La Fnac veut épater les Brésiliens

L'enseigne de PPR, qui convertit à ses couleurs un magasin Atica, mise sur les nouveautés techniques. Et a d'ambitieux projets de développement.

Sauf empêchement de dernière heure, c'est le 1er juin que l'enseigne Fnac a fait pour la première fois son apparition au Brésil. Au fronton d'un magasin Atica, une petite entreprise d'édition rachetée juste avant le début de la crise financière. « Nous aurions pu construire un magasin ex nihilo », explique Gérard de Sède, directeur international de l'agitateur culturel qui fait là ses premiers pas sur un marché lointain. « Mais ce rachat nous a fait gagner un an. Depuis juillet, date de l'arrivée de Pierre Courty à la tête de notre filiale, nous avons eu le temps de nous roder, explique encore Gérard de Sède. Et de former l'équipe d'Atica (240 personnes aujourd'hui) à l'esprit et aux méthodes de la Fnac. »

Dans la corbeille, le groupe français a trouvé, entre autres, un emplacement (8 000 m 2 dont 4 000 de vente) « exceptionnel » à Sao Paulo. C'est ce site qui a été converti aux standards de la Fnac. Car la filiale de PPR veut développer au Brésil des magasins avec les mêmes caractéristiques que ceux d'origine : 80 000 références en livres, 100 000 en disques, le tout sur 3 000 à 4 000 m 2.

L'enseigne a pris résolument le parti d'épater les Brésiliens, qui sont, malgré leur pouvoir d'achat, avides de nouveautés, en matière d'appareils photos et de TV numériques, vidéodisques DVD, caméscopes, etc. Pour s'acheter ce type de matériel, les Brésiliens les plus fortunés vont jusqu'en en Europe s'ils en ont les moyens ou à Miami. Car les usines locales comme celle de Philips n'offrent pas toujours les derniers modèles.

«Nous voulons vraiment apporter du neuf, explique Pierre Courty. Par exemple pour les caméscopes, le magasin le plus performant au Brésil aligne 6 références. La Fnac en propose plus de 30 » Une stratégie volontariste. Parce que les importations sont chères.

Un pays à fort potentiel

Mais la concurrence sur place est déjà vive. Ne serait-ce qu'avec Carrefour, leader des hypermarchés au Brésil. Il existe également des « Darty brésiliens », c'est-à-dire des chaînes spécialisées dans le brun et le blanc, avec des unités de 200 à 400 m 2 implantées dans des shopping centers : Casa Bahia (250 magasins,) Ponto Frio (235) ou Arrapuà (207). En outre, d'autres éditeurs qu'Atica ont en même temps des points de vente. C'est le cas de la société Saraiva.

Les deux autres points de vente récupérés avec Atica sont situés dans des centres commerciaux. Ils sont trop petits a priori pour accueillir tel quel le «module» Fnac, mais ils pourraient être spécialisés à l'image de la Fnac Bastille à Paris consacrée aux disques et à la vidéo.

Malgré les turbulences économiques et politiques du gouvernement Cardoso, le Brésil est un pays à fort potentiel pour la Fnac de part le nombre d'étudiants, la place des disques dans les achats « Je ne pense pas que l'on puisse faire moins de 10 magasins rien que sur la mégapole de Sao Paulo », note Gérard de Sède. Il est beaucoup plus simple qu'en France d'ouvrir un magasin. Il n'y a pas de CDEC.

En revanche, l'enseigne a du mal à trouver des grandes surfaces dans des centres commerciaux, le lieu de shopping le plus développé dans ce pays. Pour son expansion, la Fnac visera outre Sao Paulo, Rio et Curitiba, Porto Alegre, Campinhas, Brazilia. Le Brésil représentera par ailleurs une tête de pont vers d'autres pays du Mercosur : la Fnac a déjà un site en projet à Buenos Aires.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1633

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous