La Fnac s'implante dans les principales villes italiennes

L'enseigne vient de signer un accord avec la chaîne de grands magasins Coin pour le développement de la Fnac dans la péninsule. Elle ouvrira six magasins en lieu et place des anciens Standa. François-Henri Pinault veut faire de l'Italie un de ses fers de lance à l'étranger.

Bonne opération pour la Fnac. Dès le printemps, l'enseigne ocre et blanc s'affichera en plein coeur de Milan, sur le fronton d'un ancien magasin La Standa. Alors que l'agitateur culturel cherchait depuis plusieurs mois à s'implanter au pays de Dante, négociant même, dit-on, avec Mondadori, il vient de signer avec le groupe Coin l'acquisition de six emplacements, dans le centre-ville de Milan (2), Gênes, Padoue, Naples et Vérone. Des magasins de 2 500 m2 en moyenne. Trois autres sont en négociation, ce qui porterait à neuf le nombre total de points de vente en 2003. Quand on sait que le principal intérêt de La Standa, résidait dans la qualité de ses emplacements de centre-ville, on se dit que la filiale de PPR n'a pas choisi le plus mauvais cheval.

« Avec ces nouvelles ambitions, la Fnac accélère son développement international et s'implante dans un pays où le marché est des plus porteurs et des plus prometteurs. L'Italie est appelée à devenir très rapidement, par ses potentialités en matière d'implantations et de chiffre d'affaires, la première filiale de la Fnac à l'étranger. Notre arrivée fera du bien au secteur tout entier. Comme au Portugal, où nos magasins ont fait progresser le marché de

10 %, explique François-Henri Pinault, président de l'enseigne, dans le quotidien " Sole-24

Ore ". Nos prix seront alignés sur ceux pratiqués dans la grande distribution. »

Une formule inédite dans ce pays

Il n'existe pas d'équivalent à la Fnac dans la Botte. Les Italiens vont encore massivement chez le disquaire, le libraire ou le photographe pour s'équiper. Dans un marché de la culture encore fragmenté, seule la grande distribution offre livres, disques, vidéo ou appareils photo sous un même et unique toit.

Giuliano Vigini, directeur de Editrice Bibliografica, l'équivalent du cercle de la librairie, concède que l'arrivée du français « est dans le cours des choses, car notre pays a été jusque-là un peu ignoré par les éditeurs et ses grands distributeurs internationaux ». Le marché du livre génère en Italie un chiffre d'affaires de 15 milliards de francs (2,31 Mrds d'euros). Il a connu une croissance de 1,4 % entre 1997 et 1998.

Plusieurs chaînes émergent du lot : Feltrinelli-Ricordi, Rizzoli, Mondadori, Demetra, Librairie San Paolo. Les deux principales entreprises de presse et de produits éditoriaux, à savoir Rizzoli et Mondadori, ont tendance à agrandir leurs librairies et à enrichir l'assortiment. La seconde, notamment, a ouvert à Rome une mégalibrairie Mél qui rencontre un beau succès, car elle innove en proposant une gamme élargie de produits comme des « gadgets », des tee-shirts et des produits multimédias. La Fnac va simplement contribuer à l'accélération d'un processus de restructuration du secteur de la culture déjà en marche dans la péninsule.
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Article extrait
du magazine N° 1656

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