La réforme du fret ferroviaire ne décourage pas la grande conso

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Le wagon isolé disparaît comme prévu du dispositif de SNCF Geodis, qui garantit, cependant, un certain nombre de dessertes. Un soulagement pour les professionnels.

SNCF Geodis maintient le cap. Le patron de la division logistique de l'opérateur ferroviaire, Pierre Blayau, a confirmé, courant septembre, ce que les acteurs de la grande consommation savaient déjà : la restructuration du « wagon isolé ». Cette activité de transport sur mesure pour des quantités limitées, qui concurrence directement les camions, va bel et bien être reformée. En clair, la SNCF va peu à peu réduire ce service. Et proposer, à la place une offre de « trains complets » multilots/multiclients (wagons regroupés en train régulier), qui, a priori, intéresse beaucoup moins la grande consommation.

Néanmoins, les acteurs de la profession ne veulent pas abandonner l'espoir de développer le rail, qui ne représente aujourd'hui que 5 % des flux entre industriels et distributeurs. D'abord parce que plusieurs annonces de SNCF Geodis tendent à proposer un service amélioré sur la nouvelle offre de trains complets. Ainsi, l'opérateur promet la disponibilité de 100 sillons majeurs, grâce à un accord avec RFF. « C'est un engagement important, sachant que, dans le passé, la mauvaise qualité de service a expliqué la sortie progressive du fret d'un certain nombre d'acteurs », rappelle Xavier Hua, délégué général d'ECR France.

 

Sept distributeurs en test avec RFF

Ensuite, SNCF-Geodis a annoncé que 80 % des flux clients du wagon isolé pourront basculer vers la nouvelle offre selon un principe de « continuité tarifaire ». Pour 10 % des flux, la SNCF proposera des solutions dédiées mais plus chères (de 5 à 20 %). Restent 10 % qui posent problème... Enfin, plusieurs volets concernant les PGC ont été annoncés par l'opérateur public (lire encadré), comme le lancement expérimental pour Danone d'une liaison ferroviaire Lille-Lyon.

Mais, côté grande consommation, aussi, on se mobilise pour relancer le rail. En juin, sept distributeurs ont signé une convention avec RFF, pour développer le recours au fret ferroviaire, avec des pilotes sur deux lignes (lire encadré). Une initiative qui vient appuyer celle d'ECR France, qui travaille au recensement des potentiels de flux et de massification de marchandises, susceptibles d'alimenter le rail ou le transport combiné.

Les principaux projets du rail en courss

- Lancement expérimental, pour Danone, d'une liaison ferroviaire Lille-Lyon.

- RFF et sept distributeurs (Auchan, Conforama, Casino, Intermarché, Castorama, Ikea et Leroy Merlin) ont signé, en juin, une convention afin de développer le recours au fret. Deux axes de massification de marchandises ont été identifiés : Rennes-Lyon et Dourges-Lyon.

- Le contrat Monoprix est poursuivi (fret ferroviaire entre les entrepôts de Seine-et-Marne et Paris, puis dernier kilomètre par la route).

- Lancement de Roussillon Express, une ligne pour le trafic de fruits et légumes entre Perpignan et Valenton.

- Développement de lignes transversales, comme Rennes-Lyon, pour les industriels.

Les chiffres

7 Mrds € : Le montant du plan « fret d'avenir » qui doit favoriser le report de la route vers le rail

500 M € : Les pertes du fret SNCF en 2009

5 % : La proportion de flux entre industriels et distributeurs qui empruntent le rail

Sources : SNCF, ECR

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Article extrait
du magazine N° 2152

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