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La livraison à domicile truste les investissements FoodTech en Europe [Etude et infographie]

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Si la FoodTech affiche un dynamisme incontestable en Europe, elle est essentiellement portée par les spécialistes de la livraison de repas à domicile Delivery Hero, Hello Fresh et Deliveroo, ce qui laisse peu de place aux autres secteurs et acteurs.

Deliveroo PR library imagery
 Mikael Buck / Deliveroo
Deliveroo PR library imagery Mikael Buck / Deliveroo© Mikael Buck / Deliveroo
La FoodTech européenne en chiffres
• Près d’une start-up créée par jour en Europe, un nombre en progression constante de 20% par an depuis 2014
• 4,2 milliards d’euros investis en 999 levées de fonds entre 2014 et 2018
• 75% des 15 plus grosses levées de fonds concernent le delivery et le retail
• 80% : la part du secteur delivery & retail dans les montants investis
• 37% : la part du secteur delivery & retail dans le nombre de levées
• 31% : la part du  secteur delivery & retail dans les start-up actives

Avec 4,2 milliards d’euros investis en près de 1 000 levées de fonds entre 2014 et 2018 (dont 434 levées supérieures à 500 000 euros dont 33 de plus de 20 millions d’euros), la FoodTech européenne est un secteur en plein développement. C’est la principale conclusion de la première étude sur la FoodTech en Europe, dévoilée par DigitalFoodLab et ses partenaires, Sopexa, Vitagora, Eutopia et la CCI Paris Île-de-France, ce 22 octobre à  l’occasion du Sial (Salon international de l'alimentation). L’étude, qui s’appuie sur l’analyse de plus de 1 360 start-up du secteur créées depuis 2014 en Europe, s’intéresse également à la place de la FoodTech européenne au niveau mondial, qui représente 16% des investissements mondiaux dans ce secteur. "Un poids qui paraît tout relatif si on le met en regard de l’importance de l’industrie agroalimentaire européenne (UE) dans le marché mondial (25%)", précise-t-elle. 

Hero, Hello Fresh et Deliveroo leaders

Dans le détail, les investissements sont concentrés sur trois start-up à hauteur de 60%, comme le montre l'infographie ci-dessous. C’est le secteur de la livraison qui rafle la mise puisque ce sont les trois leaders de ce secteur, Delivery Hero et Hello Fresh (Allemagne) et Deliveroo (Royaume-Uni), qui ont levé 2,5 milliards d’euros sur des fonds privés avant leur introduction en bourse. "La FoodTech européenne a su construire des géants internationaux (des licornes valorisées plus d’un milliard d’euros), ce qui en soit constitue un succès. Si ceux-ci ont absorbé une part importante des capitaux investis, un grand nombre d’entreprises sont en train de se constituer pour prendre le relais", indique l’étude.

La France championne des petites levées de fonds

Derrière ces trois licornes de la livraison, l’écosystème de la FoodTech se révèle assez diversifié selon les pays. Deux pays émergent en tant que leaders : l’Allemagne et le Royaume Uni attirent 63% des montants investis en 2017. Deux autres groupes montent cependant en puissance : la France et les Pays-Bas (notamment grâce à la levée massive de 110 millions de dollars du supermarché en ligne Picnic en 2017), suivis d’un cluster constitué de la Suède, de la Suisse et de l’Espagne. Si l’on exclut les trois principaux bénéficiaires de la catégorie Delivery cités plus haut, c’est la France qui obtient le plus grand nombre de levées de fonds (176 levées de plus de 500 000 €). En revanche, celles-ci sont souvent inférieures en valeur aux levées réalisées chez ses voisins européens. L’Allemagne, en comparaison, obtient 42% des investissements pour un nombre assez réduit de start-up, des structures géantes qui s’exportent bien. Le Royaume-Uni présente, quant à lui, l’écosystème le plus équilibré avec une croissance constante du montant des investissements obtenus depuis 2014. L’Espagne, plus particulièrement Barcelone, présente un écosystème local dynamique en termes de créations et d’investissements et un leader, Glovo. Pour DigitalFoodLab, "en dehors des start-up B2B ou des start-up de livraison, les start-up européennes ont du mal à sortir de leur marché national. Le manque d’interlocuteurs pour distribuer des produits innovants à l’échelle européenne rend difficile le développement des start-up. B2C. Ce secteur pourrait évoluer avec l’arrivée d’Amazon ou des start-up du delivery sur le marché de la livraison des courses".

"L’Allemagne concentre peu de start-up mais des géants ayant réussi à s’internationaliser, tandis que le Royaume-Uni a le profil le plus équilibré avec des nombreuses start-up à tous les stades, même aux plus avancés, ajoure l’étude. Quant à la France, leader sur le nombre de levées de fonds, elle possède un très grand nombre de petites start-up mais connait une difficulté à les faire grandir. La Suisse, les Pays-Bas, l’Espagne et la Suède peuvent devenir des relais de la FoodTech Européenne". Autre donnée importante : la FoodTech européenne est avant tout liée à des villes leaders, qui prennent une place importante dans leurs écosystèmes nationaux respectifs. Cela peut être amplifié en prenant en compte les villes et leur région. Par exemple, la part des investissements dans la région de Paris monte à 80%. Championne du classement en termes d’investissements, Berlin, dont l’écosystème est très orienté vers le delivery & retail.

Une croissance continue mais un manque de confiance des investisseurs

Par rapport au niveau mondial (et donc principalement par rapport aux États-Unis), les start-up européennes sont financées de manière équivalente. L’écart est cependant important sur séries A. Les investisseurs semblent faire moins facilement confiance aux jeunes start-up en Europe. "La différence de montant levé entre les start-up levant le plus de capital et celles en levant le moins tend à augmenter", poursuit l’étude. Elle divise les start-up en trois groupes après un premier financement : les start-up de  service, qui fournissent aux restaurant leurs solutions de caisse, et qui  continuent à croître et à lever de l’argent pour financer leur développement ; les start-up du  Delivery & Retail qui lèvent des sommes très importantes pour soutenir leur croissance dans une  course à la position de leader ; les start-up intermédiaires, notamment dans les nouveaux produits, qui s’arrêtent au milieu du tunnel de financement, ne trouvant pas les ressources pour grandir et s’internationaliser.

Si les investissements devraient s’élever à 750  millions  d’euros d’ici fin 2018, avec près de 400 levées de fonds, il faut néanmoins noter qu’ils sont en baisse par rapport à 2017, où ils s’élevaient à 1 261 millions d’euros du fait des grosses levées de fonds opérées par Delivery Hero, Hello Fresh et Deliveroo. "La croissance continue du nombre d’investissements les années où les montants se réduisent peut être au moins partiellement expliquée par l’apparition des premiers accélérateurs dédiés à la FoodTech et la croissance du nombre de deals en seed", nuance l’étude. La création de start-up est en croissance constante depuis 2014.

Côté investisseurs, les industriels et les distributeurs sont de plus en plus nombreux à investir, de même que les fonds. "La présence d’investissements de la part d’acteurs de l’agroalimentaire est encore faible mais ils interviennent de plus en plus et sur des tickets parmi les plus importantsSi des investissements plus conséquents ne sont pas réalisés dans les start-up FoodTech européennes, le poids de l’Europe sur le marché mondial pourrait diminuer", analyse-t-on chez DigitalFoodLab. Quant à la France, "on observe un manque d'ambition chez les jeunes entrepreneurs et un manque de compréhension du potentiel de la part des industriels", conclut DigitalFoodLab.

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