La Fnac se sent pousser des ailes

La filiale du groupe Pinault-Printemps-Redoute affiche des objectifs ambitieux pour les trois ans à venir. Elle projette des développements tous azimuts et vise un chiffre d'affaires de 30 milliards de francs en 2003, dont 1 milliard sur le Net.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : lors de son rachat par le groupe PPR en 1994, la Fnac réalisait 9 milliards de francs (1,4 Mrd EUR) de chiffre d'affaires. Six ans plus tard, ce chiffre a plus que doublé, dépassant les 19 milliards (2,9 Mrds EUR) à la fin de l'année. Et les ambitions de l'enseigne de produits culturels et de loisirs ne s'arrêtent pas là. « En 2003, nous visons un chiffre d'affaires de 30 milliards de francs (4,6 Mrds EUR) », vient d'annoncer son président, Jean-Paul Giraud. Un objectif que la Fnac compte atteindre en accentuant son développement autour de quatre axes : l'expansion en France, la conquête de marchés étrangers, une montée en puissance sur internet et la mise au point de nouveaux concepts.

L'implantation nationale de la chaîne, qui comptera 57 magasins dans l'Hexagone en décembre 2000, n'est donc pas terminée. « Notre potentiel de croissance en France tourne autour de 75 à 80 magasins dans les centres-villes ou les centres de vie », estime Jean-Paul Giraud. D'ores et déjà, cinq ouvertures ou extensions sont prévues l'an prochain : deux en région parisienne, mais aussi à Poitiers, Chartres et Annecy. À côté des grands centres urbains, l'enseigne aborde les villes moyennes avec un concept adapté à des surfaces plus faibles (à partir de 1200 m2 de surface de vente). « Nos résultats à Bourges sont très encourageants », se félicite Jean-Paul Giraud. Ces ouvertures s'appuient largement sur le nouveau système logistique de la Fnac (voir interview), qui conditionne pour une large part leurs perspectives de performances.

Accélération des ouvertures à l'étranger

À l'international, l'accélération des implantations de l'enseigne se fera encore davantage sentir. En 2000, la Fnac a ouvert - ou ouvrira - six magasins à l'étranger, mettant le pied pour la première fois en Italie et en Suisse. L'an prochain, neuf ouvertures sont prévues. Conséquence, si la part de l'international dans le chiffre d'affaires de l'enseigne flirtait avec les 9 % il y a cinq ans, elle atteint 17 % en 2000 et devrait peser 20 % de l'activité l'an prochain !

Sur la Toile, les projets de la Fnac aussi sont ambitieux. « Nous faisons la course en tête, se réjouit Jean-Christophe Hermann, de Fnac.com, et les synergies avec nos magasins se développent. Depuis sa création en décembre dernier, notre site, qui propose plus de 1 million de références, a reçu 1,1 million de visiteurs, et nous constatons un triplement des commandes depuis septembre. » D'ici à la fin 2000, cinq nouveaux services verront le jour, dont le principal - réplique directe à l'offensive d'Amazon en France - réside dans la livraison gratuite en 24 heures de tous les produits commandés. Sur trois ans, l'enseigne est prête à investir 300 millions de francs (45,7 M EUR) sur le site et espère atteindre son point mort en 2003.

Enfin, le distributeur compte bien poursuivre le développement de ses concepts spécialisés. Ainsi, le réseau Fnac Junior va lui aussi s'étoffer avec 9 ouvertures en 2000, qui portent à 18 le nombre de magasins. Ce concept sera en outre renforcé par l'arrivée, l'an prochain, d'un site web spécialement dédié aux moins de 12 ans. Pour les plus jeunes, la Fnac poursuit le développement de la société de vente à distance Éveil & Jeux, reprise en 1998 et dont le chiffre d'affaires a quadruplé en deux ans (400 MF en 2000, 61 M EUR).

Parallèlement, la Fnac rachète peu à peu les magasins franchisés du réseau Fnac Service. Enfin, l'enseigne est en phase d'observation et de modélisation du spécialiste de l'informatique Surcouf, racheté il y a six mois. À partir de 2001, deux nouveaux points de vente à cette enseigne, dont le magasin pilote affiche un chiffre d'affaires de 1,1 milliard de francs (167,7 M EUR), devraient voir le jour chaque année.

Adossée au groupe PPR, la Fnac se sent pousser des ailes et compte plus que jamais conforter son rang d'enseigne leader des produits de loisirs culturels. En dépit de « quelques nuages à l'horizon » de la consommation française, Jean-Paul Giraud estime avoir en main toutes les cartes pour atteindre ses objectifs. Les résultats de l'année 2000 devraient le conforter dans son optimisme : à périmètre constant, la croissance des ventes atteignait déjà près de 13 % à fin septembre et, sur l'exercice global, le chiffre d'affaires du groupe devrait croître de 23 % par rapport à l'an dernier.

Avec de tels résultats, l'équipe de Jean-Paul Giraud se sent de taille à gagner de nouvelles parts de marché. Que ce soit dans le « brick and mortar » face à Darty et Boulanger, ou dans le « click and mortar » face à Amazon.fr.
Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1695

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous