[Edito] La loi Climat en question

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yves puget

La loi Climat et résilience a donc été promulguée le 24 août. Sans surprise, il y a, d’un côté, ceux qui regrettent que bon nombre des 146 propositions de la Convention citoyenne aient été abandonnées en cours de route et, de l’autre, ceux qui pensent que ce texte va trop vite, trop loin et coûte trop cher. Dans ce numéro, LSA tente, avec l’aide de Perifem, l’association technique du commerce, de décrypter les articles qui concernent les professionnels de la conso. En attendant que cette loi se confronte aux réalités du terrain, quelques remarques s’imposent.

Dans le bon sens. Les objectifs de cette loi sont clairement plus que louables, tant le réchauffement climatique est incontestable et tant il est urgent de se comporter autrement. Que l’on soit pour ou contre telle ou telle mesure, il ne faut pas perdre de vue cette « mission ».

Très complexe. Plus de 300 articles ont été votés. De nombreux secteurs économiques sont impliqués. Des investissements considérables sont à prévoir. La loi Climat entre dans la catégorie des textes compliqués tant le sujet l’est par nature. On ne s’improvise pas du jour au lendemain expert du photovoltaïque ou du verdissement des parkings !

En attendant les décrets. Les orientations sont prises et votées. Mais il convient d’attendre la publication des décrets pour juger réellement des conséquences de cette loi, d’en mesurer les contraintes et d’en calculer les coûts. L’enfer est dans les détails…

La data au centre. Personne ne le dit, mais la data n’est-elle pas le rouage essentiel de ce texte qui implique de nombreux indicateurs ? Industriels, distributeurs et prestataires vont devoir travailler, chacun de leur côté mais aussi ensemble, pour collecter toutes ces données sur les cycles de vie des produits, leur composition, leurs emballages, leurs conditions de fabrication, leur impact sur l’environnement et la société… Sans oublier les nouvelles technologies pour les rendre accessibles au public (QR Code, NFC…). Le chantier paraît immense. Beaucoup plus que certains ne le pensent…

Combien ça coûte ? Une nouvelle fois, une loi est votée sans étude d’impact. Combien va-t-elle coûter aux entreprises concernées ? Bien malin qui peut le dire. Quelles en seront les conséquences, directes et indirectes? Un grand mystère plane, tant on sait que des dommages collatéraux sont possibles.

Ne pas masquer les actes. Une loi montre la direction. Elle impose des règles à tous, donne un calendrier et définit des pénalités en cas de non-respect. Mais la loi ne fait pas tout. Elle ne doit pas masquer ce que font les entreprises, actionnaires, dirigeants et salariés, pour devancer les lois et même parfois aller encore plus loin que les textes. Le secteur de la grande consommation n’a pas attendu la loi Climat et résilience pour avancer. Et c’est peut-être là un grand regret : que ce texte ait été élaboré pas forcément contre les entreprises, mais sans elles. Que les élus, les citoyens et les lobbys (y compris des entreprises) aient eu plus de poids que ceux qui, tous les jours, investissent et prennent des décisions. Parfois, des travaux se feront donc plus sous la contrainte qu’avec enthousiasme. Même si, encore une fois, l’objectif final est plus que louable et entendu de tous.  ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2666

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