La fraude touche près d'une entreprise sur deux dans la distribution et les biens de consommation

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Le secteur de la distribution et des biens de consommation est le secteur le plus touché par la fraude – avec les services financiers –, comme le révèle l’étude du cabinet d’audit et de conseil PwC "Economic Crime Survey 2014" publié le lundi 12 janvier 2015. 49% des dirigeants interrogés ont déclaré avoir subi une forme de fraude au cours des 24 derniers mois. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis 2009 (+ 12 points).

La fraude la plus largement commise dans le secteur de la distribution & des biens de consommation (76%) est le détournement d’actifs, qui inclut le vol
La fraude la plus largement commise dans le secteur de la distribution & des biens de consommation (76%) est le détournement d’actifs, qui inclut le vol

Près d’1 entreprise sur 2 du secteur de la distribution & des biens de consommation a été victime de fraude au cours des deux dernières années. Selon l’étude PwC, le détournement d’actifs reste la fraude la plus commune dans la distribution (76%), et la corruption est perçue comme le risque le plus important par les entreprises qui se développent à l’international. Mais à l’heure où le secteur de la distribution & des biens de consommation se transforme sous l’influence des nouvelles technologies, une nouvelle menace apparaît, celle de la cybercriminalité.

La corruption, la plus grande menace qui pèse sur les multinationales

La fraude la plus largement commise dans le secteur de la distribution & des biens de consommation (76%) est le détournement d’actifs, qui inclut le vol, mais aussi le décaissement frauduleux et l’appropriation illicite de matériel (les vols dans les entrepôts et les réserves par exemple). Les procédés peuvent se révéler complexes, tels que le vol d’un bien inventorié comme "défectueux", puis retiré des stocks et revendu illégalement. Au-delà des pertes financières évidentes, ces fraudes ternissent la réputation des entreprises. 

Fraude aux achats, en seconde position

La fraude aux achats arrive quant à elle en seconde position. Les répondants qui en ont été victimes remarquent que ses manifestations les plus fréquentes concernent la sélection des fournisseurs (59%) et les contrats/accords de maintenance conclus avec les fournisseurs (39%).

Si elle n’est pas la forme de fraude la plus constatée (25%), la corruption est un risque à ne pas sous-estimer puisqu’elle touche tous les processus commerciaux : la vente, le marketing, la distribution, la comptabilité, etc. Et 56% des dirigeants du secteur considèrent la corruption comme le risque le plus élevé pour une entreprise qui opère à l’international. Parfois, refuser de payer un pot-de-vin peut même conduire à la perte d’un marché.

D’après Fabienne Borde, Associée PwC du Département Litiges et Investigations : « La menace de corruption est grandissante dans un secteur où les marchés qui présentent les opportunités de croissance les plus importantes sont souvent les mêmes pays qui souffrent d’un haut risque de corruption. »

 La cybercriminalité, principale menace pour les années à venir

 Plus d’un cinquième des entreprises du secteur de la distribution & des biens de consommation interrogées déclarent avoir été victimes de cybercriminalité – un taux aligné sur celui obtenu tous secteurs d’activité confondus.

Le secteur est actuellement en pleine transformation avec l’utilisation croissante des nouvelles technologies pour collecter les données des consommateurs et optimiser l’expérience client, autant de risques nouveaux qui émergent autour de la sécurisation des informations détenues par les distributeurs. Aussi, 45% des répondants affirment que la prise de conscience de ces nouvelles formes de fraude est en augmentation dans leur entreprise et plus d’1 dirigeant sur 4 (27%) pense que son entreprise sera confrontée à des problèmes de cybercriminalité dans les deux prochaines années.

La perte de propriété intellectuelle (contrefaçon, vols de données clients…) constitue également une préoccupation des dirigeants du secteur pour les années à venir, particulièrement dans les pays émergents. Si seuls 7% des répondants ont déjà connu une atteinte à la propriété intellectuelle durant les 24 derniers mois, ils sont trois fois plus nombreux à estimer qu’ils devront affronter un tel incident dans les deux prochaines années.

Les contrôles en tête des moyens permettant de lutter contre la fraude

"Pour repérer les fraudes dans le secteur de la distribution & des biens de consommation, on remarque que les contrôles internes sont beaucoup plus efficaces que la culture d’entreprise", souligne Fabienne Borde.
L’analyse des transactions inhabituelles (par exemple, les opérations effectuées le dimanche) est à elle seule responsable de la détection de 25% des fraudes les plus graves dans ce secteur, contre seulement 16% tous secteurs confondus. Les investissements des distributeurs dans de nouvelles technologies pour leurs points de vente, tels que les systèmes d’inventaires avancés, ont donc démontré leur succès.

Les fraudeurs sont majoritairement des collaborateurs de l’entreprise

L’étude de PwC révèle également que plus des deux tiers (67%) des fraudes graves dans le secteur de la distribution & des biens de consommation sont perpétrées par des collaborateurs internes à l’entreprise, un taux supérieur aux 56% tous secteurs confondus.
Les auteurs de ces faits occupent, pour la plupart, des postes de cadres intermédiaires et sont sévèrement punis lorsqu’ils sont démasqués : les entreprises pratiquent majoritairement le renvoi ; elles se lancent parfois dans des poursuites civiles ou  recourent aux autorités judiciaires 

Méthodologie
La 7ème édition de l’étude mondiale de PwC sur la fraude en entreprise, la « Global Economic Crime Survey 2014 », a été réalisée auprès de 5 128 dirigeants d’entreprises issus de 99 pays. 383 de ces répondants sont des dirigeants d’entreprise du secteur de la distribution et des biens de consommation.

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA