La lumière vient du nomade

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Marketing, design, politique tarifaire... L'ordinateur portable et le téléphone mobile usent des mêmes recettes pour s'introduire dans le quotidien des consommateurs. La mobilité transcende plus que jamais l'écosystème de la convergence. Cette convergence est aussi le moteur des ventes d'accessoires.

La télévision, le téléphone portable, la console de jeux, l'appareil photo, le lecteur MP3... Tous ces objets communiquent entre eux aujourd'hui. Cela s'appelle la convergence numérique. À la source de cet enchevêtrement technologique, il y a un objet : l'ordinateur. C'est à travers lui qu'internet vient irriguer les foyers, lui sur lequel on décharge ses photos, lui encore qui nous permet de surfer sur YouTube à la recherche de la dernière vidéo virale. Une « internet dépendance » qui se traduit par un équipement record. Selon GfK, 60 % des Français ont désormais un ordinateur à la maison, soit 15,5 millions de foyers. Deux fois plus qu'en 2000.

De profondes mutations

Évidemment, le marché ne s'est pas contenté de croître gentiment. Il a foncièrement changé en huit ans. Côté produits, par exemple. Les familles qui s'équipaient dans les années 90 ne juraient que par le bon vieux PC de bureau. Le portable n'intéressait que les cadres et des étudiants aisés. Car la facture s'élevait régulièrement au-dessus des 12 000 F, près de 2 000 E. Aujourd'hui, un simple coup d'oeil sur un catalogue de Carrefour ou d'Auchan permet de trouver des modèles à partir de 400 E, voire moins en ce qui concerne l'EEE PC d'Asus (200 E avec un abonnement SFR). Et si en 2007 le prix moyen de l'ordinateur portable vendu était de 922 E, il devrait frôler les 800 E en 2008. Pour les PC de bureau, la chute est plus douce. Leur prix moyen n'a baissé que de 100 E entre 2005 et 2007, et n'a pas bougé cette dernière année. « Au final, la différence de prix n'est plus aujourd'hui un frein pour passer au portable », estime Olivier Gillet, le directeur marketing de HP, leader du marché. D'autant que la vogue du nomadisme envahit tous les pans de l'électronique : téléphones, GPS, consoles, lecteurs MP3, etc. Les meilleures ventes dans chaque catégorie reviennent aux produits portables.

La téléphonie mobile symbolise le mieux cet engouement des Français pour le nomadisme. Les ventes de portables continuent de progresser d'année en année, alors que le taux d'équipement est déjà très fort (plus de 80 % des Français). Malgré un petit accident conjoncturel en début d'année 2008, le marché du mobile continue de progresser. En cinq ans, il a pris 16,5 %, et s'établit désormais à 2,5 milliards d'euros. Malins, les fabricants de mobile implémentent chaque année de nouvelles fonctionnalités dans leurs appareils et jouent sur le design pour rendre obsolètes les modèles des années précédentes.

Mêler l'utile à l'agréable

Et pour les consommateurs qui n'y comprennent rien, les hommes de marketing ont eu une idée géniale : mettre en avant les usages plus que les technologies. « Nous ne parlons pas de 3G ou de HSDPA, confie David Mignot, le directeur marketing de Sony Ericsson France. Mais nous présentons des téléphones spécialisés dans la photo ou la musique. » Idem pour l'ordinateur. Quand il y a dix ans les fabricants parlaient vitesse du microprocesseur et puissance brute, ceux d'aujourd'hui évoquent davantage le design et la segmentation par usage. Le PC s'adapte aux besoins des différents consommateurs. Dans les rayons des magasins, il y a désormais l'ordinateur des joueurs (très puissant), des étudiants (pas cher), de la famille (multimédia) ou du cadre (compact). Et tous cherchent à se distinguer par un design accrocheur. Du rose, du noir laqué, des séries limitées, des écrans sans cadre... Le contenant prend le pas sur le contenu dans le choix d'une machine. « Comme pour le téléphone mobile, il y a un côté "fashion" dans l'ordinateur portable », reconnaît Agnès Van de Walle, directrice de la division informatique de Samsung France. Et en la matière, même s'il n'a plus l'avance considérable d'il y a dix ans, Apple sait encore créer des événements, comme la présentation du MacBook Air, l'ordinateur portable qui rentre dans une enveloppe.

La machine de Steve Jobs est d'ailleurs bien dans l'air du temps, puisqu'elle a besoin d'accessoires pour être pleinement utilisée. Elle est vendue sans lecteur de DVD et avec une capacité de stockage minime. Seule solution : s'équiper. Car contre toute attente, les ventes d'ordinateurs portables nourrissent l'univers des accessoires. Même si les PC sont dotés de toutes les fonctionnalités, c'est souvent a minima, et les utilisateurs privilégient le confort d'utilisation. Le pavé tactile n'est pas très précis ? On achète une souris. L'écran est trop petit ? On investit dans un beau moniteur. Idem pour les claviers et autres disques durs externes. « Les portables servent de plus en plus à domicile », confirme Cyril Bezzina, chef de produits hardware chez Microsoft France. Les consommateurs recréent donc un environnement semblable à celui du PC de bureau. La marque Logitech propose même de reconstituer l'ensemble sur des présentoirs dans les hypers. Avec l'installation intégrale, le PC portable retrouve l'ergonomie de l'ordinateur de bureau. Preuve que la machine soutient un écosystème complet cher aux distributeurs. Ce que se presse de rappeler Alain Pakiri, directeur général France de Logitech, leader mondial des accessoires : « L'utilisateur de portable achète en valeur plus d'accessoires que pour un PC de bureau. » Un beau cercle vertueux, en somme...

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Article extrait
du magazine N° 2043

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