La Fnac trouve un accord pour racheter Darty

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La Fnac a considérablement amélioré son offre de rachat de Darty PLC. Aux termes du nouvel accord trouvé entre les deux conseils d’administration, la valorisation de Darty est bonifiée de 140 millions d’euros par rapport au projet initial présenté fin septembre et portée à 856 millions d’euros (615 millions de livres). Surtout, la Fnac propose de rémunérer une partie de l’acquisition en cash et plus seulement en actions avec une enveloppe de 95 millions d’euros prévue à cet effet.

Alexandre Bompard, PDG de la Fnac, a considérablement amélioré l'offre pour racheter Darty proposant 140 millions d’euros de plus que le projet initial porté à 856 millions d’euros (615 millions de livres).
Alexandre Bompard, PDG de la Fnac, a considérablement amélioré l'offre pour racheter Darty proposant 140 millions d’euros de plus que le projet initial porté à 856 millions d’euros (615 millions de livres). © DR

A moins d’une semaine de la date butoir, fixée au 11 novembre 2015, pour déposer une offre de rachat formelle, les conseils d’administration des groupes Fnac et Darty ont annoncé, vendredi 6 novembre, avoir trouvé un accord sur « les termes clés d’une offre potentielle recommandée de la Fnac portant sur l'ensemble du capital émis ou à émettre de Darty. »

Une offre sensiblement améliorée

En fait, par rapport à son projet initial présenté le 30 septembre, la Fnac a considérablement amélioré son offre portant la prime pour l’actionnaire de 27 à 48 % de la valeur de l’action Darty au moment de l’annonce du projet d’acquisition. Si elle est conduite à son terme, l’opération valorisera les 100% d’actions Darty qui seront acquis par la Fnac à 615 millions de livres, soit 856 millions d’euros, près de 140 millions de plus que la première offre qui valorisait Darty à 720 millions d’euros quand l’entreprise en valait 515 millions en bourse fin septembre.

Une partie du paiement en cash

Surtout, l’acheteur a rajouté un élément qui semblait indispensable aux investisseurs anglo-saxons actionnaires de Darty, peu enclins à ne recevoir que du papier (1 action Fnac pour 37 actions Darty) dans une opération qui les verrait se retrouver au final actionnaire d’une entreprise française, cotée à Paris. Beaucoup trop exotique pour la palanquée de fonds qui a investi dans Darty et qui préfère de loin la place financière de Londres à celle de Paris. Pour convertir ces sceptiques, la Fnac a prévu une enveloppe de cash de 95 millions à se repartir au prorata des actionnaires qui souhaiterait sortir de Darty et ne pas prendre l’offre en actions. Sachant que 2 des principaux actionnaires de Darty PLC, le fonds activiste Knight Vink Asset Management qui détient 14,34% du capital et DNCA Finance SA (9,29%), ont annoncé leur intention de souscrire à 100% de l’offre en action, appuyant la stratégie prônée par la Fnac. A noter que ces 95 millions d’euros de numéraire ne feront pas l’objet de lignes de crédit supplémentaires, mais seront autofinancés par le cash excédentaire de la Fnac, forte « d’un bilan très solide ».

L’échéance du conseil de la concurrence

Il reste néanmoins encore pas mal d’étapes avant que le rachat de Darty (3,5 Mrds d’euros de CA en 2014/2015) par la Fnac et 3,9 milliards d’euros de CA en 2014  ne devienne effectif. D’abord le dépôt de l’offre formelle de la Fnac, avant le 11 novembre 5 heures de l’après-midi, ensuite les approbations des deux conseils d’administration. A priori des formalités. Mais enfin et surtout, l’examen de l’opération par les autorités de la concurrence, belges et surtout françaises. Sachant que cette dernière semble bien décidée à examiner ce rapprochement à la loupe. Bruno Lassere, le président de l’autorité de la concurrence française,  a ainsi confié à la tribune du dernier congrès de LSA sur les négociations commerciales son souhait d’intégrer dans le périmètre d’examen du rachat les activités e-commerce des 2 entreprises estimées à 585 et 525 millions d’euros de chiffres d’affaires pour la Fnac et Darty. "Nous verrons si nous devons en tenir compte dans le rapprochement de magasins en dur", a indiqué le plus haut magistrat de la concurrence en France.

Plusieurs mois encore avant la fusion

E-Commerce ou pas, à l’évidence le rapprochement devrait se traduire par des cessions de magasins. Les experts estiment qu’on ne pourra pas sortir de ce genre de fusion sans abandonner 5 à 10 % du parc. Certains évaluent déjà la « casse » à 15 ou 20 magasins. En tout cas, le verdict des autorités de la concurrence qui devrait prendre plusieurs mois est « suspensif » pour la suite de l’opération. Et s’il s’avérait trop lourd, il pourrait conduire à son abandon. Après cette étape, le projet doit de nouveau être validé par les conseils d’administration puis approuvé par les assemblées générales des deux groupes. Il reste du chemin avant de voir naître le nouveau champion de l’électrodomestique européen.    

En attendant, les bourses de Londres et de Paris ont salué la nouvelle offre. L'action Fnac se négociait à 60,94 euros vendredi 6 novembre en milieu d’après-midi, soit une hausse légèrement inférieure à 1%...  Quant à l’action Darty, elle grimpait de près de 10% à 1,50 euros…

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