La FNPL (producteurs laitiers) lance un manifeste pour peser sur la Commission européenne

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Sans aides, la production laitière n’arrivera pas à traverser la crise, compte tenu des prix trop bas, selon Thierry Roquefeuil, président de la FNPL. Il lance un manifeste pour rassembler les producteurs européens afin de peser sur la Commission européenne. Et veut une modification de la LME dans la loi Sapin 2...

Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, cherche à résoudre la crise laitière
Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, cherche à résoudre la crise laitière

Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs laitiers, alerte une nouvelle fois les pouvoirs publics sur la situation des éleveurs, en lançant un “manifeste”, dont le but est de peser sur la Commission européenne, qui reste inerte à ses yeux face à la crise du lait. “Ca suffit, nous demandons que des mesures soient prises au niveau européen pour faire baisser la production et que des aides soient allouées aux exploitants pour faire face à la situation”.

Depuis le début de l’année, les volumes de production en Europe ne cessent de grimper, de 7 % en moyenne environ. Cet afflux continue de peser sur les prix, qui peuvent chuter, dans certains cas, jusqu’à 0,18 centimes d’euros le litre. Et les pays européens se livrent à une rude concurrence, l’Irlande, les Pays-Bas, le Danemark. “Grâce aux contrats laitiers, les volumes collectés en France sont stables, et l’Allemagne n’augmente plus sa collecte. L’Itale, la Belgique, la Roumanie entendent aussi nos arguments. Mais pas les Pays-Bas et le Danemark, parce que dans ces pays, on ne négocie pas avec des Etats, mais avec des entreprises en situation de monopole", ajoute Thierry Roquefeuil.  A savoir les coopératives Arla et Friedsland Campina.

Le prix “Lactalis

Les prix payés aux producteurs en France sont variables. La moyenne tournerait autour de 0,26 centimes le litre - “c’est le prix que paie Lactalis”, loin des 0,32 ou 0,33 payés par des PME de transformation laitière et loin des 0,34 € que souhaiteraient les producteurs. Aux extrêmes, dans les Aoc, le prix peut être payé jusqu’à 0,50 €, mais des “gens qui sont sortis de la collecte classique peuvent céder leur lait à 0,18 ou 0,20 centimes et cassent le marché”, a ajouté André Bonnard, secrétaire général de la FNPL.

La conférence de presse des deux dirigeants syndicaux a également été l’occasion de faire le point sur le “pacte laitier”, qui vise à engager la filière à mieux rémunérer le travail des producteurs. Un “satisfecit” est donné à la distribution. “Globalement, la grande distribution joue le jeu, le marché intérieur se tient bien, les volumes d’importation restent stables, le prix des MDD est correct. Notre  charte laitière a été signée majoritairement par les enseignes, mais très minoritairement par la transformation”. C’est peu de dire que les industriels ne sont pas séduits par ce “contrat”, même si le document ne parle pas de prix. Par ailleurs, que le groupe Sodiaal ait signé la charte ne donne pas pour autant totalement satisfaction à la FNPL. “Il y a un manque de transparence sur la formation du prix”.

La demande de transparence rencontre un écho

La FNPL exige du coup plus de transparence de la part des industriels, surtout Lactalis, les autres étant pour la plupart cotés en bourse. Et ses dirigeants font du lobbying auprès du rapporteur de la loi Sapin 2 pour y parvenir. D’abord en exigeant des entreprises laitières qu’elles publient leurs comptes. Affaire entendue, puisqu’elle arrange le ministre de Finances Michel Sapin, dans sa lutte contre l’optimisation fiscale - notamment les prix de transfert - , et Stéphane Le Foll, qui en tire un bénéfice pour son action dans la résolution des crises agricoles ! Une martingale imparable.

C’est plus compliqué, en revanche, pour ce qui concerne les négociations commerciales. La FNPL demande que “le prix payé aux producteurs fasse partie des éléments contractuels de la négociation entre les industriels et la distribution, afin que la distribution ne puisse pas demander des baisses de prix qui seraient répercutés sur le prix payé aux producteurs”, précise André Bonnard. “On ne demande pas le grand soir, on veut juste de la transparence, François Hollande et Manuel Valls s’y étaient engagés” ajoute Thierry Roquefeuil.  

Ce n’est pas gagné. A date, le projet de loi ne prévoit rien de tel - et les industriels s’opposent à toute négociation “tripartite” -producteurs, transformateurs, distributeurs”. Et de plus, il n’est pas sûr que la mention d’un prix dans la loi changerait grand-chose aux cours mondiaux du lait, qui restent en pleine déprime, et dont dépendent en grande partie les revenus des éleveurs laitiers. Les aides, seraient probablement plus efficaces - l’Allemagne vient d’ailleurs de débloquer 100 millions d’euros pour ses éleveurs. Mais l’Etat a déjà injecté beaucoup d’argent dans les filières animales et derrière chaque aide, il y a aussi un assujetti à l’impôt... qui va voter l’an prochain, lors de l’élection présidentielle !

 
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