Marchés

La microencapsulation sort des labos

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Tendance - Après le temps des expérimentations et des coups médiatiques, les cosmétotextiles commencent à trouver leur public. La technique s'est améliorée et ne concerne plus seulement des applications pointues.

Mincir en dormant, quelle femme n'en n'a pas rêvé ? Ce songe est devenu réalité avec les nouveaux vêtements de nuit conçus par l'entreprise du Nord Lemahieu, spécialiste de la maille. Sous les marques Raison d'Être dans le circuit sélectif et Hekla en grande distribution, les nuisettes, pyjamas, tops et caleçons amincissants de Lemahieu arriveront dans les magasins dès le premier semestre 2008. Le phénomène n'a rien à voir avec un miracle, mais doit beaucoup aux avancées de la technique.

Par simple contact sur la peau, les millions de microcapsules emprisonnées dans les fibres du tissu libèrent leurs actifs aux effets amincissants et hydratants. Pour obtenir un résultat, Lemahieu recommande le port de ses vêtements sept nuits sur sept pendant vingt-huit jours. Le principe actif des microcapsules étant efficace jusqu'à quinze lavages, l'entreprise propose des recharges. Par trempage, on peut ainsi, après chaque nouveau lavage, réencapsuler les articles qui retrouvent leurs propriétés.

Des cibles plus larges

Jusqu'ici un peu cantonnée à des produits plutôt confidentiels, la technique de la microencapsulation est actuellement en train de gagner du terrain et d'élargir son public. Outre sa gamme de vêtements « climatisants », Damart mise également sur Ligne mince dont les actifs microencapsulés luttent contre la peau d'orange grâce à leurs propriétés rafermissantes, hydratantes et tonifiantes. Pour capitaliser sur les bons résultats, la gamme va être étendue avec de nouvelles pièces en maille. « La technologie a bien progressé et nous pouvons garantir une action jusqu'à 20 ou 25 lavages. Nous n'avons pas du tout à rougir des résultats par rapport aux crèmes amincissantes », souligne Cyril Chaigneau, ingénieur textile au sein de la cellule R et D de Damart. D'autres produits sont d'ailleurs à l'étude. « C'est un sujet que nous traitons avec sérieux et intérêt dans la mesure où commercialement, nous constatons une bonne réponse de la clientèle », ajoute Cyril Chaigneau.

Lancé en 2005, le jean amincissant de Lytess est, lui, principalement diffusé via le téléachat et la vente à distance. Il pourrait prochainement bénéficier d'une distribution dans une grande enseigne alimentaire. « Le marché est vraiment en train de décoller. On voit que de gros intervenants s'y intéressent », constate Yann Balguerie, président du directoire du groupe Robert Blondel et président de la Fédération de l'ennoblissement textile. « Pour chaque produit, il faut valider la présence de microcapsules, leur durabilité, leur innocuité et celle des actifs, et tester l'effet amincissant sur un panel », détaille Édith Lemahieu, directrice générale de l'entreprise éponyme.

Dans une autre veine, les chaussettes et mi-bas microencapsulés d'Olympia - aux effets toniques, décongestionnants, relaxants ou rafraîchissants - arrivent en pharmacies et parapharmacies en ce mois de décembre. « Les professionnels de ce réseau ont été emballés par les produits », se réjouit Catherine Rambaud, pdg d'Olympia. « Nous avons travaillé sur ce type de produits pour monter en gamme et en qualité. L'idée était de voir comment on pouvait rendre les chaussettes plus techniques », poursuit-elle. Olympia étudie actuellement des chaussettes aux propriétés antimycosiques.

Une technique démocratisée

Pour sa part, Décathlon contribue à la démocratisation des cosmétotextiles. Avec son tee-shirt rafraîchissant Selfresh vendu à 19,90 E sous la marque Domyos (voir p. 49), l'enseigne rend la miroencapsulation accessible aux adeptes du fitness. Lesquels devront cependant acquérir des recharges (5 E les cinq) s'ils veulent prolonger l'effet du tee-shirt au-delà de 10 lavages. Preuve du succès de ce produit lancé cette année en blanc, Décathlon va le décliner dans plusieurs coloris.

En sortant un peu du textile mais en demeurant dans le domaine du quotidien, Lotus fait la démonstration que la microencapsulation est définitivement sortie du champ des concepts gadgets. Arrivé sur le marché en mars 2006, son mouchoir menthol-eucalyptol, qui bénéficie de microcapsules contenant du karité pour adoucir les nez rouges, s'adjuge en hiver plus de 6 % de part de marché valeur des mouchoirs étuis et 49 % sur le segment des mouchoirs spécifiques, selon Iri. En cumul annuel mobile arrêté au 14 octobre 2007, ses ventes en valeur affichaient une hausse de 13 % par rapport à l'an passé. On comprend pourquoi la microencapsulation reste un axe de développement pour Lotus. Et suscite d'autres vocations.

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