Marchés

La mobilité sauve le high-tech

|

Le timide retour de la croissance dans le secteur est essentiellement dû au succès des ventes de smartphones et de produits informatiques nomades. Les autres secteurs restent empêtrés dans leurs baisses de prix.

Répartition du chiffre d'affaires du high-tech, en %, par circuit de distribution en 2010, et évolution, en %, vs 2009Source : GfK
Répartition du chiffre d'affaires du high-tech, en %, par circuit de distribution en 2010, et évolution, en %, vs 2009Source : GfK

Merci Apple. Sans les produits nomades stars de la marque américaine (l'iPhone et l'iPad), les marchés du high-tech n'auraient certainement pas fini l'année dans le vert. Certes, Apple n'est pas la seule marque à commercialiser des smartphones et des tablettes, mais c'est lui - le pionnier sur ce marché - qui en a démocratisé l'usage. Au global, donc, l'ensemble des marchés couverts par le panéliste GfK ont renoué avec une croissance qui les fuyait depuis trois ans. Avec un chiffre d'affaires global de 17,7 milliards d'euros, elle a atteint un petit + 0,9 % en 2010. Très loin tout de même de l'année 2007, qui avait vu ces marchés établir un record, à 18,7 Mrds €. Mais cette croissance cache une grande disparité. Si l'on retire les deux segments en forte hausse que sont les smartphones (3 Mrds € de CA) et les tablettes (220 M €), le high-tech affiche un bilan négatif. « C'est assez paradoxal, relève Olivier Malandra, directeur de la division high-tech chez GfK. Les consommateurs sont toujours émerveillés par les produits high-tech et ils en achètent toujours plus. Ils en ont acquis en moyenne 3,3 l'année dernière, contre 3,1 en 2009. »

 

Explosion des ventes de tablettes 

Dans la téléphonie mobile et l'informatique, cette hausse des volumes s'est logiquement traduite par une croissance de l'activité. Les ventes de smartphones ont atteint 7,7 millions d'unités, contre 3,6 millions un an plus tôt. Résultat : le chiffre d'affaires de la téléphonie a bondi de 5,6 %, à plus de 5 milliards d'euros. Idem dans l'informatique. L'arrivée des tablettes (435 000 vendues), combinée à la très bonne tenue des ventes de PC portables (3,8 millions d'unités) et de netbooks (1,3 million), a permis au marché de croître de 3,7 %, à 3,8 Mrds €. Et l'année 2011 devrait confirmer la bonne santé de ces deux marchés de l'informatique et de la téléphonie. GfK prévoit une explosion des ventes de tablettes à un million d'unités et une forte progression des smartphones, à 11,8 millions. Des hausses en volume qui permettent à l'industrie de digérer les baisses de prix. Le smartphone a connu une chute de prix de 20 % en 2010, à 190 € en sortie de caisse. Pas grave, la croissance des ventes la compense largement. Même constat pour les PC portables. Le prix moyen a enregistré un recul ; cela n'a pas empêché le marché de gagner 2 % en valeur.

 

Des relais de croissance potentiels décevants

Le hic, c'est que tout le monde n'est pas logé à la même enseigne dans le high-tech. Particulièrement dans le brun. Les ventes de téléviseurs ont atteint un record historique en cette année de Coupe du monde, avec 8,5 millions d'unités vendues, soit un million de plus qu'en 2009. Mais le chiffre d'affaires a accusé un recul de 1 %, à 4,25 milliards d'euros. La faute à un prix moyen qui baisse inexorablement, jusqu'à atteindre 500 € en 2010. Les consommateurs sont ravis, les industriels moins. « La baisse de prix est constatée sur chaque famille, observe François Klipfel, directeur général adjoint de GfK. La télévision a perdu 50 % de sa valeur depuis 2005, et les GPS 70 %. » Les raisons mises en avant sont nombreuses : distribution concurrentielle très agressive sur les prix, conjoncture défavorable qui pousse les consommateurs vers des produits moins chers, industriels qui doivent écouler de gros volumes et qui cassent les prix... Au final, sur des marchés matures ou en passe de l'être, comme l'électronique grand public ou la photo, c'est la Berezina. Sur ce dernier, justement, la croissance des ventes de reflex numériques permettait au secteur de se maintenir malgré les baisses de tarifs. Plus maintenant. Les reflex n'ont crû que de 2 % l'an passé, à 545 000 unités vendues, et c'est tout le secteur photo qui dévisse, avec un recul de près de 5 % du chiffre d'affaires. Dans le brun, les relais de croissance potentiels sont là, mais peinent à donner leur pleine mesure. La télé 3D a déçu, avec à peine 116 000 unités vendues, soit un peu plus de 1 % des ventes totales de téléviseurs. Les ventes de lecteurs Blu-ray progressent, mais bien moins vite que les lecteurs DVD à l'époque. « Les consommateurs avaient vu une vraie différence entre la cassette VHS et le DVD, explique Olivier Malandra. Cette technologie était vue comme une rupture. » C'est peut-être ce qui manque aujourd'hui à certains secteurs du high-tech.

Informatique

Les ventes de 435 000 tablettes ont permis de générer un chiffre d'affaires additionnel de 220 M €.

Les ventes de mini-PC n'ont pas souffert de l'arrivée des tablettes, puisque leur chiffre d'affaires a crû de 15 %, à 361 M €.

Le marché de l'impression a retrouvé des couleurs (+ 2 %), même si c'est essentiellement dû aux ventes de consommables.

Téléphone

Les ventes de smartphones (7,7 millions d'unités pour 3 Mrds € en 2010) nourrissent une inaltérable croissance.

La baisse du prix moyen du smartphone (190 €) est largement compensée par la hausse des volumes, multipliés par 11 en trois ans.

Les mobiles « classiques » sont en recul (17 millions d'unités écoulées), et devraient représenter à peine plus de un téléphone sur deux vendus en 2011.

La photographieq

La progression des ventes de reflex numériques a été moins forte en 2010 (+ 2 %, à 323 M €)

Les ventes d'appareils compacts sont encore en fort recul, de 6 %, avec un chiffre d'affaires de 639 M €.

Les taux d'équipement sont élevés, le marché a achevé sa phase de décollage. Les consommateurs ne sont pas tentés par le renouvellement, et il y a peu de multi-équipement.

Electronique Grand Public

Malgré une croissance en volume (8,5 millions), les ventes en valeur de télés se sont rétractées de 1 % en 2010, à 4,25 Mrds €.

Les téléviseurs 3D n'ont pas eu le succès escompté avec à peine 116 000 unités vendues.

Bien qu'en hausse, les ventes de lecteurs Blu-ray (570 000 unités) déçoivent par rapport à celles des lecteurs DVD, qui étaient à 1,6 million d'exemplaires en année 5 (âge du Blu-ray).

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Produits techniques, objets connectés, électroménager : chaque semaine, recevez l’essentiel de l’actualité de ces secteurs.

Ne plus voir ce message