La hausse des prix des matières premières n'en finit pas...de faire débat

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BRÈVESSelon le numéro de mars de 60 millions de consommateurs, les prix des beurres, yaourts, pâtes, céréales, biscottes, riz et autres jambons se sont envolés de 5 % à 48 % entre novembre et janvier. Michel-Edouard Leclerc, Luc Chatel et les partis politiques

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Ce que dit 60 millions de consommateurs dans son numéro de mars

Les prix des produits alimentaires ont explosé de novembre à janvier, jusqu'à +48%, mais la hausse des matières premières ne justifie pas une telle flambée selon l'INC, les producteurs agricoles et associations de consommateurs. Sur 1 055 références de produits laitiers et céréaliers comparés, près de la moitié ont augmenté, dont 200 de plus de 10%. Moins de 60 références ont baissé « de quelques pour cent ». « La flambée des matières premières ne peut justifier des hausses d'une telle ampleur, et cela a continué en février , souligne Marie-Jeanne Husset, directrice de rédaction du mensuel. Le prix du lait ne représente que le tiers du prix final du yaourt. Comment expliquer que certains yaourts aient augmenté de 40%? ».

La flambée devrait durer encore quelques mois selon Nielsen et l'Institut national de statistique (Insee), qui vient d'annoncer que les prix à la consommation en France avaient augmenté en janvier de 2,8% sur un an, un record d'inflation depuis mai 1992.

> UFC-Que Choisir et la CLCV, autre association de consommateurs, estiment que la nouvelle loi doit s'accompagner d'une autre réforme, qui réglerait le problème de quasi monopole d'enseignes comme Leclerc, Carrefour ou Auchan dans certaines régions en France. « Il n'y aura pas de baisse des prix sans transparence des tarifs auxquels les produits sont vendus aux distributeurs. Ils devraient être rendus publics. Actuellement, le système de fixation des prix est très opaque », ajoute Christian Huard, président de la fédération ConsoFrance.

Quelques exemples de hausses signalées par 60 millions de consommateurs.

? Les yaourts nature: la plus forte hausse est de 40% pour un produit au sucre de canne, les yaourts nature augmentent entre 17 et 24%, selon les marques.

? Les laits UHT: toutes les hausses dépassent les 20%, la plus forte (37%) pour un lait aux protéines, la moins élevée (20%) pour un produit vitaminé.

? Les pâtes: les hausses sont importantes, jusqu'à 45% de hausse pour les spaghettis et 44% pur les coquillettes. Alors que le prix du riz n'augmente que de 10 à 18%.

? Les camemberts: les hausses vont de 12 à 32%, la référence à la « campagne » ou au « lait cru » ne faisant pas la différence. La moins forte hausse (12%) est pour un camembert moulé, la plus élevée (32%) pour un produit de campagne.

? Les beurres: l'augmentation des prix varie de 19% à 26%, la plus forte étant pour un produit sous la marque de l'enseigne de vente.

? Les céréales du petit-déjeuner: hausses de 14% à 24% pour celles « fourrées au chocolat ». Les prix des biscuits au chocolat grimpent également de 10% à 25%.

? Les biscottes et le pain de mie: 10% à 15% de hausse pour les premières et 6% à 22% pour les seconds.

? Les jambons : 44% de hausse pour le jambon blanc "supérieur" et 18% pour les blancs de dinde "dans le filet".

Les propos de Michel-Edouard Leclerc

« Je peux vous dire, puisqu'on arrive à la fin des négociations pour 2008 avec les industriels, que les prix vont continuer à augmenter au premier trimestre 2008 à un rythme d'à peu près 4% mensuel », a affirmé Michel-Edouard Leclerc sur France Info. Il a également reconnu que la responsabilité de cette hausse revenait « probablement aux deux, aux industriels et aux distributeurs ».

Ce défenseur du portefeuille des consommateurs a toutefois jugé « scandaleux » que les industriels « ne soient pas allés avec le dos de la cuillère » pour leurs tarifs en 2008, soulignant que dans le même temps, « des grandes sociétés multinationales cotées en Bourse (...) comme Nestlé ou Danone, ont fait des profits avec des augmentations à deux chiffres ».

Ceux de Luc Chatel

De son côté, le secrétaire d'Etat chargé de la Consommation et du Tourisme, Luc Chatel, a affirmé dimanche sur Europe 1 que « l'on ne pouvait pas accepter la flambée des prix de l'alimentation. La concurrence doit mieux jouer en France ». Luc Chatel a regretté que les prix en France soient « 5% plus chers en moyenne que les autres pays européens dans la grande consommation. Une étude récente montrait que le panier de la ménagère allemande était 30% moins cher que le panier français. On voit bien que tout cela est lié à une mauvaise organisation des relations industries/commerces. Pendant trop longtemps on a laissé les distributeurs et les industriels s'arranger entre eux au détriment du consommateur ».


> Réaction de l'UMP : « Il faut vérifier, contrôler, éventuellement sanctionner ceux qui profiteraient de l'occasion pour aller augmenter de façon totalement indue leurs marges, sous prétexte d'une hausse des matières premières en France et dans le monde », a estimé Yves Jégo, le porte-parole lors du point de presse hebdomadaire de l'UMP.

> Réaction du PS : Le député de Seine-et-Marne souhaite « que des sanctions puissent être prises à l'égard de ceux qui veulent spéculer sur le dos des consommateurs. La question du pouvoir d'achat des Français est pour nous le fil rouge de ce quinquennat (...) et nous n'aurons de cesse de mettre en œuvre des dispositifs pour rendre du pouvoir d'achat aux Français ».

Sylvie Leboulenger
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