La galaxie Leclerc, tout un monde qui « coopère »

ACDLec, Galec, SCA : la nébuleuse Leclerc a sa logique, celle d'un mouvement coopératif où les propriétaires de magasins sont aux manettes.

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L'organisation Leclerc est difficile à appréhender pour les habitués des organisations pyramidales. Leclerc est un groupement coopératif, à ranger plutôt dans la catégorie des sociétés coopératives ouvrières de production - les SCOP - où les salariés règnent en maîtres, à ceci près que, dans ce cas de figure unique, ce sont les propriétaires de magasins, donc des chefs d'entreprise, qui sont aux manettes. Au nombre de 462, ces derniers sont tous membres de l'ACDLec, une association 1901, gardienne de l'idéologie. 

 

Présidée par Édouard Leclerc et coprésidée par Michel-Édouard Leclerc, elle valide les grandes orientations stratégiques. Ses adhérents ont voté, par exemple, la création de Lucie avec Système U. Si Édouard Leclerc reste propriétaire de la marque E. Leclerc, l'ACDLec est gestionnaire de cette marque et l'attribue en contrepartie du respect de lois qu'elle édicte, comme le droit de préemption et le pacte de préférence, qui évitent l'évasion de magasins vers la concurrence. L'ACDLec est dotée d'un conseil d'administration de 9 membres et d'un comité stratégique baptisé « comité des présidents », comprenant les 16 dirigeants des centrales d'achats régionales. Ces deux organes s'appuient sur six commissions spécialisées (finances, agrément, commercial, international, prix et communication) chargées de défendre la ligne politique. En dessous - mais sans lien juridique - apparaît l'opérationnel, avec le Galec (Groupement d'achat Leclerc), société coopérative à conseil de surveillance et directoire. À la tête du conseil de surveillance officie André Jaud et Jacques Gattepaille préside le directoire. Le Galec référence les fournisseurs et détermine la politique commerciale sur le terrain, grâce à une quinzaine de « groupes de travail » (GT) par catégorie de produits, les plus récents étant la parapharmacie et la parfumerie. Un GT internet devrait être mis en place sous peu. En revanche, le Galec n'intervient pas dans les achats.
 

Ce rôle est joué par 16 sociétés coopératives d'achat régionales, véritables centres névralgiques du groupement, qui détiennent le capital du Galec. Ensemble, ces centrales paient plus de 100 milliards de francs de factures aux fournisseurs, soit 70 % des achats des magasins. Elles gèrent aussi les entrepôts, la logistique et comptent chacune jusqu'à 300 salariés. La plus importante, la Scaouest, approvisionne 40 magasins ; la plus petite, la Scacentre, est dédiée à 16 centres distributeurs. Des Sca transversales ont été créées afin de jouer l'effet de volume pour l'auto, les produits de la mer, la marque Repère, l'importation de carburants. Leur capital est lui aussi détenu par les centrales régionales. En revanche, c'est le Galec qui couvre juridiquement Devinlec pour les bijoux, Leclerc Voyages, la banque Edel ou encore les abattoirs de Kermené. Les trois premiers résultent d'une logique de conquête de nouveaux marchés. La présence de Kerméné, en revanche, vient de la volonté d'Édouard Leclerc de sauver une société en perdition dans son fief breton.

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Article extrait
du magazine N° 1703

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