La part du non-alimentaire baisse dans les ventes des grandes enseignes alimentaires

Les grandes enseignes alimentaires voient la structure de leurs ventes se modifier, avec une baisse du non-alimentaire et des carburants, selon une étude de l’Insee. La vente en ligne et les grandes surfaces spécialisées ont pesé sur les activités, et le chiffre d’affaires global baisse en 2014.

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La part du non-alimentaire baisse dans les ventes des grandes enseignes alimentaires
Les grandes surfaces alimentaires perdent du poids en non-alimentaire

L’Insee se livre à une analyse très intéressante du chiffre d’affaires des grandes surfaces alimentaires sur une longue période, de 1997 à 2014. Jusqu’en 2008, le business des enseignes s’est développé de manière interrompue, la hausse totale affichant + 47 %, soit 3,6 % l’an. En 2009, sous l’effet de la crise mondiale, le chiffre d’affaires chute pour la première fois de 3,4 %. Mais les affaires reprennent entre 2010 et 2013, avec une croissance annuelle plus faible de 1,8 %. En 2014, nouveau repli, de 0,9 %. Les Big 5 – Carrefour, Leclerc, Intermarché, Auchan et Casino – sont visiblement sous pression : la vente en ligne, Amazon et autres Spartoo - et les magasins spécialisés (Leroy Merlin ou Bricorama) sont venus grignoter des parts de marché.

Le chute du non-al

Car si le chiffre d’affaires baisse, c’est essentiellement à cause de la baisse des ventes de produits non-alimentaire, articles de bricolage, auto, habillement et chaussures. L’Insee ne se livre pas à une analyse aussi fine, mais elle constate que la part du non-al n’avait cessé de grimper entre 1997 et 2010, passant d’un indice 70 à un indice 100 en 2010. Depuis, c’est le reflux, plus marqué chaque année, l’indice chutant à 90 en 2014. Idem pour le carburant, où les hausses de prix et les volumes ont alimenté une croissance énorme. Partis de l’indice 55, ils ont atteint l’indice 130 en 2010, pour rechuter à 105. L’alimentaire, enfin, reste en augmentation constante, l’indice de chiffre d’affaires passant de 70 en 1997, à 100 en 2014.

Forte hausse puis baisse des carburants

La répartition des ventes entre l’alimentaire, le non-alimentaire et le carburant s’en trouve sensiblement modifiée dans les hypermarchés, car la part de l’alimentaire se renforce sous l’effet de la baisse des deux autres postes. En 2005, un hyper réalisait en moyenne 58 % de son chiffre d’affaires avec l’alimentaire, 30 % avec le non-alimentaire et 11 % avec les carburants. Aujourd’hui, la part de l’alimentaire atteint 65 %, le non alimentaire recule à 24 % et le carburant glisse (en raison de la baisse des cours du pétrole) à 10 %.

Alimentaire et guerre des prix

Idem pour les supermarchés. Le chiffre d’affaires est de plus en plus obtenu via l’alimentaire (80 % en 2005 et 82 % en 2014), mais le format maintient plutôt bien ses ventes de non alimentaire, puisque le ratio est passé de 7 % en 2005 à 10 % en 2010 et qu’il se maintient à ce niveau. En revanche, les ventes plongent pour ce qui concerne les carburants, dont le chiffre d’affaires a été réduit de moitié ( 13 % en 2005, 7 % en 2014). Pas étonnant que les grandes enseignes cherchent désespérément à retrouver de l’activité sur le non-al, via des marques de distributeurs ou des opérations coup de poing sur du matériel de bricolage, comme le fait habilement Lidl. Avec toutefois des effets limités au global. Et comme sur l’alimentaire, devenu encore plus stratégique, la guerre des prix sévit, le chiffre d’affaires global baisse, et les plus fragiles, Système U et Cora, n’ont pu résister qu’en s’alliant avec les leaders…

Le poids du non-al en hypermarché

ET LA CHUTE DES CARBURANTS EN SUPERMARCHE

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