Marchés

La notion d'alicaments a-t-elle encore un sens ?

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Un yaourt qui favorise le transit intestinal, la solidité osseuse et renforce les défenses immunitaires ; un produit qui fait maigrir ; une boisson qui développe la mémoire et rend infatigable ; un légume qui combat les rhumatismes ; une huile qui limite le cholestérol... Les « aliments qui guérissent » ont eu le vent en poupe ces dernières années, et le travail des marketeurs a été rondement mené.

Car ces produits - Actimel, Activia, Silhouette, etc. - ont suscité l'intérêt des consommateurs, qui ont cru à ces discours de rêve, très prometteurs. Mais l'eldorado n'est plus. Depuis 2012, la législation s'est durcie et plus de 1 600 allégations ont été bannies par la Commission européenne. Cette réglementation, a interdit de vanter les mérites et les bénéfices santé si ces derniers n'étaient pas avérés et testés. Ainsi, depuis décembre 2012, la Commission européenne a mis en place un système avec une liste de 222 allégations approuvées dans l'ensemble des pays de l'Union européenne. Celles qui ne le sont pas ou en cours d'examen sont désormais interdites.

Si ces listes ont pour vocation de sécuriser le consommateur, selon maître Antoine de Brosses, avocat chez Keller et Heckman : on est allé trop loin et le cadre est devenu trop strict. « Il suffit de piocher dans la liste et n'importe qui peut alors lancer un produit. Cela conduit à une uniformisation et à un appauvrissement de l'offre. On tend vers moins de liberté, car ce qui n'est pas permis est interdit », explique-t-il. Si le cadre est désormais plus restreint pour les industriels, les alicaments, ou aliments avec une promesse santé, ne sont pas morts, loin de là. La liste des allégations autorisées ayant vocation à s'étendre.

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