La hausse du pouvoir d’achat devrait atteindre des sommets en 2015

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Les chiffres du troisième trimestre montrent que l’acquis de pouvoir d’achat pour 2015 atteint déjà 1,6 %, un sommet par rapport aux dernières années. Un chiffre obtenu grâce à la baisse du prix de l’énergie et surtout des carburants et à la hausse des salaires. L'embellie devrait se poursuivre en 2016, mais les Français en profitent surtout pour augmenter leur épargne. 

Le pouvoir d'achat en 2015 va afficher sa plus forte hausse depuis...2007
Le pouvoir d'achat en 2015 va afficher sa plus forte hausse depuis...2007© Peter Atkins – Fotolia

Nicolas Sarkozy en avait fait un objectif prioritaire pour sa campagne présidentielle de 2007, après s’être focalisé sur les prix dès 2004, lorsqu’il était aux manettes de l’Economie. Mais c’est peut-être François Hollande,qui va atteindre l’objectif d’une forte hausse du pouvoir d’achat. Celui-ci vient de franchir une nouvelle étape, avec un gain de 1,6 % acquis pour 2015 dès le troisième trimestre. Ce sera donc encore un peu plus d’ici la fin de l’année. Et c’est le ratio le plus élevé depuis...2007.

Certes, en 2014, le pouvoir d’achat avait déjà progressé de 1,1 %, mais il avait baissé les deux années précédentes, surtout en 2012, juste après l’élection présidentielle. Hausse de la fiscalité, prix des carburants élevés avaient fait chuter ce qui permet à chacun d’effectuer des achats courants. Le mouvement inverse s’opère pour trois raisons. La chute drastique des prix des carburants qui se poursuit, avec un gazole à 1 € le litre depuis un an, mais aussi des coûts de production moins élevés grâce au prix bas de l’énergie, et à la forte réduction de la fiscalité pour les entreprises, donc une très faible inflation (0,1 %), auxquels s’ajoutent une réduction de la fiscalité pour les ménages dont les revenus sont les plus faibles, et du poids des dépenses contraintes pour l'ensemble des ménages.

Forte hausse du taux d'épargne

Les Français en profitent-ils pour dépenser plus ? Apparemment pas, ou peu. Certes, les panélistes comme IRI constatent que la baisse des prix en grande distribution occasionne un changement de comportement des clients qui se tournent vers des produits plus chers (la différence au final serait de l’ordre de 300 millions d’euros de dépenses en plus). Mais la grande masse de l’augmentation du pouvoir d’achat va plutôt dans le bas de laine. “La question de l’arbitrage du revenu disponible brut est intéressante, souligne l’institut COE Rexecode. Sur la période récente, une forte hausse du taux d’épargne des ménages, qui rapporte l’épargne au revenu disponible brut, est observée. Il passe de 15 % à 15,5 % au troisième trimestre, en raison d’une forte hausse des craintes de l’évolution du chômage. On peut penser que la tendance se poursuivra en 2016, pénalisant l’évolution de la consommation des ménages.”

Les dépenses contraintes diminuent

Par ailleurs, même si la hausse du pouvoir d’achat est spectaculaire, elle est pour une petite partie due à l’évolution de la démographie. Rapporté à l’unité de consommation, c’est à dire à chaque ménage, elle affiche un niveau un peu moins élevé - de l’ordre de 1,2 %. En revanche, les dépenses dites contraintes (loyers) diminuent, ce qui permet au pouvoir d’achat dit “réajusté” d’atteindre 1,5 %. En tout état de cause, ces chiffres sont très favorables pour les ménages. Et pourraient en nourrir d’autres pour 2016. Selon les prévisions du gouvernement, la masse salariale devrait augmenter l’an prochain de 2,8 %, pour moitié grâce à la hausse du produit intérieur brut (PIB) et pour l’autre via la hausse des salaires.

La reprise progressive s'appuie sur une hausse du pouvoir d'achat des ménages, soutenue par une inflation réduite en 2015 (+ 0,1 %) et modérée en 2016 (+ 1 %). En outre, la poursuite des mesures fiscales en faveur des ménages modestes et des classes moyennes, à travers 2 milliards d'euros de nouvelles baisses d'impôts en 2016, contribuera également à soutenir le pouvoir d'achat des ménages”, se félicite déjà le ministère de l’Economie et des finances. Cette hausse forte du pouvoir d’achat, on devrait en entendre beaucoup parler… sauf si la hausse du chômage continue de faire l’actualité.

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