Marchés

La FNSEA et Coop de France se mobilisent à nouveau sur les négociations commerciales

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Appuyés par quelques manifestations sporadiques de producteurs devant les grandes surfaces de l'Ouest, la FNSEA et Coop de France se mobilisent pour obtenir des hausses de prix lors des négociations commerciales en cours, via une lettre ouverte au ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, et à la grande distribution.  

Xavier Beulin

La lettre considère que la réunion du 21 novembre dernier au ministère de l'Agriculture, en présence de Stéphane Le Foll, Guillaume Garot (agroalimentaire) et Benoît Hamon (économie solidaire et consommation), n'a pas produit d'effets. "Cette réunion a permis de constater les difficultés des relations commerciales au sein de la filière alimentaire et de mettre en évidence l’extrême gravité de la situation des filières animales fortement impactées par les hausses des coûts de production, rappelle le communiqué. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a lui-même en conclusion, souligné l’urgence de trouver des solutions dans les secteurs de l’élevage, de la charcuterie et des volailles. Six semaines plus tard, l’urgence se fait plus que jamais sentir et les solutions ne sont pas là. Les négociations commerciales, qui se déroulent dans un contexte de grande tension, n’aboutissent pas". Des manifestations sporadiques dans l'Ouest devant des grandes surfaces de Leclerc ou Carrefour notamment appuient la démarche.

Lait, viande, porc, volaille....

La lettre est signée de Xavier Beulin, président de la FNSEA, de François Thabuis, pour les Jeunes Agriculteurs, de quatre présidents de branche (Thierry Roquefeuil pour le lait,  Michel Prugue pour la volaille, Jean Michel Serres pour le porc, Pierre Chevalier pour la viande bovine) et par Philippe Mangin, président de Coop de France, qui avait déjà fustigé la grande distribution lors du congrés des coopératives agricoles fin décembre. Les négociations entre les centrales d'achat et les entreprises de transformation sont en cours et doivent être closes au 1er mars, mais les agriculteurs demandent des révisions de prix dès maintenant, basées sur un accord dit du 3 mai qui permet des clauses de revoyure en cas de forte augmentation des matières premières.

Les revenus des céréaliers

De son côté, la grande distribution estime que le consommateur ne doit pas être le seul à payer pour la hausse des matières premières et appelle à des péréquations entre les céréaliers, dont les revenus s'envolent, et la filière animale, qui doit en supporter les conséquences en matière de coût pour l'alimentation animale. La distribution craint aussi que les hausses de prix ne fassent chuter les volumes et regardent évidemment les prix du marché en Europe, constatant souvent que l'offre en France n'est pas toujour la plus compétitive. Les ministres ont mis en place des groupes de travail sous l'égide du délégué interministériel, Alain Berger, notamment dans la charcuterie et la volaille, mais une crise se profile aussi pour le porc, dont les cours commencent à baisser après de fortes hausses. A ce chaudron bouillant, s'ajoute probablement la concurrence sur le terrain entre les syndicats agricoles pour la présidence des chambres d'agriculture, les élections devant avoir lieu dans quelques semaines.

Tensions dans la distribution

La situation a également provoqué des dissensions entre distributeurs. Système U a notamment quitté la FCD, estimant que les positions de l'enseigne pour une révision de la LME en faveur des PME n'est pas défendue par ce lobby qui préfère les codes de bonnes pratiques. Leclerc a de son côté dénoncé la position de Système U vis à vis d'une révision de la loi, puis lancé son propre projet de négociations souples et de réductions des delais de paiement pour les PME de moins de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires, Auchan et Système U dénonçant aussitôt une opération de communication. Enfin, Benoît Hamon et Stéphane Le Foll préparent des lois qui pourraient bien encadrer à nouveau les relations commerciales et qui jettent aussi le trouble. Avec un point que les ministres ne sauraient résoudre à court terme, celui de la baisse du pouvoir d'achat, compte tenu de l'envolée des dépenses contraintes, des impôts, et du chômage qui pèse évidemment sur les achats et les prix.

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