La Fnac surprend agréablement son monde avec ses résultats

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RÉSULTAT A quoi voit-on qu’un Pdg d’une entreprise cotée a réussi son grand oral ? A l’évolution du cours de Bourse, pardi. Celui de la Fnac, au jour de la publication des résultats annuels, a bondi de 9,5% en ce jeudi 27 février.

Le cours de Bourse a bondi de 9,5%.
Le cours de Bourse a bondi de 9,5%.© DR

Pour obtenir cela, une seule phrase aura finalement suffi à Alexandre Bompard, Pdg de la Fnac: "Nous renouons avec un ROC (résultat opérationnel courant) en croissance : +13%, à 72 millions d’euros."

Il aurait presque pu s’arrêter là : tout était dit. Et c’est vrai que, pour quiconque se penche sur l’historique des évolutions de ce ROC, l’avoir vu s’effriter, année après année, faisait mal au cœur. Enfin, au portefeuille surtout : 177 millions en 2010, 81 millions en 2011, 63 millions en 2012… On craignait le pire pour 2013. Ces 72 millions d’euros sont donc rassurants. Ambiance, hémorragie stoppée…

"Pas un aboutissement, un encouragement"

"Ce n’est surtout pas un aboutissement, mais un encouragement, insiste Alexandre Bompard. La Fnac est en mouvement. Elle s’adapte, elle innove, bref elle progresse. Tout cela doit être maintenant confirmé et consolidé dans la durée."

A vrai dire, ce travail de confirmation et de consolidation est peut-être le plus dur qui attend la Fnac. Car, avec 1,8% de taux de marge opérationnelle, le groupe n’a guère de marge de manœuvre. On est en effet bien loin du 4,1% de taux de marge de 2010, et ce petit 1,8% ne laisse guère de droit à l’erreur.

Il est, d’ailleurs, ce résultat opérationnel en croissance, largement dû à l’importante baisse des coûts consentie par la Fnac. Le groupe a en effet réalisé 55 millions d’euros d’économies en 2013. Soit parfaitement en ligne avec son plan visant un coup de rabot de 80 millions sur 2013 et 2014.

Des gains de part de marché durables

Cela s’est d’ailleurs notamment traduit, socialement, par la suppression, l’année dernière, de 180 emplois. Pour autant, la dynamique commerciale du groupe n’en a pas souffert, et c’est bien sûr primordial. Certes le chiffre d’affaires de la Fnac s’affiche, pour l’année, en baisse de 3,1% à taux de change constant, pour atteindre 3,9 milliards d’euros… mais « sur des marchés en moyenne en baisse de 10% par an depuis trois ans », ainsi qu’en témoigne Alexandre Bompard. Dans ces conditions, toute analyse portant sur l’évolution du chiffre d’affaires doit être prise avec des pincettes.

Ce -3,1%, qui vient après un -2,5% en 2012 et un -3,2% en 2011, est ainsi en réalité le signe que la Fnac fait nettement mieux que la concurrence. C’est, en soi, bon signe. Et c’est, surtout, confirmé par les gains de parts de marché : +0,6 sur les produits techniques, à 14,4%, et +0,5 point sur les produits éditoriaux, à 17,4%. « C’est notre troisième année consécutive de gains de parts de marché », souligne le Pdg.

Vers une inversion de la courbe

Mêmes éléments de satisfaction avec l’évolution de l’image prix. "L’inversion de tendance est sur ce point flagrant, avec une progression de l’image prix de la Fnac de 10 points depuis 2011", témoigne Alexandre Bompard. Soit, gains de parts de marché et image prix bien meilleure, deux piliers clés pour organiser la croissance demain.

Une croissance avec laquelle la Fnac a même réussi à renouer, au quatrième trimestre 2013. Une première depuis plus de trois ans : +0,6%, à taux de change constant pour le groupe. Ramené à nombre de magasins constants, on perd l’avantage de ce "+": -0,1%, mais ne faisons pas trop la fine bouche.

En France, l’évolution des ventes suit la même tendance même si, là, on a encore affaire à ce si délicat "-": -0,1% entre octobre et décembre, et même -0,9% à magasins comparables. Mais on avait laissé la Fnac en sévère recul de 4,2% sur les neuf premiers mois de 2013. Ce qui signifie, en clair, que l’inversion des courbes n’est pas loin. On en connaît d’autres qui ne rêvent que de cela...

 

 

 

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