, au final.

Usage à expliquer

Quelques exemplaires des montres connectées de Samsung ici, quelques autres de Jawbone là, et c’est à peu près tout… Le quoi, d’ailleurs ? Le bracelet Jawbone, une exclusivité présentée à la Fnac depuis juin?2013, petit concentré de technologie permettant de tout savoir sur ses rythmes de sommeil, les calories brûlées, le pouls ou le nombre de pas effectués dans une journée. Simple gadget pour certains quand d’autres, au contraire, frémiront de plaisir rien qu’à cet énoncé de ses capacités. Dans tous les cas, un usage à installer dans les mœurs. Donc à expliquer.

Les vendeurs conseillers sont évidemment là pour cela mais, pour autant, la vente en libre-service n’est ici que guère poussée. Pas sûr qu’un client lambda, entré ici par hasard, comprenne directement de quoi diable il peut bien s’agir. Un sacré frein à la vente, vous en conviendrez. On touche ici du doigt, d’ailleurs, la grande difficulté de ces marchés des objets connectés. Certes, un potentiel important, estimé à quelque 400?millions d’euros, rien qu’en France, par GfK. Mais, surtout, des marchés émergents. Donc fragiles. Guère aisément ­compréhensibles du grand public. Donc pas encore des « aspirateurs à clients ».

D’où cette prudence qu’on évoquait dans le merchandising de son concept, par la Fnac. Avoir raison trop tôt, c’est avoir tort. La Fnac a l’intelligence d’avoir compris l’importance de se positionner sur ce créneau « connecté ». On espère juste qu’elle se fera moins timide une fois le succès venu.

Jean-Noël Caussil

125 m²

La surface de vente, au 74, de l’avenuedes Champs-Élysées

4 ou 5 m²

L’espace jusqu’à présent allouéaux corners objets connectés dansles magasins Fnac

400 M €

Le poids, estimé,du marché des objets connectés en 2015 en France, contre64?millions d’euros en 2013

Sources : GfK et Fnac

« La Fnac doit être, demain, l’endroitoù l’on découvre toutes les nouvelles générations d’objets connectés. »

Alexandre Bompard,PDG de la Fnac

 

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Article extrait
du magazine N° 2328

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