La gourmandise se joue de la crise

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Le marché, relativement protégé, car il faut bien continuer à se faire (un peu) plaisir après tout, n'échappe pas aux remises en question. Les produits, fussent-ils destinés à se faire plaisir, se font plus sain.

Avec ses bonbons, la marque espagnole Chupa Chups s’attaque au poids lourd du secteur, les gélifiés.
Avec ses bonbons, la marque espagnole Chupa Chups s’attaque au poids lourd du secteur, les gélifiés.

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LES TENDANCES

  • L'offensive de la « naturalité », dans la foulée de la sortie de N.A !, en 2009. Le fruit se mue en confiserie.
  • La vague du sans sucre, quasi devenu un incontournable. À tout le moins sans arômes ni colorants artificiels.
  • Le recul des ventes de chewing-gum, depuis 2008, toujours confirmé.

Généralement, la confiserie est assez peu soumise aux aléas des crises économiques. À la limite, c'est même le contraire : petite poche de plaisir sucré, quasi régressive, pour oublier les affres du quotidien. En soi, c'est une bonne chose pour ce marché.

Ce qui ne veut pas dire pour autant que tout y soit linéaire et sans aspérité. « Le marché n'échappe pas à la lame de fond de la " naturalité " », explique Luc-Pierre Verquin, à la tête de Verquin Confiseur, une PME nordiste qui, cette année, a lancé Fwisur, « une pépite de fruit enrobée de chocolat au lait », sur le segment des billes chocolatées.

 

Plus de quoi culpabiliser...

Du plaisir gourmand, toujours, mais avec cette pointe de « sain » propre à déculpabiliser n'importe quel consommateur. Car, que l'on se n'y trompe pas, il y a comme un grand sens interdit psychologique à l'entrée du rayon. Du fameux et estival « bientôt la plage, pas question de perdre ce corps de rêve en me goinfrant de bonbons » au non moins fréquent « non, non, je ne me laisserai pas avoir par le superflu et ne repartirai de ce magasin qu'avec ma seule boîte d'asperge premier prix », ce ne sont pas les occasions de voir s'illuminer d'intenses clignotants rouges qui manquent.

C'est ainsi que N.A ! (Solinest) est arrivé il y a quelques années, avec son concept, il faut bien l'avouer, presque révolutionnaire : pensez donc ! Vendre du fruit comme une confiserie, et/ou inversement d'ailleurs, on ne sait plus trop, tant le mélange du sain, accolé à l'un, et du plaisir, associé à l'autre, est aujourd'hui ancré dans les esprits. Une réussite qui a fait des émules : sans sucre, c'est devenu un minimum ; à tout le moins avec arômes et colorants naturels.

LES CHIFFRES

3,5 Mrds € Le chiffre d'affaires de la confiserie

+ 2,8 % L'évolution en valeur

+ 0,7 % L'évolution en volume Données en CAM arrêté à fin juin 2012, évolution vs même période 2011

Source : SymphonyIRI

Prescripteurs et acheteurs

Une problématique qui, toutefois, est moins prégnante quand on évoque la confiserie pour enfants. La consommation y reste centrée sur la notion de plaisir. Avec une double cible à satisfaire : les parents, acheteurs, et les enfants, prescripteurs et goûteurs. Chez l'italien Perfetti Van Melle, on a la chance d'avoir Chupa Chups à disposition pour satisfaire à cette logique. Et la notoriété de la marque est d'ailleurs telle que le groupe s'est décidé, depuis mars, à la sortir du seul segment des sucettes où elle excelle. « Le segment des sucettes pèse 5 % de la confiserie enfants quand celui des gélifiés pointe à 40 % », précise Sonia Depoilly, responsable marketing Chupa Chups France pour justifier cette politique de diversification.

Sans compter que, avec une croissance de 11 % en cumul annuel mobile, cette catégorie des gélifiés, mastodonte du secteur, est bien appétissante. Après quatre mois de présence en rayons, et alors que les concurrents se nomment Haribo, Lutti ou Carambar-Cadbury, ces bonbons Chupa Chups s'arrogent déjà, sur certaines semaines, 5 % de parts de marché. Pas mal du tout pour un lancement si jeune.

LES DATES

2009 Arrivée en rayons de N.A !. La confiserie vendue, par Solinest, comme du fruit et inversement. Une pépite qui a depuis fait bien des émules. Le lancement de Fwi, par Verquin Confiseur, s'inscrit parfaitement dans cette tendance.

MARS 2012 Chupa Chups se diversifie et sort des seules sucettes pour proposer aussi des bonbons. De quoi venir titiller le numéro un Haribo, par exemple.

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Article extrait
du magazine N° HSSIAL

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